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L’incurabilité du mal tient en effet à ce que le cancer du rectum, comme tous les cancers se développe d’autant plus vite que le sujet est plus jeune et présente plus de vitalité. Et la rapidité du développement dans un organisme jeune qui résiste jusqu’au bout fait que l’on s’en aperçoit toujours trop tard; de telle sorte que l’exérèse chirurgical donne les résul-
tats que nous venons de voir.
La chirurgie est en effet le seul traitement des cancers rectaux, histologiquement cylindriques, car ni la radio, ni la radium-thérapie n’agissent sur eux à l’encontre du cancer anal. Le docteur Carrier résume ainsi la question dans son article analytique sur les nou-
veautés en pathologie digestive de l’année 1931 paru dans le Monde Médical.
Le traitement du cancer du rectum, écrit-1l, a été l’occasion d'importantes discussions dans les diverses sociétés savantes, en particulier à Londres à la Société Royale de Médecine, et à Paris à la Société de gastro-antérologie. De ces discussions il résulte que le traitement par le radium n’a jusqu'ici donné que des mécomptes; Lacassagne étudiant la statistique de l’Insütut du Radium de Paris conclut que la radium-thérapie peut seulement donner des sédations incomplètes et temporaires qui peuvent dans certains cas faciliter ou même permettre un traitement chirurgical cura-
teur. Au contraire, les cancers de l’anus de constitu-
mere
tion histologique très différente (épitélioma-pavimen:teux) et de radio sensibilité beaucoup plus grande sont justiñiables beaucoup plus du radium que de la chirurgie. De la discussion de Londres il résulte que la radium-thérapie doit être employée seulement dans les cas suivants :
1° Cas inopérables.
2° Cas où il y a contre-indication opératoire du fait de l’état général.
3° Cas où le malade refuse la colostomie.
4° Cas où l’on pense faciliter l’intervention chirur-
gicale.
C’est sensiblement aux mêmes conclusions qu’aboutissent Ch. Gordon-Watson qui estime que la radiumthérapie doit être faite systématiquement qu’au-dessous de trente ans ,l’échec opératoire étant de règle chez les jeunes sujets, et H. H. Bowing, R. E. Fricke et F. R. Harper pour lesquels la radium-thérapie ne doit être considérée que comme un adjuvant du trai-
tement chirurgical.