MT CHAPITRE I
Le Cancer aux Armées
Qu'a-t-11 été ? Pour répondre à une telle question, nous devons nous demander d’abord quel est le nombre des cancéreux ? Quel est l’âge auquel, parmi les soldats, la maladie sévit avec le plus de fréquence ? Quels sont les organes les plus fréquemment atteints ?
Dans l'étude de ces différents points, nous avons été très heureux de trouver, dans le rapport que notre maître et président de thèse, M. le professseur Forgue, a présenté à l’Académie de médecine, en juin 1918, tous les renseignéments statistiques, nous l'en remercions bien vivement.
Ce qui frappe au premier abord en lisant ce rapport, c'est le très petit nombre de cas examinés, ou tout au moins pour lesquels un dossier a été constitué. Depuis le début de la guerre Jusqu'à la fin du mois de mars 1918, nous ne rele-: vons, en effet, que 486 cas de cancer. Mais ce chiffre nous paraît loin d'être exact, et certainement le nombre de cas de mort par suite de cancer a été plus grand ; beaucoup de ces cas n'ont pas été signalés. |
Cependant l’armée n'est plus composée uniquement, comme en temps de paix, d'hommes jeunes, c'est-à-dire éloignés de l'époque de la vie où sévit le cancer : nous y trouvons, en effet, des hommes de cinquante ans et au delà, en nombre réduit il est vrai.
Si nous divisons en tranches de cinq ans les classes des hommes mobilisés, nous obtenons, pour les cas de cancer, les chiffres suivants
De 21 à 25 ans : 1 cas (douteux) ; DerGa sms l4 ee De 31 à 35 — : 48 — :
De 36 à 40 — : 91 — ;
D Vu
Déral at4b ve T70 casse « De 46 à 50 — : (64 — ; 1e SA 00e ere De 55 à 60 — 8 — ; Au-dessus de 60 — 3 — Soit un total de...... 416 — ;
Mais nous ne devons pas oublier qu'à partir de l'âge de
45 ans, le nombre des hommes mobilisés est de plus en plus faible ; c'est ce qui explique que le chiffre des cancéreux aux armées diminue à partir de cet âge, . alors que dans la vie normale c'est la période où le gancer croît en fréquence. Quant à la localisation du cancer sur tel ou tel organe, on constate de grandes différences. Le plus atteint et de beaucoup est l'estomac ; viennent ensuite par ordre de grandeur
décroissante le foie, l'intestin, l'æœsophage, le rectum, la lan-
gue, le larynx et le testicule, pour ne citer que les principaux.
La lecture du tableau suivant le montrera beaucoup mieux
qu'un long exposé.
ORGANES © -[26 à 30 | 31 à 35 36 à 40 m à 45 | 46 À 50 | 51 à 60 à 25 ans £ L 1 cas ; | FSfONAC MEANS donteux |: D 22 47 98 29 5 ROC seen » 1 4 15 30 ” »
Intestin er » 3 ( 11 12 7 4 Œsophage......... » » 3 Et RE 4 è ReCIUME een » » 5 il 1 | 3 | 1 PAnGUE eme » » 1 SA SEM à ?
Pancréas ire, » 2 1 2 o 3 1 Barynx,s sie » » 1 » 5 » »
Tésticule.. ren » +: 3 ji ? » »
Prostaté cie » » » 2 | L7 JE 1
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# Le reste des cas envisagés se rapporte aux autres organes. Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce premier cha- = pitre : les chiffres que nous venons de citer sont suffisamment démonstratifs. Et nous allons maintenant étudier les différents facteurs étiologiques ou réputés tels qui peuvent être et ont été incriminés dans la formation des néoplasmes aux armées.
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