ANALYSE DES OBSERVATIONS AU POINT DE VUE CLINIQUE
SYMPTHOMATOLOGIE
Il nous semble assez difficile de mettre en évidence une symptomatologie absolue du cancer du rectum chez les jeunes gens. De même que dans le cancer en général ou dans ses différentes localisations, on se trouve en présence d’un polymorphisme décevant, et les manifestations du mal sont loin d’être constam-
ment les mêmes.
Cependant, comme nous l’avons remarqué à la lecture des observations précédentes, certains symptômes sont au moins constants s’ils ne sont pas caractéristi-
ques.
noie
Nous rappelons encore une fois et nous ne craignons pas de nous répéter, car c’est le point important de notre thèse, mis en évidence par nos statistiques, qu’il faut penser au cancer du rectum chez les jeunes gens, car il existe au pourcentage de 4 sur le
total des cancers rectaux.
Nous allons maintenant essayer par l’analyse de nos observations et l’étude des symptômes les plus caractéristiques et les plus constants, à établir une symptômatologie qui nous aidera à le dépister. Car si les symptômes classiques
rectorragie
douleurs
troubles de la défécation font immédiatement penser au cancer du rectum chez un sujet d'environ 50 ans, le cancer rectal chez les jeunes n’a été jusqu'alors qu’une trouvaille, un hasard d’examen où l’aboutissant de recherches prolongées dans un cas difficile, car cette question n’a pas été très étudiée et aucun essai de ce genre n’a été tenté encore.
Revenons donc à nos observations.
Dans la première, Jeanne B..., 18 ans, belle santé apparente, dont un frère est rentré du Levant où il a eu la dysséntrie présente depuis 6 mois des alternatives de diarrhée sans troubles intestinaux ni d’éva-
cuailon entre les crises. Comment penser à un cancer
Ro
du rectum alors que la dyssentrie amibienne paraît tellement vraisemblable?
De ceite observation nous devons cependant retenir troubles intestinaux 6 mois avant de consulter, paroxisme de diarrhée avec glaires abondantes et épaisses, résistance au stovarsol.
Notre observation Il, bien que les 24 ans du malade fassent penser à tout autre chose est déjà plus riche en symptôme. Le sujet est pâle, anémié. Depuis 6 mois il présente de légers troubles iniestinaux, il a des douleurs abdominales vagues, des alternatives de constipation et de diarrhée, des rectorragies de sang rouge, des faux besoins qui aboutissent à l’expulsion des glaires.
Si ce malade avait eu 50 ans, on aurait été obligatoirement aiguillé vers le cancer du rectum et devant une telle symptômatologie, il était difficile de ne pas faire le toucher et la recioscopie. Comme on le voit, cetie observation est des plus instructives. On y trouve transporté dans la jeunesse tous les symptômes de l’âge mûr.
Notre observation III, en dehors des 28 ans du fils, présente un cas étonnant. Nous avons déjà signalé dans notre chapitre d’étiologie, des cas à peu près semblables de cancer chez les différents membres d’une famille. Mais ce qu’il y a de particulièrement curieux dans cette observation, c’est l’apparition du can-
cer chez le père qui ne modifie pas très sensiblement
l’état antéritique du vieux colonial qui avait eu depuis 15 ans un grand nombre de crises de diarrhées, alors que chez le fils on trouve des symptômes plus nets datant de 3 ou 4 mois : diarrhée paroxystique, faux besoins avec glaires, amaigrissement, pâleur. Quant au reste, il nous.est difficile évidemment d’interpréter la coexistence des deux cancers, quoique dans ce cas la forme des tumeurs et l’étude histologique des pré: lèvements faits chez le père et le fils semblent dé passer les possibilités du hasard.
L'observation IV de l’Americain Clarke est à la limite de notre sujet, puisque le cancer est surtout sigmoïdien. Elle est intéressante cependant, car le sujet a 16 ans, le, début de la maladie remonte à 6 mois, on trouve du sang dans les selles et celles-ci contiennent des mucosités d’odeur infecte.
Dans l’observation V le sujet a 18 ans. Il était en excellente santé quant, il y a 6 mois, il commença à avoir 4 selles par jour d’abord, puis leur nombre a augmenté jusqu'à une selle tous les quarts d’heure. Elles contiennent peu de matières, elles sont principalement composées de liquide blanchâtre ou grisâtre sans odeur particulière, mais il il y des traces de
sang. Absence de douleurs, de constipation. Adénopathie.
Notre observations VI est un peu plus embrouillée. Cependant, si l’on additionne les périodes écoulées