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refait le pansement avec tamponnement très serré de la plaie à la gaze iodoformée. Le suintement séro-sanguinolent continue quoique moins accentué; les parties superficielles du pansement souillées sont changées sans toucher aux parties profondes.
La température qui avait commencé à monter après l’opération, monte progressivement si bien que, le 17, le malade à une température de 39.3 le matin et 40.1 le soir ; le 18il a 40.1 le matin et 40.8 le soir.
Depuis l'opération, l’état général a baissé rapidement; le malade a pris une teinte anémique très marquée, il maigrit à vue d'œil. Soif vive, pas de frissons.
Le 16. — Il tousse un peu et prend de la laryngite.
Le 18. — Pansement sans gaze iodoformée. Le malade ne peut plus parler, dyspnée intense sans Cornage, un peu plus marquée à l'inspiration. L'état du larynx augmente cette dyspnée qui n’est pas uniquement laryngée. L'auscuitation, gênée par le pansement, ne révèle rien.
20 décembre. — Mort à 6 heures du matin.
Autopsie. — On trouve une masse du volume d'une tête de
fœtus avec quelques adhérences à l'angle droit du colon. Cette masse occupe la loge rénale droite. On l'isole facilement du tissu cellulaire sous-jacent, et -après l'avoir enlevée, on la trouve constiluée par le rein droit et la capsule surrénale, tous deux dégénérés et diffluents ; la capsule est confondue par sa base avec la portion du néoplasme qui infiltre le rein. D'après M. le professeur Tripier, il s'agit d'une tumeur maligne primitive de la capsule avec envahissement secondaire du rein (aspect encéphaloïde, 700 grammes).
De la tumeur du rein part un bourgeon remplissant la veine rénale droite et proéminant dans la veine cave inférieure thrombosée au-dessous.Tous les groupes ganglionnaires voisins sont envahis par une substance encéphaloïde. Le noyau de la paroi lombaire est constitué par un tissu un peu plus dense, mais non moins vaseularisé.
Noyaux miliaires nombreux faisant saillie sur la plèvre pulmonaire. Dégénérescence des ganglions trachéo-bronchiques. L'autre rein est sain, mais gros : 150 grammes.
Rien au foie qui est seulement un peu volumineux. Rate grosse.
L'examen hislologique a été fait par M. le docteur Dor. En voici, du reste, les résultats :
L'examen à porté sur la tumeur elle-même, sur un fragment de rein envahi et sur un petit organe arrondi qui avait toutes les apparences d’un rein supplémentaire du volume d’une noisette.
Effectivement ce dernier organe ne présentait que des glomérules, des tubes contournés et aucune trace de néoplasie.
Les coupes les plus intéressantes étaient celles du fragment de rein envahi par la tumeur. Cest dans ces coupes que l’on pouvait voir le mieux les dispositions des cellules et les étudier. Dans la zone corticale se trouvaient une multitude de points microscopiques où l’on voyail débuter le néoplasme.
Il y avait comme un semis de cancer disséminé sans ordre
mais ne frappant ni les glomérules, ni les tubes contournés, se faisant place au sein du parenchyme rénal par la compression et la destruction du lissu environnant.
Dans les plus petits des semis comme dans les plus gros, l'aspeclétait à peu près le même, on voyail des cellules de forme très variable en raquettes, en fuseaux, en polyèdres, el tout, les dimensions, la coloration par le picro-carmin el l'aspect du noyau, indiquaient la-nature épithéliale ; mais ces cellules, très serrées les unes contre les autres, n’affectaient ni la forme du carcinome, ni eelle de l’adénome ; elles élaient sans ordre apparent, entourées de très peu de tissu copjonelif, et leur cohésion était si faible que, dans beaucoup de points, elles avaient disparu au centre, laissant un espace vide et constituant un kyste dont la bordure seule était tapissée de cellules épithéliales. Ces cellules, nettement cancéreuses, étaient des cellules d'un type spécial, ou bien il était impossible de savoir à quel Lype il fallait les rattacher. Pour le savoir nous avons fait des examens de coupes de capsules surrénales normales. Or, immédiatement nous avons été frappés d'une ressemblance très grande, non pas dans la forme des cellules qui, dans un tissu normal, sont toujours plus régulières, mais dans la structure du protoplasma. Dans les couches corticales de la capsule surrénale, les cellules renferment dans leur
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protoplasma une substance hyaline, réfringente d'un aspect tout spécial et qui est probablement la substance qui se colore en brun par le bichromate de potasse et que plusieurs auteurs ont signalée comme élant caractéristique des cellules surrénales. Or, cette même substance réfringente se retrouvait dans un grand nombre de cellules du cancer et la grande analogie eutre les cellules nous semble un argument important à invoquer en faveur de l’origine nettement surrénale de la tumeur ; d'ailleurs la préparation comparée à des coupes de divers cas de cancers primitifs du rein, lesquels avaient débuté nettement aux dépens des cellules de Heindenhain, était absolument différente. fl s'agissait donc bien d'un cancer surrénal communiqué au rein et non d'un cancer du rein communiqué
à la capsule.
OBSERVATION 11 (Résumée). — Sarcome primitif de la capsule surrénale droite. — Propagation à la veine cave inférieure et à l'orcillette droite. — Thrombose des veines sus-hépatiques et apoplexie du foie, par Pilliet, interne des Hôpitaux (Bulletin de la
Société anatomique de Paris, 1888, p. 716).
C..., Laurent, scieur de pierres, 56 ans, entre à l'hôpital de la Pitié, le 14 mars 18%8. Il accuse une grande faiblesse et présente un œdème prononcé des membres inférieurs.
Il aurait eu, à 8 aus, la fièvre intermittente pendant 3 ans. A 18 ans blennorrhagie, peut-être syphilis; pleurésie à 32 ans.
