‹ LE CANCER ÉPITHÉLIAL PRIMITIF DE L'OVAIREChapitre 21 sur 48 · EN A · texte numérisé non relu

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la partie centrale de la cellule, se colore très fortement par les colorants nucléaires, et très souvent on voit, comme l’a montré Glockner, que la chromatine se dispose à sa périphérie sous la forme de pelits amas sur la signification desquels nous aurons à revenir.

Le proloplasma de ces cellules se colore assez bien, 1l présente parfois de fines granulations ; quelquefois apparaissent quelques vacuoles qui marquent l'existence de phénomènes de dégénérescence.

Quelle est la situation de ces cellules géantes, comment se disposent-elles dans les carcinomes de l'ovaire ?

Elles peuvent siéger dans la partie la plus active de la tumeur, au sein des alvéoles carcinomateuses, quelquefois 1s0lées, quelquefois aussi groupées sous forme de petits amas ; elles peuvent siéger cà et là entre les autres cellules néoplasiques ; parfois aussi on les voit dans la partie centrale des alvéoles ; souvent elles sont tout à fait à la périphérie reposant directement sans aucune séparation sur le stroma conjonctif dans lequel elles semblent prendre racine.

Il est des points dans ces tumeurs où l’on voit les cellules géantes contribuer à former le revêtement d'espaces tubulaires qui sont encore lapissés par des cellules cubiques, cylindriques, plates, ou de forme plus où moins variable.

Enfin, un des points les plus intéressants concernant le siège de ces cellules géantes consiste dans ce fait qu’on les rencontre le plus fréquemment peut-être aux abords des foyers de dégénérescence. C’est dans ces points que nous les trouvons avec abondance dans les observations XIII et XIV, observations absolument typiques de carcinome de l'ovaire à cellules géantes, de même que notre observation personnelle XIE.

Nous voyons donc que la présence de ces cellules géantes donne au careimome de l'ovaire une allure tout-à fait spé-

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clale, elle donne naissance à une forme qui mérite une descripüon spéciale. Les autres éléments néoplasiques de ces cancers à cellules géantes présentent absolument la même Structure que nous avons éludiée précédemment, celle de l’'adéno-carcinome où du carcinome type sur lesquelles il est inutile de revenir.

Un mot reste encore à dire, pour terminer ce qui a trait aux carcinomes à cellules géantes, typiques, des hypothèses qui ontété énuses pour expliquer la formation de ces cellules.

Tout d'abord il semble bien démontré que ces cellules géantes sont bien des formations de nature épithéliale. La présence de quelques-unes d’entre elles,isolées au sein d’éléments cellulaires qui les entourent de toutes parts et dont la nature épithéliale ne fait aucun doute, en est une preuve certaine.

Quant à la manière dont elles se forment, tous les auteurs ne l’interprètent pas de la même façon.

Glockner, qui a décrit des formes de passage très néttes entre les cellules néoplasiques simples et les cellules géantes, pense que dans certains éléments cellulaires en voie de division par le processus mylosique, au lieu de se former deux couronnes polaires comme normalement, la division est mulüpolaire. Hansemann prétend que dans les cellules épithéliales cancéreuses cette division ne dépasse jamais le nombre de quatre ; mais il se peut très bien, dit Glockner, que ce nombre de couronnes polaires soit dépassé, et alors, la division du protoplasma ne pouvant plus marcher de pair avec la division nucléaire, une cellule géante se forme.

Pour d’autres auteurs, et pour Arnold en particulier, c'est ce que cet auteur appelle la « fragmentation indirecte » qui intervient dans la formation des cellules géantes.

Au sein d'une cellule qui à subi une hypertrophie considé-

rable, qui présente des vacuoles plus où moins nombreuses, indices de dégénérescence, la chromaline, au lieu de subir la transformation en fuseau comme dans la segmentation imdirecte ou karyokinèse, se fragmente en pelits nodules qui demeurent dans le protoplasma et prennent les colorants nucléaires. Il s'agit là de phénomènes de dégénérescence, précédant la mort de la cellule. Les cellules géantes épithéliales seraient done, d’après la théorie d’Arnold, des cellules en voie de dégénérescence. |

Nous serions tout disposés à accepter ces idées sur le mode de formation de ces curieux éléments cellulaires, en raison de ce fait que dans un grand nombre de cas-que nous avons vus et que nous rapportons à la fin de ce travail, les cellules géantes occupent presque exclusivement les abords des foyers de dégénérescence. Malheureusement, d'autre part, certains auteurs, et Glockner en particulier, ont constaté que, dans certaines cellules géantes, on ne trouve aucun phènomène: de dégénérescence du protoplasma, et que dans d’autres, après formation de noyaux multiples, ces noyaux eux-mêmes peuvent présenter les diverses étapes de la division nucléaire normale, ce qui ne se produirail pas si la cellule était en voie de dégénérescence.

