LOTS
Cancer du côlon droit
encore que la forme, c’est la constance, l’invariabilité à plusieurs examens successifs qui permettent de faire le diagnostic des lésions pariétales malignes. Les images lacunaires peuvent être partielles ou complètes. Partielles, elles figurent une encoche déchiquetée ou arrondie, mordant plus ou moins profondément sur un des bords coliques. Quelquefois elles sont centrales, se présentant comme une zone moins sombre ou complètement claire, en pleine ombre colique. Quand les tumeurs ont tendance à s'étendre circulairement, l’image lacunaïre centrale se prolonge vers un bord et bientôt empiète sur presque toute la largeur du côlon, ne laissant persister qu'un étroit courant baryté le long du bord opposé qui reste régulier. Quand, enfin, une tumeur circulaire donne une lacune partielle, on voit les deux boräs du côlon érodés en regard l’un de l’autre, plus ou moins profondément, avec, entre eux, une coulée opaque qui, du fait des saillies tumorales antérieures et postérieures, est moins sombre que le reste du côlon.
L'image lacunaire complète est caractérisée par l’absence d’injection d’un segment plus ou moins long du côlon. Le lavement s’arrête net en un point; parfois, en aval, le côlon se laisse distendre et on voit se dessiner, au-dessus de l’arrêt, deux renflements latéraux. A moins d’un spasme surajouté la partie centrale de l'arrêt est généralement irrégulière, déchiquetée ; quelquefois, elle dessine une sorte de pointe allongée, en flamme de bougie; quelquefois elle se prolonge seulement par quelques filets opaques, sinueux et fort ténus. Ceux-ci sont généralement seuls à dessiner la région lacunaire; quelquefois même ils manquent et on ne peut assister à la progression du lavement, qui finit par injecter en amont du cancer une poche plus ou moins volumineuse, selon la hauteur du néoplasme et sa tendance sténosante. La poche sus-jacente à la tumeur est, en effet, d'aspect fort variable : en cas de cancer de l'angle droit ou de la partie haute de l’ascendant, on voit parfois se dessiner un cæcum presque normal et bien injecté; bien plus souvent, surtout si le cancer siège bas, le cæcum est à peine indiqué. En général, il faut voir dans cette absence d'image cæcale le résultat de la saillie ou des rétractions néoplasiques, mais peut-être aussi parfois les effets d’une hyperkinésie colique et, en un mot, une image de Stierlin qui, on le sait, n’a rien de caractéristique des lésions tuberculeuses. Par contre, la valvule de Bauhin est souvent insuffisante, soit par atonie fonctionnelle, soit par envahissement tumoral, et cette insuffisance permet l'injection des dernières anses grêles.
Ur
Étude radiologique
c) Les arrêts. — Si enfin, malgré un examen prolongé, le lavement
ne peut pénétrer jusqu’à la poche sus-tumorale, on a une image d’arrêt complet avec souvent grosse distension colique en aval du cancer. Il est fréquent, d’ailleurs, qu’un spasme ajoute ses effets à. la sténose pour produire l’arrêt du lavement : c’est ce qui devait se produire chez un de nos malades (obs. 12) qui, par ailleurs, n’avait jamais présenté aucun signe d’obstruction. À l'opposé, on voit fréquemment des cancers sténosants, qui arrêteraient le repas baryté, se laisser franchir à contrecourant par le lavement.
L'examen radiologique ne doit pas se borner à la simple constatation de la tumeur; on devra essayer de mesurer l’extension du néoplasme d’après l’étendue de la zone de rigidité colique et surtout d’apprécier sous écran la fixité du segment intestinal atteint. Une certaine immobilité au cours des changements de position n’a guère de valeur car elle ne dépend souvent que de la forme des accolements péritonéaux, mais, au contraire, un côlon, même bien accolé, reste toujours mobilisable par la palpation manuelle, tant qu'il n'existe pas une fixité pathologique; de ce point de vue, l'examen radiologique peut donner des renseignements précieux quant à l’opérabilité ultérieure de l’épithélioma.