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OBSERVATION IV

Cancer du maxillaire inférieur à point de départ gingival, par M. le docteur Morestin. (Bullelin de la Sociélé anatomique, 1; novembre 1901).

Le malade, qui est un homme de $6 ans a été opéré le 17 septembre 1901.

Le début apparent de sa maladie remontait à six mois environ. Une ulcération s'était montrée sur la gencive au niveau des dernières molaires, cariées depuis longtemps et réduites à l'état de chicots. Ces chicots devinrent branlants et s’éliminèrent spontanément, puis un petit séquestre se détacha, fragment d'une alvéole ; plus tard la joue se tuméfia, il se produisit au niveau de la mâchoire un épaississement, un gonflement appréciable à la vue et au toucher.

Quand le malade a été soumis à mon examen, il était facile d'établir l'existence d’uu néoplasme occupant le corps du maxiljaire, depuis la branche montante jusqu’au niveau de la pre-

mière petite molaire, néoplasme faisant saillie à la face exterrie, à la face interne et au niveau du bord inférieur de la mâchoire. Au niveau de la gencive, on voyait à la place qu’aurait dû occuper les deuxième et troisième molaires une ulcération déprimée occupant surtout le versant externe et atteignant la muqueuse génienne, le sillon gingivo-génien étant comblé par la tumeur et remplacé mème par une saillie, Ce cratère, pas plus large qu’une pièce de un franc, laissait sourdre d’un fond grisâtre et irrégulier un ichor très fétide. Les bords étaient d’un rouge violacé et très durs.

Des ganglions sous-maxillaires engorgés formaient une masse distincte au dessus de la tumeur principale.

Le malade ne souffrait point, l'état général était très bon, et il n'y aurait eu rien à noter par ailleurs sans lexistence d'un emphysème pulmonaire très prononcé avec bronchite chronique, qui devait nous inspirer les plus sérieuses craintes au sujet de l’anesthésie. Les dents avaient toujours été détestables, le malade avait fumé avec modération et n'avait pas la syphilis. La tumeur me parut un épithélioma ayant eu la muqueuse gingivale pour point de départ et, de là,f ayant gagné les alvéoles et le périoste.

Dans ma pensée, le néoplasme entourait la maxillaire comme d’une virole, le pénétrant en outre par les alvéoles des dents molaires. J'ai fait à ce malade la résection de la moitié gauche du maxillaire, avec évidement très complet de la loge sousmaxillaire, puis,réuni la muqueuse géniénne à celle du plancher de la bouche et celle de la base de la langue à l’isthme du gosier, tâchant de refermer aussi complètement que possible la cavité buccale. Les téguments furent rapprochés finalement

par quelques crins. Les suites furent des plus heureuses et des

plus simples. La plaie cutanée, laissée ouverte à sa partie déclive, bourgeonne rapidement et le malade put rentrer chez lui guéri vers le milieu d'octobre.

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