‹ Le Cancer Primitif des Capsules SurrénalesChapitre 24 sur 34 · UT, VAE · texte numérisé non relu

UT, VAE

droite, paquet de ganglions volumineux durs, fibreux et blanchâtres à la coupe. Un peu de sérosité claire dans la plèvre droite. Sous la plèvre costale, entre la troisième et la einquième, entre la septième et la neuvième côtes droites, entre la deuxième el la cinquième côtes gauches, nombreuses nodosités blanches, visibles par transparence, dures, de volume variant d'un pois à une amande, uniformément blanches à la coupe, denses et ne renfermant pas de suc. On en trouve de semblables, avant la forme de petits ganglions, entre les faisceaux du pectoral droit. Faibles adhérences du sommet droit. Dans l’épaisseur de la plèvre pulmonaire droite, on aperçoit, par transparence, quelques nodosités blanches, aplalies, ne pénétrant pas dans le parenchyme. Hépatisation grise de la moitié inférieure du lobe inférieur droit : foyers nombreux de péri-bronchite suppurée. C'est au niveau de ce lobe que les petites tumeurs «dé la plèvre pulmonaire sont le plus serrées les unes contre les autres. Coque fibro-cartilagineuse, revêtant le sommel gauche. Ganglions rétro bronchiques formant, une masse plus volumineuse qu'un poing d'enfant, à parois caséeuses ; ils rétrécissent, à ce niveau, l’æsophage dont les parois sont d'ailleurs normales ; deux onces de sérosité dans le péricarde. Dilatation du cœur, surtout dans la moitié gauche. Myocarde pâle, un peu friable, plaques athéromateuses innombrables de l'aorte thoracique et abdomirale. Artère splénique ossifiée, par places, dans toute son épaisseur avec plis rayonnants de la membrane interne.

Sur les deux faces de l’estomac, faisant une légère saillie à l'extérieur, on aperçoit de 5 à 8 nodosités blanchätres disséminées. Ni le cardia, ni le pylore, ni les courbures n'en présentent. La muqueuse gastrique ne présente pas d’autres lésions ‘que ces nodosités circonscriles qui proéminent beaucoup plus en dedans qu'en dehors ; elles sont situées entre la muqueuse ‘et la musculeuse. Au sommet des nodosités les plus volumineuses, la muqueuse est ulcérée et il en résulte une dépression cupuliforme où ombiliquée. Sur toules les anses intestinales, aussi bien à la face postérieure qu’à l'antérieure, mais jamais au niveau de l'insertion mésentérique, apparaissent, par transparence, les mêmes nodosilés disséminées, de dimensions variables, la plupart blanches, quelques-unes partiellement hé-

BEL rene

morrhagiques. Muqueuse de l'intestin grèle légèrement tuméfiée, semée de nombreux points noirätres el présentant au-dessous d'elle, à des distances variables de un pouce et demi à trois pouces, entre les valvules, des nodosités de la grosseur d'un pois ou d’un haricot. Bans le gros intestin, mêmes tumeurs,mais 2 ou 3 fois moins nombreuses; ganglions mésentériques et rétro-péritonéaux,tuméfiés, durs et hlancs.

Les capsules surrénales forment des tumeurs considérables, irrégulièrement triangulaires, à angles arrondis. La droite a un pouce 1/2 de haut, 3/4 de pouce d'épaisseur. La gauche, dont l'épaisseur est la même, a une hauteur encore un peu plus grande. Leur surface est bosselée, grâce à la présence de nodosités blanches, extrêmement nombreuses, quelques-unes déjà ramollies partiellement à l’intérieur. Dans les coupes, on constate-une infiltration uniforme par une masse blanche, ramollie, friable en beaucoup d’endroits et formant de petites cavités. Dans celte mässe on aperçoit de nombreuses hémorrbagies à la limite probable de la substance médullaire qui est le siège de cette infiltration diffuse et de la substance corticale qui présente des nodosités encore distinctes. Toutes ces lésions sont plus avancées dans la capsule gauche. Les reins, le foie, la rate offrent, à la surface. des nodosités rares, blanches,aplaties; on en retrouve quelques-unes dans l'épaisseur du parenchyme hépatique, dans léquel elles se délimitent ne:’tement. Le pancréas contient aussi quelques nodosilés. Les reins sont volumineux, un peu hyperémiés, mais d'ailleurs. sains à la coupe, sauf en un point du rein droit où se trouve une dépression extérieure qui, sectionnée, représente grossièrement un cône de substance compacte jaune pâle; dans le voisinage se voient aussi deux étroites bandes jaunâtres. Rate un peu hypertrophiée, ramollie, couleur, chocolat, renfermant dans son tiers inférieur, quelques nodosités blanches, dures, nettement circonscerites, ayant les dimensions de noyaux de cerises. Dans la vessie, au-dessous de la muqueuse, à la limite supérieure du triangle de Lieutaud, se trouve, à droite une tumeur aplatie semblabte. Dégénérescence amyloïde commençcante du lobe gauche.

