‹ Le cancer du seinChapitre 41 sur 51 · CAUSES DES SUCCÈS ET DES INSUCCÈS · texte numérisé non relu

CAUSES DES SUCCÈS ET DES INSUCCÈS

aux plans musculaires, l'aspect peau d'orange de la surface cutanée, l'envahissement des gang-lions axillaires, la fixité de ces gang-lions dégénérés, la teinte un peu jaune des téguments de la face, le jeune âg-e des sujets.

Il y en a de particulièrement favorables : le début récent et le petit volume de la tumeur, l'intégrité apparente des ganglions axillaires, le défaut de tout sig-ne d'infection de l'org-anisme. Quoique le succès, un succès durable, soit infiniment plus probable, lorsqu'on a affaire à des malades offrant ces conditions favorables, tous les chirurgiens ont été frappés par certaines dérogations à cette loi de correspondance entre les suites des opérations et les conditions dans lesquelles on les a exécutées. Or, ces dérogations ne peuvent pas toujours s'expliquer par l'insuffisance de la technique. On voit des cancers très peu menaçants tout d'abord, récidiver sur place avec une rapidité extraordinaire, après avoir été extirpés très complètement ; et par contre, des tumeurs adhérentes, ulcérées, accompagnées de dégénérescence ganglionnaire, ne récidiver que tardivement et même ne pas récidiver du tout.

Il n'est pas inutile de rappeler ces faits dans un moment où il semble que l'extrême ampliation donnée au champ de l'intervention augmente dans des proportions extraordinaires les chances de succès.

Oui, sans conteste, il y a dans cette façon de procéder une source féconde de garanties pour l'avenir ; mais l'avenir dépend aussi de la nature du tissu qui, pour être cancéreux, n'est pas toujours identique, même tout à fait au début, d'une tumeur à l'autre.

Il dépend encore de la durée de la période pendant laquelle les malades ne se doutent pas de l'existence du mal ; même parmi les femmes qui s'occupent beaucoup de leur personne, il y en a plus qu'on ne pourrait le croire. Il dépend enfin, et dans une mesure énorme, de la date de l'intervention par rapport au début. C'est pourquoi les très grandes interventions tardives demeurent stériles, quand elles ne sont pas nuisibles.

Je n'en veux pour preuve que certains des plus mauvais cas de ma série, où l'ablation circulaire des téguments sur une grande étendue, la suppression de la plus grande partie du grand pectoral, la dissection minutieuse de l'aisselle n'ont servi à rien, tandis que mes plus beaux cas de survie sont des exemples d'opérations faites sans doute avec soin, où ordinairement le curag'e attentif de l'aisselle avait été combiné avec une assez large suppression de téguments et une extirpation aussi complète que possible de la glande mammaire, mais qui ne se signalaient pas par une technique particulière.

Après ces considérations générales, voyons si l'ana-

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