ENTIER
Il arrive très souvent, dans ces cancers de l'ovaire, que, par suite de l’activité des proliférations épithéliales, le stade d’adénome ou d’adéno-épithéliome soit vite franchi, que l'in- Blration diffuse du tissu conjonctif par les cellules néoplasiques, prenant véritablement le premier rang, fasse rapidement disparaître les formations initiales.
La tumeur présente alors dans tous ses points une structure alvéolare : c’est le carcinome alvéolaire, careinome médullaire des anciens auteurs, dont il existe à l’heure actuelle un nombre considérable d'observations publiées.
Notre observation XXIIT est au point de vue histologique un cas typique de cette forme, la plus simple de carcinome ovarien.
Le stroma de ces carcinomes ovariens présente souvent des modifications ou des particularités dans sa structure qui donnent à la tumeur un aspect spécial, en font un type différent des autres qui mérite une description spéciale.
Ce stroma conjoncüf peut être à structure fibrillaire, riché en cellules, en quantité extrèmement réduite, formant des cloisons inleralvéolaires très minces et qui se laissent envahir par la prolifération épithéliale : c'est le carcinome encéphaloïde.
Ce tissu conjoncüif peut au contraire avoir subi la transformation fibreuse, être très épais, occupant la plus grande partie de la tumeur, limitant des alvéoles extrêmement réduites : c'est le fibro-carcinome ou carcinorue squirreux.
Une autre forme très intéressante de la transformation de ce stroma conjonctif est sa transformation myxomateuse, accomnagnée bientôt mais secondairement par la transformation muqueuse des cellules néoplasiques elles-mêmes : il ne s'agit pas là, comme l’a montré Glockner, d'un carcmome colloïde banal, mais bien d'un carcinome myxromaleux, c'està-dire dans lequel les cellules épithéliales siègent dans les
BR mailles formées par les prolongements intercellulaires des cellules étoilées du tissu muqueux. |
Notre observation XX est un des plus beaux cas que nous ayons trouvé dans la littérature de ce genre tout à fait curieux de carcinome de l'ovaire. L'observation XXII en est un type assez nel.
Enfin, parfois le tissu conjoncüf, irrité par la prolifération épithéliale néoplasique, se met à proliférer à son tour sous la forme d’un üissu essentiellement formé d'éléments embryonnaires arrondis où ovalaires, véritable lissu sarcomateux qui se mélange de diverses façons au üissu néoplasique proprement dit : on peut désigner cette forme, véritablement sous le nom de carcimome sarcomaleux ; elle donne lieu à des tumeurs d'une malignité extrème; nous la retrouverons et nous y insisterons davantage quand nous étudierons les difficultés du diagnostic différentiel entre les carcinomes d'une part et de l’autre les endothéliomes et certaines tumeurs à formations conjonclives tout à fait déconcertantes.
En effet, à côté des carcinomes de l'ovaire à structure typique, tels que ceux que nous venons de décrire, et qui sont tellement caractéristiques que le diagnostic histologique en est facile et que leur nature épithéliale ne peut être mise un instant en doute, il en est d'autres qui, par leurs caractères spéciaux, par les formes cellulaires souvent fort variables qu'ils présentent, offrent des caractères particuliers et méritent une place à part dans la description des carcinomes de
l'ovaire. Ge sont :
1° Les carcinomes à cellules géantes.
In y a pas bien longtemps que l’on sait que la formation d'éléments protoplasmiques volumineux possédant un ou plusieurs noyaux, la formation par conséquent de véritables
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cellules géantes n'est pas uniquement l'apanage des tumeurs
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conjonctives, mais se rencontre aussi dans le cancer épithéla].
I y a déjà longtemps que ces cellules géantes ont été signalées dans le cancer épithélial. Virchow déjà les avait remarquées el signalées, mais ce n’est que tout récemment que ces formations parliculières ont été bien étudiées et que le mécanisme de leur formation a été approfondi.
Dans leur Traité d'histoloqie pathologique, Cornil et Ranvier en font mention au chapitre des épithéliomes el des carcinomes. Ziegler décrit une forme qu'il appelle « Carcinome giganto-cellulaire » ; enfin, plus récemment, Letulle les étudie et les rapproche des myéloplaxes que l’on rencontre dans certaines tumeurs conjonctives et des cellules géantes que l’on trouve dans les sarcomes alvéolaires. Glockner, tout récemment, a contribué à montrer la facon dont se forment ces cellules géantes au sein d’un tissu épithélial.
Etudions d’abord les caractères histologiques de ces cellules géantes : elles sont constituées par des éléments protoplasmiques volumineux dont les dimensions sont très variables ; Glockner en décrit qui ont 140 y de diamètre : dans une de nos observations nous trouvons la description de cellules géantes dont le diamètre est de 100 à 110 g; quelquefois elles arrivent à prendre l’aspect de masses plasmodiales trés volumineuses.
Leur forme est assez irrégulière, leurs bords sont assez nets, donnant à la cellule l'aspect d’une plaque massive ; elles présentent quelquefois des prolongements épais et courts que l’on voit bien dans les dissociations.
Les noyaux sont parfois multiples, disposés alors d’une facon quelconque dans la cellule, sans aucune régularité, et ne siègent pas plus nombreux au centre qu'à la périphérie ; ils prennent bien les colorants. l’arfois ces grandes cellules n’ont qu'un seul noyau : il est alors très volumineux, occupe