OBSERVATION I DOCTEURS CARRIER ET ROUX
Jeanne B..., âgée de dix-huit, grosse et forte fille de 68 kilogrammes pour une taille de 1 m. 59, a
toutes les apparences extérieures d’une belle santé.
Elle présente, depuis six mois environ, un syndrome de dysenterie chronique, avec des alternatives très marquées de sédation et de paroxysmes : elle reste une ou deux semaines sans aucun trouble intestinal, puis souffre pendant quelques jours. Au cours des paroxysmes, elle a trois ou quatre selles par jour,
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du type de la fausse diarrhée, matières dures, en billes agglomérées dans des glaires abondantes et épaisses, et surtout des faux besoins et du ténesme: à aucun moment, elle n’a présenté d’obstruction. Son état général s’est maintenu, et, six mois après le
début des troubles intestinaux ,elle n’a pas maigri.
Elle a été considérée et traitée comme atteinte de dysenterie amibienne, et le diagnostic paraît d’autant plus vraisemblable que son frère est revenu. il y a un an, du Levant, où il avait été atteint de cette maladie. Il n’a pas été pratiqué de toucher rectal ni de rectoscopie, mais il a été fait deux examens de selle; elle ignore le résultat du premier, mais le second, dont elle apporte le protocole, a été négatif du point de vue de la recherche des amibes : ce résultat négatif n’était point d’ailleurs pour étonner, car la recherche a été faite après une série d’injections d’émétine et la prise d’un grand nombre de comprimés de stovarsol.
Cette dysenterie paraît, il est vrai, singulièrement résistante, car des traitements énergiques et bien conduits n’ont apporté aucune amélioration. Cependant devant cette histoire, j’envisageais le même diagnostic et, si je pratiquais un examen rectal, toucher et recioscopie, c'était avec la pensée que j'allais me trouver en présence de belles lésions dysentériques.
Or l’examen rectal montra un volumineux carcinome