‹ Le Cancer Primitif des Capsules SurrénalesChapitre 29 sur 34 · PR NN · texte numérisé non relu

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chals incolores, visqueux et épais. Le malade ne boil plus qu'un litre de lait en 24 heures.

Le:28.— Constipation. Appétit nul. Langue blanche. Pas de vomissements. L’œdème déborde les aisselles ; il est plus prononcé à droile.

5 juin. — Les mêmes symptômes persistent,la toux est assez fréquente et pénible pour empêcher le malade de dormir. Les bourses sont du volume d’une tête de nouveau-né.

Le 12. — La respiration est toujours pénible ; il y a du jeu des ailes du nez. Conjonctivite catarrhale.

Le 16. — Depuis 3jours le malade a eu à plusieurs reprises des épistaxis ; l’æœdème augmente un peu à la jambe droite où il à toujours été plus marqué.

Le 18. — Légère rémission. Le malade ne peut trouver une position de repos. Son sommeil de nuit est nul, il somnole un peu pendant le jour ; il ne peut rien avaler, chaque gorgée qu'il boit l’étouffe. Le cœur est refoulé en haut, et ses battements soulèvent le 3ne espace intercostal gauche. Le pouls radial est faible el fréquent. Le malade est très abattu ; il ne se plaint plus. La figure,très amaigrie est sans expression.

Le 21,le malade étouffe. Depuis deux joursil est dans le coma. L'interne le sonde à la visite du matin et retire la moitié d’un verre à expérience (65 grammes environ) d'une urine sans dépôt, mais très foncée. Il est allé à la selle hier. Le malade s’agite et essaye d’écarter la sonde en se plaignant un peu. À partir de ce moment, le coma est devenu de plus en plus profond. Les respirations s’espacent, elles sont de temps en temps accompagnées d’un gémissement à l'expiration. Le soir il a la tête renversée en arrière et la bouche ouverte. A 10 heures il est agonisant. A 10 heures 1/2, il meurt.

On examine l'urine qui ne renferme pas de sang.

Autopsie. — OEdème énorme sauf à la face, la main, le poignet gauche et la plante des pieds. |

Cerveau normal.

A l'ouverture du thorax, léger écoulement de liquide ascitique d’un jaune foncé. Dilatation très marquée des veines Mammaires internes gauche et droite. Léger épanchement péricar-

dique, adhérences péricardiques molles, grisâtres, faciles à

détacher, à la face postérieure du cœur.

De oser

Cœur étalé, pelit et mou. Plaques à l'aorte Orifices sains: Poids : cœur et aorte — 305 grammes.

Plèvres adhérentes sur toute leur étendue, adhérences marquées au niveau du sillon costo-diaphragmatique droit.

Les poumons, refoulés par le diaphragme, sont rouges, friables, presque splénisés.

Péritoine normal.

Lorsque le paquet intestinal a élé enlevé la tumeur apparait comme une masse arrondie, bleuâtre et molle recouverte par le péritoine. ee ;

Foie (P == 1680 gr.) coiffe la tumeur sur laquelle il se moule. Il arrive à 7 centimètres de l'extrémité interne de la clavicule. La face convexe est libre, la face concave adhérente à la tumeur. La vésicule est petite et contient une bile peu colorée. A la coupe, le foie se montre composé de deux substances : une rouge el l’autre jaune comme dans le foie muscade, mais les marbrures rouges n’ont pas la même distribution que daus cette lésion: elles sont larges; irrégulières et répondent à des foyers d'hémorrhagie interstilielle,

Estomac, intestins normaux. Le colon ascendant est fixé à la tumeur sur une étendue de quelques centimètres.

Rate petite (P — 170 gr.). Sa surface est chagrinée avec plaÆ ques cartilaginiformes irrégulières. Normale.

Paneréas jaunâtre, mou, friable.

Reins volumineux. Rein gauche = 180 gr., rein droit —1% gr. Ce dernier était englobé dans des néo-membranes sous-péritonéales et faisait intimement corps avec la tumeur.

. La capsule surrénale gauche est d'aspect et de volume normaux. .

Lorsque l'abdomen est débarrassé de son contenu, on voit la tumeur sous forme d’une masse violacée, très molle. Dans sa portion inférieure pénètre la veine cave inférieure occupée par un caillot qui se prolonge jusque dans les veines iliaqueset les fémorales.