On peut donc dire qu'encore à l'heure actuelle la question du processus de formation de ces cellules à noyaux multiples n'est pas résolue, el que ce sujet appelle de nouvelles recherches.

Quant aux noyaux très volumineux, uniques, de certaines cellules géantes, bien des auteurs l'expliquent par la réunion de noyaux multiples préexislants, et cela donne la raison de celte structure particulière qne nous avons décrite: un noyau énorme au milieu d'une cellule géante, présentant en son centre une disposilion de la chromatine tout à fait typique et à sa périphérie un cercle complet de petits corpuseules

PEL PSS Res chromatiques, qui ne sont pas autre chose que les restes des noyaux qui ont opéré leur fusion avec ce noyau principal.

Telle est l'histoire de la forme la plus simple des cancers de l'ovaire à formations giganlo-cellulaires.

Mais il en est encore de plus complexes. Nous avons vu, quand nous avons étudié la morphologie de ces cellules géantes, qu'elles pouvaient prendre parfois l'aspect de masses plasmodiales très étendues, multinucléées. Il peut arriver que ces nappes protoplasmiques deviennent plus étendues encore, se présentent sous la forme de bandes à aspect véritablement syncithial.

Un cas typique de carcinome de l'ovaire présentant de telles formations nous est fourni par l'observation XV.

Cette forme indécise et peu nelte doit être considérée comme un stade de passage entre les carcinomes à cellules géantes et les tumeurs que nous allons maintenant étudier, les carcinomes de l'ovaire à formations chorio-épithélioma-

teuses.

2° Les carcinomes de l'ovaire à formation chorio-épithélio-

maleuses.

Nous savons d’une façon très nette aujourd’hui qu'il peut se développer dans l'organisme des tumeurs présentant des éléments histologiques absolument identiques aux formatrons épithéliales de l'enveloppe fœtale appelée chorion.

Ces formations fœtales, nous le savons, comprennent : 10 les cellules de Langhans, grandes cellules polygonales ou cylindroïdes hautes, à protoplasma clair et souvent vacuolisé, renfermant un noyau prenant bien les colorants, et même quelquefois des cils vibraliles ; 2° le syncithium, masse protoplasmique multinucléée, à protoplasma granuleux, recouvrant la couche des cellules de Langhans ; les bandes protoplas-

miques, ainsi que Siegenbeck van Hakeulom l’a montré, présentent parfois à leur surface de véritables cils vibratiles. Sur la caduque le syncithium s'étend en bandesirrégulières accolées à la couche fibrineuse formant le plasmode sous-décidual (Brindeau) ; enfin, on le retrouve dans les lacs placentaires et surtout, comme Marchand l’a montré, dans les issus maternels, dans la caduque, dans la musculeuse. utérine (Gottschalk), dans les veines de la sérotine où l’on retrouve parfois des villosités choriales entières d’où peuvent s'échapper des éléments syncithiaux entraînés vers les viscères.

Des éléments absolument analogues se retrouvent, avonsnous dit, dans certaines tumeurs.

C'est au niveau de l'utérus que ces tumeurs ont été tout d’abord étudiées. Il se développe en effet dans l'utérus, pendant ou après la grossesse, des tumeurs malignes donnant naissance à des symptômes fonctionnels très graves, que Sänger, qui les étudia le premier en 1880, désigna du nom de déciduomes malins, et considéra comme des tumeurs conjoncives développées aux dépens des grosses cellules déciduales de la caduque utérine.

Mais depuis lors, l'étude histologique de ces tumeurs a été poussée plus à fond, et la démonstration est aujourd'hui faite de ce fait, que nombre de ces tumeurs présentent des éléments identiques à ceux de lépithélium chorial, en voie de prolifération très active.