Au microscope, après durcissement dans le liquide de Muller et l'alcool, les nodosités apparaissent formées d'innombra-

b :s cellules à protoplasma finement granuleux, contenant de 1 à 3 gros noyaux, très serrées les unes contre les autres, et offrant les calibres et les formes les plus variés (ovales, rondes, pyriformes, coudées) ; entre ces cellules sont encore visibles de loin en loin des restes de stroma avec des corpuscuies conjonctifs. Gest dans les nodosités des capsules surrénales que les mailles du stroma sont les plus rares. Le protoplasma de toutes les cellules est graisseux, et on y trouve,en outre,des globules granuleux et des cellules géantes à noyaux multiples. Partout ces nodosités sont isolées du tissu sain par des tractus plus ou moins épais de tissu conjonelif.

OBSERVATION 8 (Résumée). — Carcinome primitif de la capsule surrénale droite, par Sapetier (Progrès Médical. Paris 1881, page 793).

Becker, 50 ans, ébéniste, entre le 4 janvier à l'hôpital St-Antoine. Père mort alcoolique à 34 ans, mèremorte d'une fluxion de poitrine à 55 ans. Un frère et deux sœurs morts très jeunes. Ni cancer, ni syphilis, ni tuberculose. Le malade a eu, il y a 15 ans, du rhumatisme polyarticulaire avec fièvre qui a nécessité un séjour de 3 mois à l'hôpital. Rien au cœur. Il ya 3 mois il a été pris de diarrhée persistante sans cause appréciable et en même temps il a éprouvé quelques douleurs de rein. Il y a six semaines apparition d'œdème des jambes plus marqué à la fin de la journée. Urines normales. Le malade maigrit rapidement, perd l’appétil et les forces et cesse de travailler.

A son entrée, on conslale un grand amaigrissement, mais pas de teinte cachectique ni cancéreuse. OEdème des membres inférieurs et du serotum, ventre un peu ballonné et contenant une petite quantité de liquide. Pas d'œdème de la face, ni de Modifications de la pigmentation.

Diarrhée assez abondante, non sanglante, pas de vomisse ments. Foie, rate, intestins semblentnormaux. Un peu d’épanchement dans la plèvre gauche, rien au cœur. Les urines sont peu colorées, en quantité assez considérable et avec une quantité notable d'albumine. Pas de sang, pas de mucus, ni éléments tigurés.

Février. — La diarrhée disparaît, l’'épanchement thoracique reste le mûme,les urines conservent lemême caractère. L'amai-

ASUTE

LRO TRE grissement el la faiblesse s’accentuent. Pas de mélanodermie. 11 mars. — Mort lente et sans souffrances.

Autopsie. — On trouve un lilre de liquide citrin dans Ja plèvre gauche. Pas d'adhérences pleurales. Poumons légèrement congestionnés et présentant quelques lobules emphysémateux. Rien au péricarde, rien au cœur. Rate et foie normaux. Dans la région rénale on trouvetrois masses : deux reins et une tumeur.

La masse unique quiétait à gauche est le rein gauche encore coifté de sa capsule surrénale saine. 1l présente l’aspect du gros rein blanc.

