OBSERVATION VI
Dr FELIX A. SPITTLER
Carcinôme colloïde du rectum chez un jeune homme
Un garçon de dix-huit ans fut admis à l’hôpital Saint Alexis en décembre 1926 pour le motif suivant: depuis septémbre il avait des crises de constipation. Ces crises passagères d’abord n’exigeaient aucune médication. Elles devinrent plus fortes et durèrent plus longtemps. Depuis novembre, il a été constamment constipé et a eu recours à des Cathartiques afin de provoquer des mouvements actifs de l'intestin. Du sang, du mucus se rencontrent parfois dans les selles. Durant les six ou huit semaines qui précédèrent son admission, 1l souffrit d’une douleur sourde dans la région inférieure de l’abdomen et dans la région du rectum. Cette douleur était fortement augmentée par les mouvements de l'intestin. Les premiers signes de faiblesse et des évanouissements apparurent environ 4 semaines avant son admission à l’hôpital. Il ne se plaignait d'aucun symptôde, les antécédents héréditaires concernant le cancer étaient négatifs. Ils n’existait dans son histoire aucun fait de traumatisme ou d’irritation continuelle de longue durée à l’intérieur ou autour du rectum. Il n’avait subi aucune opération.
SEM Tire
L'examen physique révèle, au premier abord, un garçon parfaitement bien constitué et légèrement émacié. L’examen général physique ne montre rien de remarquable, il n'existait pas de masse palpable dans l’abdomen, mi de saillies du rectum.
Au toucher rectal l’extrémité du doigt explorateur rencontre une masse dure, empiétant sur l'intestin au point de réduire le calibre à la dimension d’un crayon. La tumeur était dure, irrégulière. Elle était indolore et de la grisseur d’un citron; elle ne saignaït pas facilement car il ne se produisait pas d’hémorragies même après plusieurs examens. Le contrôle du sphinctère n’était pas diminué. La réaction Wassermann du liquide céphalo-rachidien était négative ainsi que celle du sang.
Le 21 décembre 1926, ce malade fut opéré. La tumeur fut trouvée à la jonction du rectum et de l’anse sigmoïde. L’infiltration maximum siégeait à la parois supérieure du rectum où la tumeur s’attachait au tissus environnant. Par examen plus attentif, on s’aperçut que les ganglions sacrés et lombaires étaient atteints. Pour cette raison l’exerese de la masse ne fut pas tentée. Le premier temps de colostomie fut alors pratiqué, une petite masse fut prélevée pour
examen microscopique.
Huit aiguilles de radium furent insérées dans la masse par l’orifice anal et laissées en place pendant