Bien des auteurs admirent, au début de ces découvertes qui datent à peine de quelques années, que ces tumeurs, dont on pouvait ainsi déterminer nettement le type histologique, se développaient aux dépens des formations épithélales du chorion : on les appela des chorioépithéliomes.

Dans de nombreuses observations publiées à cette époque, on voit un rapport très étroit entre l’apparition de la tumeur et une grossesse, ce qui contribua à affirmer comme indubitable leur origine choriale.

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Mas bientôt des publications se succédèrent qui attaquaient fortement cette doctrine et dans lesquelles les auteurs tâchaient de démontrer qu'on ne pouvait souvent trouver un rapport entre l'apparition de ces tumeurs et une grossesse, et que, par conséquent, leur développement aux dépens du chorion ne pouvait se soutenir.

Ce sont surtout les Anglais qui refusèrent d'accepter cette pathogénie de ces tumeurs ; ils ne voulurent voir aucun rapport entre les éléments constitulifs des néoplasmes appelés « chorioépithéliomes » et l'épithélium chorial lui-même, et ils essayèrent de démontrer qu'il s'agissait là de tumeurs conjonctives, de sarcomes à cellules géantes.

Une commission composée d'histologistes compétents fut désignée pour étudier la question du chorioépithéliome, et, dans son rapport publié en 1897, elle conclut à l’origine conjonctive de ces tumeurs. se

Bientôt après ce rapport furent publiés plusieurs cas de tumeurs à formations chorioépithéliomateuses développées dans des organes autres que l'utérus, mais toujours cependant dans des organes du système génital, dans l'ovaire et dans le testicule.

Malassez et Monod avaient déjà décrit en 1878, avant que fût même ébauchée la question du chorioépithéliome, une tumeur du testicule tout à fait curieuse dans laquelle ils décrivirent des masses plasmodiales multinucléées el des alvéoles formés de cellules polygonales claires, et ils appelèrent leur tumeur « sarcome angioblastique », lui assignant ainsi une origine conjonclive.

Wlassoff, en 1898, ne connaissant pas les résultats du rapport de la commission anglaise, trouva, dans le Musée de l'Université de Moscou, trois tumeurs du testicule qu'il examina ; il montra qu’elles avaient une structure identique à la tumeur décrite par Malassez el Monod, et que cette structure

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rappelait tout à fait, sans que cela püût susciter un doute, la structure des formations épithéliales du chorion ; il montra que la tumeur de Malassez et Monod doit être rangée parmi les chorioépithéliomes.

C'était done le premier fait avéré de tumeurs à formations chorioépithéliales développées en dehors de l'utérus, et par conséquent ne pouvant prendre naissance aux dépens d’une enveloppe fœtale.

D'ailleurs plus tard, en 1902, Lubarsch décrivit un cas de tumeur chorioépithéhale de l'utérus chez une fillette de 14 ans, vierge. Ce fait tout à fait remarquable venait à l’appui des faits précédemment décrits.

Un peu plus tard encore, Schlagenhaufer, en 1902, déerivait un nouveau cas de tumeur testiculaire tératoïde à formations chorioépithéliales, qui allait lui servir à édifier une théorie séduisante de la genèse des chorioépithéliomes rétroutérins et de quelques-unes de ces tumeurs développées indépendamment de la grossesse.

Les idées de Schlagenhaufer furent acceptées, reprises et confirmées par de nouveaux cas de Marchand, Riesel, Chiari, Albrecht, Hansemann, Stemhaus.

Dans l'ovaire comme dans le testicule, on décrivit alors des tumeurs chorioépithéhomateuses.

C'est surtout à Pick que l’on doit l'étude de ces tumeurs dans l'ovaire. Il publia en effet, en 1904, un mémoire remarquable sur cette forme de tumeur, dans lequel il donne une description histologique de 7 cas de tumeurs chorioépithéliomateuses, dont 3 sont de véritables tératomes, les deux autres des chorioépithéliomes purs.

Depuis les cas de Pick, dont quelques-uns ont été fortement discutés, notamment par Schlagenhaufer, d’autres cas de chorioépithéliomes de l’ovaire ont été publiés. Ils sont d’ailleurs peu nombreux; nous avons simplement retrouvé un cas de Sal’en en 1904, un cas de Fritz Michel en 1905. : -

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