INTRODUCTION
Le cancer du rectum chez les jeunes est une affection assez peu courante. Elle est même d’autant plus rare que toutes les observations prises à ce sujet ont été en général publiées pour leur rareté précisément;
or il y en a peu.
Les annales médicales sont assez avares à ce sujet. En France, cette question n’a pas eu la faveur de publications nombreuses. Aussi, avons-nous dû faire des recherches bibliographiques dans la littérature étrangère. Les Américains et les Allemands, en citent un certain nombre de cas. Nous donnons un peu plus loin la traduction de quelques observations qui nous ont semblées intéressantes parce que histologique-
ment contrôlées.
En outre, le docteur Carrier, médecin des hôpitaux, a récemment publié dans la Revue Médicale française trois observations de ce genre dont l’une
nous est commune.
FO
C’est lui qui nous a donné l’idée de cette thèse.
Aussi tenons-nous à le remercier bien sincèrement des re es ;
excellentes directives et de la peine qu’il s’est donnée
pour nous aider et nous orienter dans notre travail.
Nous n'avons point l’intention de décrire une symptômatologie tout à fait spéciale au cancer rectal chez les jeunes .elle est en effet à peu près la même que dans le cas classique de l’âge mûr. Nous n’avons pas non plus l’avantage de pouvoir proposer un trai-
tement satisfaisant.
Notre but, notre intention la plus absolue est de montrer que cette affection terrible (et nous justifierons plus loin ce qualificatif) existe, et que si elle est rare, elle fausse cependant quelquefois les diag-
nostics.
Notre but est aussi de montrer la nécessité de pratiquer un examen complet du rectum dans toutes les histoires intestinales se manifestant par de la diarrhée, de la constipation, des selles sanglantes, des douleurs pelviennes, etc... On est impardonnable de ne pas pratiquer le toucher rectal dans ces cas, même si l’on a à faire à un syndrome facilement cataloguable. Et puis, la rectoscopie est un moyen d’investigation tellement instructif et tellement simple avec l’admirable instrumentation mise au point par le Docteur Bensaude que lon ne doit point hésiter à y recourir.
ET O Es
Notre but enfin n’est pas de montrer que nous devons penser constamment à un cancer rectal chez un sujet Jeune comme si le cas était fréquent, mais qu’en face de certains symptômes, nous devons chercher à nous prouver qu’il n’existe pas.
Dans notre choix d’observations, nous nous sommes efforcée de recueillir des cas histologiquement contrôlés. Cela a une importance considérable, car il ne faut pas confondre les tumeurs bénignes du rectum et de l’anus qui guérissent facilement avec les épithéliomas, toujours malins de ces régions. Nous avons à ce spjet eu l’occasion de trouver dans une thèse ancienne des comptes rendu de résultats opératoires chez des sujets jeunes atteints de cancers du rectum (?) L’auteur cite des guérisons complètes, il donne même un pourcentage impressionnant d’exerèse chirurgicale suivi de bons résultats. Mais nous devons dire que les observations en question ne parlaient pas d’examen histologique et que certains des malades avaient 40 ans. Nous insisterons plus loin sur lutilité qu’il y a à faire plusieurs biopsies quand le toucher rectoscopie révèle une tumeur ou une infiltration.