‹ Le Cancer Glosso-AmygdalienChapitre 7 sur 35 · HISTOLOGIE · texte numérisé non relu

HISTOLOGIE

Sans entrer dans le détail de l’étude histologique des différentes variétés de cancer glosso-amygdalien, nous en résumerons ici les notions principales.

L'épithélioma spino-cellulaire est de beaucoup la forme la plus fréquente. On trouve dans la littérature médicale quelques cas seulement de lympho-épithéliomes et d’épithéliomes à cellules de revêtement d'Ewing.

Nous décrirons avec quelques détails l’épithélioma malpighien spino-cellulaire et dirons quelques mots, en terminant, des formes ‘ rares.

L’épithélioma spino-cellulaire est remarquable par la précocité de son envahissement ganglionnaire. Les cellules néoplasiques sont plus volumineuses et plus irrégulières que les cellules normales. Les cadres clairs sont plus ou moins larges, les filaments d'union plus apparents, les noyaux volumineux et hyperchromatiques. Les mitores, plus ou moins nombreuses, présentent des monstruosités abondantes.

Le tissu cancéreux est caractérisé dans cette forme par la coordination des cellules qui tendent à se disposer en couches superposées et par la présence de globes cornés.

L'axe de chaque travée est occupé par les cellules les plus anciennes. Les cellules différenciées s’amassent autour de cet axe et sont bordées par les cellules les plus fertiles. Dans les régions à prolifération active, les cellules s'accumulent en plus grand nombre et la travée se renfle localement en lobules plus ou moins sphériques (épithélioma lobule), qui lui donnent un aspect monoliforme.

ART te RS

Les globes cornés, moins abondants que dans les épithéliomas spino-cellulaires de la peau, sont constitués par un point central autour duquel se déposent les premières cellules kératinisées., En s'accumulant à mesure que la sphère évolue et grossit, celle-ci s'ordonnent en couches concentriques lamelleuses. Entourant ce globe corné se trouvent des cellules aplaties semées de granulations, puis des cellules malpighiennes avec leurs cadres clairs traversés par des filaments d'union, puis des cellules basilaires rangées le long du stroma,

Regaud et Schmincke ont identifié une variété histologique de tumeur qui se localise dans les régions où existent normalement des formations lympho-épithéliales. Cette variété de cancer se rencontre parlois dans la région qui nous occupe.

« Il s'agit d’une tumeur dans laquelle 11 y à une association étroite et constante entre l'élément épithélial et lélément lymphoïde, Le néoplasme mérite donc le nom de Iympho-épithéliome qui rappelle le tissu normal Iympho-épithélial dont il paraît être une dérivation » (Regaud).

Les lympho-épithéliomes sont des épithéliomes présentant le plus souvent une architecture cordonale, dont les éléments cellulaires restent ordinairement peu différenciés et ne subissent notamment pas d'évolution épidermoïde.

Les cordons épithéliaux sont habités par des lymphocites, immigrés dans leur intérieur à partir du stroma environnant et qui sont assez régulièrement répartis entre les cellules épithéliomateuses. £

L'épithélioma à cellules de transition est formé de cellules rondes ou polyédriques ne présentant pas de groupement architectural défini et ne subissant aucune évolution épidermoïde. L'absence d'infiltration lymphocytaire distingue cette tumeur du lympho-épithéliome. Sa structure en impose parfois pour un sarcome lymphoïde.

Au point de vue clinique, ces deux sortes de néoplasmes présentent les mêmes caractères : siège commun (amygdale, base de la langue, rhinopharynx), envahissement précoce des ganglions cervicaux, production de métastases par voie sanguine dans les viscères et dans les os, contrairement à ce que l’on observe dans le cas des épithéliomas épidermiques habituels.

ET

Enfin, la grande radio-sensibilité de ces tumeurs, les distingue encore des épithéliomas épidermiques de la région et les rapproche des sarcomes lymphoiïdes.

En dehors de l'élément épithélial du cancer, il faut considérer son substratum conjonctif. Cette étude du stroma pourra donner des renseignements utiles.

Roussy et Leroux classent schématiquement l’état du stroma

en trois types :

1° Stroma dit favorable, à charpente dense et fibreuse présentant dans sa masse une infiltration de cellules lympho-plasmatiques et dont les vaisseaux présentent cependant une paroi normale.

2° Stroma dit défavorable, à tissu lache et œdémateux, envahi de polynucléaires et à vaisseaux souvent altérés par de la nécrose fébrinoïde que l’on retrouve parlois en flammèches dans les parties insulaires du tissu.

Cet aspect histologique est souvent l'indice d’une malignité particulière.

3° Stroma dit intermédiaire dont les caractères structuraux participent de l’une et de l’autre des variétés précédentes.

Il faut signaler que ces divers types de stroma peuvent se modifier au cours du traitement par irradiation, évoluant d’un type à l'autre.

Page 1