A droiteon trouve lerein plus volumineux que lerein gauche. Il est irrégulier, bosselé à sa partie supérieure qui, à la coupe, présente ur aspect identique à celui de Ja (roisième masse. Celle-ci a la forme d’unrein, mais la décortication est impossible et à la coupe onreconnaît un carcinome sans trace de structure rénale. L'examen histologique a confirmé le diagnostic.

Pas de généralisation ganglionnaire. On a donc ici un carcinome encéphaloïde primitif de la capsule surrénale droite avec propagation secondaire au rein correspondant.

OBSERVATION 9.— Cancer de la capsule surrénale droite pris pour un kyste hydatique du foie, par Heitter (Wiener medizinische Presse, 5 septembre 1875).

Mayer, A., âgée de 51 ans, tomba-de sa hauteur dans la rue, à la suite d'un étourdissement; on la transporte à l'hôpital pour des contusions multiples. Elle est placée dans un service de chirurgie. Lorsque les contusions furent guéries, on la fit passer dans un service de médecine.

C'est une malade peu intelligente, qui ne peut donner que des renseignements sans précision. Elle dit seulement qu'il v a huit. ans, elle est tombée sur le côlé droit, et que, depuis lors, une tumeur s'est développée dans la région et est devenue douloureuse, il y a trois ans seulrment. Pas d'ictère, pas d'æœdème ni de teinte cachectique. Toute la moitié du tronc, depuis la cinquième côte jusqu’au niveau de l'ombilic est très gaillante, L'augmentation de volume s’élend jusqu'à l'épigastre. Le sommet acuminé de la tumeur correspond à l’espace qui se trouve compris entre la ligne mammaire droite prolongée, la ligne blanche et le bord inférieur de la dernière côte. Les

LRQ aires costales sont un peu élevées en dehors; les espaces intercostaux ne sont pas effacés. A la percussion, on ne trouve rien d’anormal dans le poumon. Matité s'étendant de la quatrième côte droite jusqu'au niveau de l'ombilic, et à gauche jusqu’à la ligne mammaire prolongée. Dans les inspirations profondes, la malité subit un léger déplacement. Le bord du foie est sensible au niveau de la cicatrice ombilicale ; il est généralement oblique. On le suit jusqu'à la ligne mamillaire où il se termine par une petite éminence sphéroïdale qui parait s'étendre beaucoup plus loin en arrière et en bas que la percussion ne le inontre.

La face supérieure du foie, ainsi que le sommet de la petite masse en question sont lisses, élastiques et légèrement fiuctuantes. Pas de douleur, rien à l’auscultation de la tumeur ; cœur normal, rate volumineuse.

Diagnostic porté : kyste hydatique du foie. Ponction pour le confirmer. Il s'écoule de la sérosité sanguinolente, jaunâtre pendant un instant, puis brune et épaisse. Elle coule très difficilement par le trocart. Elle est alcaline et très albumineuse. Pas de crochets ; pas d’autres éléments figurés que des globules rouges. Amélioration légère et fermeture de la plaie au bout de deux jours. Le 6, collapsus, émission involontaire d'urine. Mort le 8, avec des phénomènes d'œdème pulmonaire.

Autopsie faite 36 heures après La mort. — Adhérences pleurales vers la base des deux poumons: rien aux sommets. Congestion vers la partie inférieure des deux lobes inférieurs ; quelques grammes de sérosilé claire dans le péricarde. Parois du cœur flasques. Sang liquide et eaillots fibrineux dans sa cavilé.

Dans l'abdomen, on trouve une tumeur de la grosseur d'une: tête d'adulle, qui s'étend en bas jusqu’au bord de l'os iliaque. Le rein droit est placé en arrière et en haut. Cette tumeur se termine en dedans el en haut par une extrémité arrondie ayant contracté des adhérences avec le diaphragme. Ce muscle a été refoulé à peu près jusqu'à la dernière côte.

Le foie, repoussé à gauche et en avant, adhère par son lobe droit à la partie supérieure de la tumeur et, à l'exception d'un petililot, de deux à trois millimètres sur son bord antérieur, il est entièrement sclérosé.

Dans son déplacement, il a déformé la paroi thoracique. Les

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