‹ Le Cancer Glosso-AmygdalienChapitre 11 sur 35 · EVOLUTION · texte numérisé non relu

EVOLUTION

Avant que le cancer glosso-amygdalien ne se maniieste, il existe souvent des lésions préparant son développement. Ces lésions, qui constituent l’état précancéreux, gardent longtemps un caractère bénin pour se transformer brusquement en cancer. La lésion précancéreuse la plus fréquente est la leucoplasie qui se rencontre surtout chez les syphilitiques et les fumeurs. Lorsque Îa plaque de leucoplasie durcit, se recouvre de verrucosités et de saillies papillaires, ou bien se creuse de plis ou de fissures, on peut considérer qu’elle est en voie de transformation maligne. Darier dit qu’on doit considérer la leucoplasie verruqueuse comme un état précancéreux des plus menaçants. Parlois, une élevure papillaire circonscrite, à base indurée, apparaît en un point de la plaque leucoplasique. C’est un épithélioma à son début. Plus rarement, le début est insidieux : une infiltration profonde succède à une fissure ou à une crevasse qui persiste.

La néoplasie débute quelquefois par une ulcération irrégulière, pouvant être prise pour une lésion inflammatoire, d’origine traumatique, infectée secondairement.

Ces différentes lésions évoluent, dans la grande majorité des cas, en épithéliomas du type spino-cellulaire.

Abandonné à lui-même, le cancer glosso-amygdalien envahit les organes voisins. L'alimentation devient impossible. Une salive fétide s'écoule continuellement de la bouche du malade. La douleur, l’inanition et l’empoisonnement lent dû à la déglutition des produits septiques élaborés par le néoplasme, s'unissent pour déterminer une cachexie qui emporte le patient. Parfois, une pueumonie où une hémorragie abondante due à l’ulcération d’un vaisseau important, viennent hâter la mort du malheureux.

L'évolution de ces néoplasmes dure de 12 à 14 mois et se termine invariablement par la mort: |

Le début passe le plus souvent inaperçu. Quand le malade se décide à consulter, la tumeur est considérable et l’adénopathie importante. Le volume de l’adénopathie n’est d’ailleurs pas en rapport avec l'importance de la lésion initiale. Quelques petits ganglions, durs, isolés, peuvent accompagner un cancer glosso-amygdalien volumineux, alors qu'un épithélioma à son début peut donner naissance à une adénopathie volumineuse adhérant rapidement aux plans profonds et à la peau.

La rapidité de l’évolution s'explique par deux ordres de faits.

D'une part, le cancer glosso-amygdalien se développe sur des parties molles qui se laissent facilement infiltrer. Le tissu conjonctif che, abondant dans cette région, ne s'oppose pas à la marche du néoplasme.

D'autre part, la région glosso-amygdalienne est relativement

mobile et le brassage des voies lymphatiques est la raison de l’envahissement ganglionnaire précoce, rapide et étendu.

Page 1