LS TRUITE
opération est longue, délicate et grave. Elle oblige à mettre en communication la cavité buccale avec le tissu cellulaire du cou et à laisser béants des vaisseaux lymphatiques contaminés.
La gravité d’une telle opération a conduit certains chirurgiens à pratiquer seulement l’ablation des ganglions. Certains vident toutes les fosses lymphatiques du cou, d'autres se contentent d’extirper les ganglions cliniquement suspects et confient à la curiethérapie le soin de parachever la stérilisation des Iymphatiques.
Depuis la technique bien réglée, décrite par Morestin en 1913, de nombreuses méthodes d’exérèse ganglionnaire ont été créées.
Sebileau, estimant que le nettoyage lymphatique intégral est anatomiquement impossible, extirpe largement, par une sorte d'évidement continu, tout groupe ganglionnaire dont 1l soupçonne la contamination. Mais « aller au delà de cette chirurgie du bon sens, m'est précisément plus du bon sens ». A l’incision stellaire de Kocher et Morestin, l’auteur préfère une incision formant une grande anse à concavité supérieure, libérant un large et unique lambeau à volet qui donne sur la région un jour considérable.
Proust et Maurer, après incision stellaire de Morestin, dissèquent le sterno, la jugulaire interne et le spinal, en rejetant en haut et en avant la nappe cellulo-ganglionnaire. On dissèque alors la sous-maxillaire que l’on aborde en haut et en avant. On coupe le canal de Wharton le plus en avant possible. Rabattant alors la glande avec les ganglions sous-maxillaires en bas et en arrière, on rejoint le plan de clivage postérieur déjà amorcé. La carotide externe et la linguale sont liées systématiquement.
Certains auteurs, considérant que le cou supporte bien la privation totale du sterno et que l’accommodation des autres forces musculaires compense efficacement sa perte, n'hésitent pas à supprimer systématiquement ce muscle.
La section de la sangle constituée par le sterno débride la masse ganglionnaire et facilite l'intervention en fournissant une prise solide pour culbuter de bas en haut le pôle inférieur du paquet ganglionnaire.
Roux-Berger sectionne le sterno et la jugulaire interne. Profitant du plan de clivage interjugulo-carotidien, il sectionne le bloc d’une seule pièce de bas en haut, emportant les plans aponévrotiques, en même temps que les ganglions, le muscle et la jugulaire.
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Forgue préconise une technique analogue. Il estime que la règle fondamentale de l’exérèse de la lésion cancéreuse est de 5e tenir au large de la tumeur, en zone saine, d'enlever en bloc la lésion pour éviter le morcellement et les greffes et de ne pas hésiter à faire les sacrifices anatomiques nécessaires.
L'incision part de l'articulation sterno-claviculaire pour abouir à la mastoïde. Le sterno est sectionné à sa partie inférieure et sert de prise. On décolle progressivement de bas en haut la masse ganglionnaire avec le sterno, en s’efforçant de repérer d'emblée la jugulaire interne pour employer le plan de clivage interjugulocarotidien.
Arrivé à la partie haute de la région carotidienne, on repère le tronc thyro-linguo-facial et le ventre postérieur du digastrique.
On sectionne le sterno au niveau de la pointe de la mastoïde en sacrifant la branche externe du nerî spinal.
L'opération s'achève par une combinaison de la dissection ascendante qui termine de bas en haut la libération des ganglions par rapport au tronc de la jugulaire interne, au-dessus du confluent du tronc veineux thyro-linguo-facial et d’üune dissection descendante qui complète cette libération au-dessous du ventre du digastrique, en avant du splenius cervical.
R. Bernard, dans sa thèse (Paris 1926), préconise une technique analogue à celle de Morestin, mais en différant surtout par l’ablation systématique du sterno, même dans le cas d’adénopathie discrète et mobile.
Après avoir pratiqué l’incision stellaire de Morestin, l'opération consiste à rechercher systématiquement et périphériquement les plans anatomiques de clivage : bord inférieur du maxillaire, ventres antérieur et postérieur du digastrique.
On dissèque la loge sous-maxillaire en ramenant concentriquement la masse, sans quitter le contact musculaire.
On achève par la dissection de la masse cellulo-lymphatique du cou en sectionnant le sterno.
Rap.