Un peu d'alcoolisme. Il y a 2 ans, le malade a, pour la première fois, des vomissements de sang paraissant s'être reproduits avec une certaine abondance. Epislaxis fréquentes, œædème des jambes revenant par intermittence et qui le force à entrer à l'hôpital. k |
Taille moyenne, face allongée et maigre. Yeux enfoncés, conjonctives décolorées, nez saillant, lèvres cyanosées. Tronc et membres thoraciques amaigris. Abdomen légèrement distendu et métléorisé. Organes génitaux normaux, œdème fixe et dur, de moyenne intensité aux membres inférieurs. Pied gauche creux, talus.
Langue blanche, appétit nul, constipation habituelle. L'estomac est dilaté et donne du gargouillement à la percussion. Le foie déborde de deux travers de doigt lerebord costal et est dou-
loureux à la pression. Rate normale. Les battements du cœur sont soucds, mais pas de souffle. Adhérences pleurales à droite ; la respiration est moins nette de ce côté qu'à gauche. Rien au sommet. :
Le malade se relève la nuit pour uriner, mais très peu chaque fois (500 gr. par jour environ) d’une urine foncée, acide. D : 1013, sans sucre ni albumine.
es Le 23. — Toujours même quantité d'urine. Quelquefois 2 200 légers nuages d'albumine. Des pilules diurétiques sont données sans resuttat. Selles normales. Céphalalgie frontale. Anorexie. Langue sale. L'æœdème des jambes augmente etgagne jes aines; respiration gènée, pénible ; cependant pas d'insomnie.
Le 27. — Urines, 1 litré. Pas d’albumine.
# Le 31. — Depuis 4 jours,2 litres d'urine en 24heures. D : 1007. D Réaction acide, pas d’albumine. L'æœdème persiste. À 3 avril. — 1 litre d'urine. Malaise général et lassitude. #3 Le 5. — Vin de Trousseau, 80 grammes.
4 Le 6. — { litre d'urine albumineuse. Meilleur état général. "#æ Le 7. -— Oppression augmente. OEdème de la paroi abdo- 2 minale.
‘4 Le 9. -— Le malaise général s'accroît. Lavement purgatif. Le 10. -- Le malade accuse une douleur spontanée, locali-
: sée au flanc droit. On la réveille par la pression profonde, elle est irradiée à la partie droite du thorax. L’æœdème de la paroi abäominale empêche l'examen. Cependant, on constate du côté droit, un gros bourrelet œdémateux au niveau de la crête
ilaque.
Le 11. — Hier, accès de dyspnée violent, d'une 1/2 heure, à ; 7 heures du soir. Ce matin, le malade est abattu, le pouls F petit, mou et fréquent, la respiration du {ype coslo-supérieur.
La douleur du flanc droit persiste avec ses irradialions; la + figure est pâlie et amaigrie ; l'estomac devient inlolérant ;
4 renvois fréquents dès que le malade vient d'avaler quelque, chose.
Le 12. — 3/4 de litre d'urine. Pas d'alhumine.
| A Le 14. — La gène respiratoire augmente, la douleur du flanc
droit s'exaspère et devient aiguë à chaque inspiration. Pas de signes de lésions pulmonaires en foyer. T. 3705. Le 15. — Même état, le malade ne pend que du lait. Pas de
nausées nide vomissements.Selles régulières. Quantité d'urine oscille entre 1/2 et 1/4 de litre.
Le 16. — Vibrations diminuées du côté droil.
Le 17. — Léger dépôt d’albumine.
Le 23. — L'œdème, qui a débuté par la partie supérieure des cuisses, a augmenté progressivement et s’est étendu au tronc. La têteet les bras sont respectés. L'abdomen est tendu, saillant, météorisé. L'ædème dela paroi gène beaucoup pour la recherche de l'ascite qu'on ne peut affirmer. Les veines sous-culanées abdominales sont manifestement dilatées et un peu plus du côté droit que du côté gauche. Les veines de la région sus-0mbilicale le sont également, mais beaucoup moins.
En présence de ces signes, M. Lancereaux conclut à l'obstruction de la veine cave inférieure, ce qui conduit à examiner les reins. La sensation d'une {tumeur douloureuse, dans le flanc droit, la coloration et la diminulion des urines le conduisent à poser le diagnostic d'épithélioma primitif du rein droit avec propagation à la veine rénale et à la veine cave.
Le 26. — La densité des urines est faible (1006).
La douleur profonde persiste avec des variations d'intensité. On note des poussées d'érythème sur les jambes œdématiées. Les selles sont peu abondantes et d’un jaune clair.
Le 30. — Le malade souffre de plus en plus de l'oppression et de sa douleur qui est sans cesse réveillée par une toux quinteuse. Il reste dans le décubilus-dorsal, se couchant quelquefois : sur le côté droit, jamais sur le gauche.
er mai. — La figure du malade s’altère de plus en plus, les yeux s'enfoncent, le nez s'effile, la teinte de la peau est terreuse, la respiration est difficile. R= 32. P =130. T— 3701,
Le 4. — Les douleurs augmentent et deviennent intolérables. Le malade à eu cette nuit de la diarrhée (5 selles). Le 11.— L'oppression augmente, la dilatation des veines
Ombilicales s'accuse ; l'intelligence est conservée.
Le 12. — L'œdème croît lentement et d'une façon lrès persistante. Tremblements spasmodiques des muscles de la cuisse.
Le 27, — L'œdème des bourses estapparu lentement, maintenant il déborde la verge ; figure très amaigrie. Le malade est trisLe, abattu, démoralisé. Il urine à peine 500 grammes en 24 heures, la toux esl continue etne ramène que quelques cra-