‹ Le Cancer du Côlon droitChapitre 40 sur 90 · LE DOUBLE CONTRASTE · texte numérisé non relu

LE DOUBLE CONTRASTE

Nous avons vu que pour les tumeurs au début petites, peu volumineuses, la méthode habituelle du lavement baryté ne met en évidence que des signes indirects, souvent trompeurs, et efface au contraire la petite lésion organique sous une ombre fort dense. C’est Fischer qui, en 1923, a décrit, pour la première fois, une méthode qui paraît avoir, dans quelques cas bien définis, de grands avantages surtout si, comme certains le conseillent, on y associe l'emploi de la stéréoradiographie : cette méthode consiste dans l'insuffisance gazeuse du côlon après évacuation du lavement opaque qui aura enduit la muqueuse colique d’une couche mince et homogène de baryte.

La technique est la suivante (Kirklin et Weber, Gersohn-Cohen) : un lavement baryté ordinaire est donné sous contrôle radiographique, puis on laisse le malade évacuer le lavement. On vérifie alors sous écran s’il n’existe pas quelques zones trop complètement vidées sous l’action

. d’un spasme ou, au contraire, ce qui est fréquent pour le côlon droit, des zones incomplètement évacuées. Dans ce dernier cas, on pratiquerait

Cancer du côlon droit

une légère insufflation, juste suffisante pour créer un nouveau besoin. Quand il ne reste plus qu’une quantité de baryte minime et régulièrement répartie, on insuffle doucement de 800 à 1400 centimètres cubes d’air. Fischer recommande l'examen en position debout ou en décubitus latéral qui permet de mieux repérer le côlon par l'existence de petits niveaux liquides horizontaux accumulés dans les bosselures. Gersohn- Cohen dit, au contraire, préférer l'examen en décubitus dorsal qui assure à la substance opaque une répartition plus régulière. A l'examen, le côlon apparaît en clair, bordé par une fine et sombre ligne qui dessine son pourtour. Une petite ulcération ou une petite tumeur sont enrobées par la baryte et se dessinent généralement bien, qu’elles soient situées sur un bord ou sur une face du côlon: Cette méthode, assurément compliquée, n’a guère d'avantages en cas de grosses lésions; elle les montrerait plutôt moins clairement que le lavement baryté. Au contraire, à tous ceux qui en ont une longue pratique, elle paraît devoir permettre de faire de plus en plus précocement le diagnostic des tumeurs toutes petites. Ce serait aussi la meilleure méthode. pour mettre en évidence les polypes. Il y a déjà longtemps que MM. Bensaude et Constantin insistaient sur les images tigrées, marécageuses, en nid d’abeilles que le lavement peut donner en cas de polypes multiples, mais seule la méthode du double contraste permet de révéler un polype isolé qui apparaît comme une ombre circulaire entourée d’une zone périphérique plus foncée.

Cependant la baryte ne dépose pas toujours régulièrement sur la muqueuse et certaines régions demeurent parfois invisibles. D’autres substances, comme le thorotraste, donneraient peut-être des résultats un peu meilleurs, mais actuellement ces procédés d’imprégnation mécanique de la muqueuse paraissent très inférieurs à d’autres techniques qui utilisent les propriétés physico-chimiques de certains colloïdes de thorium (umbrathor). Ceux-ci, en effet, floculent au contact de la muqueuse et donnent un précipité opaque qui se répartit en une couche mince, très uniforme. Les tumeurs les plus petites donnent naissance à des images irrégulières, bosselées ou cratériformes, qui tranchent sur la régularité des plis normaux de la muqueuse. Knothe et Kalkbrenner furent les promoteurs de cette méthode; si elle est de plus en plus employée à l'étranger, il semble qu’en France on n’a pas encore reconnu toute l'importance qu’elle présente dans le diagnostic précoce des lésions néoplasiques du côlon.

). — Cancer du cæcum. Repas baryté. (Cliché du D' Ledoux-Lebard,

B. — (Ogs. 34).

Cancer du célon ascendant.

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B. — Cancer de l'angle droit. (Cliché du Dr Ledoux-Lebard.)

Étude radiologique

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