Ces veines sont distendues et dures, elles sont reliées aux artères par des adhérences courtes et résistantes. Quand on les ouvre, on voit que le caillot qui les occupe, brunâtre et résistant à sa périphérie, est creusé à son centre de canaux irréguliers permettant une circulation lacunaire.

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Toute la masse de la tumeur étant enlevée avec l'aorte, on constate d'ahord l'impossibilité de trouver la capsule surrénale droite au-dessus du rein. La diaphragmatique inférieure, la capsulaire moyenne et la capsulaire naissant de la rénale sont disséquées. Elles se rendent à la tumeur, leur volume n'a subi qu'un accroissement assez faible. La tumeur est donc bien constituée aux dépens de la capsule surrénale droite.

En ouvrant la veine cave inférieure dans toute son étendue, on constate qu'elle est occupée au-dessous de la tumeur par un caillot sanguin qui se continue insensiblementavec un boudin blanchâtre, volumineux, allongé, qui remplit complètement la veine au niveau du foie et adhère à sa paroi. Ce thrombus présente, au niveau de l'embouchure de la veine cave inférieure, un sillon circulaire marqué et proémine daps l'oreillette droite par une extrémité arrondie ayant la forme et le volume d'un bouchon à champagne. 3

En le détachant on peut voir que la veine cave, très élargie (elle mesure 9 centimètres d'un bord à l'autre), présente au niveau du foie 4 à8 orifices du diamètre d'une pièce de 50 centimes dans lesquels s'engagent les ramifications du thrombus.

De ces orifices, les uns appartiennent aux veines sus-hépatiques. On constale en les ouvrant aux ciseaux que le thrombus qui les occupe n'est pas adhérent et ne se prolonge pas jusqu'aux fines ramifications. É

Cette thrombose sus-hépetique suffit pourtant pour expliquer l’apoplexie hépatique que nous avons notée. D'autres orifices moins nombreux et plus larges sont dus à la présence du néoplasme qui envoie une nappe épaisse au niveau du lobe de Spigel, entre la veine et le foie. Les thrombus qui occupent ces derniers orifices relient la masse de la tumeur au caillot principal de la veine cave. La tumeur elle-même, isolée, est irrégulièrement arrondie ; elle mesure 25 cent. de haut: sur 20 de large. Son poids, après qu’elle a été incisée, vidée de ses liquides et fixée dans l'alcool, est encore de 2 kilogs 2006. Elle est composée de masses encéphaloïdes, blanchâtres et molles, et parsemées de noyaux sanguins, rouges et noirs, très abondants, et dont le volume varie de celui d’une noisette à celui d'un œuf. Elle donne par le raclage un suc lactescent abondant.

Disons, pour compléter l'autopsie, que les fémorales présen-

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tent des plaques d'athérome, que les muscles des jambes sont ædématiés, friables et d'un jaune grisâtre, que la rotule ét les condyles droits présentent un léger bourrelet ostéophytique.

Examen histologique. — La tumeur a été examinée dans ses différentes parties, elle présente à peu près partout la structure du sarcome, un tissu mou, friable, arrosé par des capillaires largement ectasiées. Les rapports des éléments cellulaires avec les éléments conjonctifs varient suivant les points.

Coupe à la partie inférieure de la tumeur. Les cellules sont fusiformes, voluminenses, à gros noyaux, disposées régulièrement par lits parallèles en certains points, dans d’autres les cellules sont étoilées et groupées par tourbillons; les fibrilles intercellulaires sont assez abondantes. Mais, sur la plupart des points, cet arrangement des cellules est détruit par une infiliration abondante de globules rouges. On peut suivre sur les coupes larges tous les degrés de cette hémorrhagie interstitielle. On voit des amas de capillaires considérablement dilatés et dont la paroi est réduite à des lamelles endothéliales. Tout autour se voient des globules épanchés qui forment la plus grande masse du tissu. Un grand nombre de cellules de la tumeur sont sphériques, elles prennent un volume énorme et sont remplies de granulations jaunâtres, de pigment sanguin. Le sang épanché forme, par places, de grands amas cloisonnés par un réticulum formé aux dépens des fibres conjonctives de la tumeur et, dans ces amas, on ne voit que ces grosses cellules jaunâtres, dispersées ; d’autres cellules ont conservé un prolongement et sont en raquette; elles sont également de dimension colossale et rappellent la forme de céllules nerveuses.

Sur d’autres points, les globules infiltrés et les cellules ne se colorent plus, comme si toute la zone avait subi une mortification. Il n’y à pas de vaisseaux à paroi bien développée, mais des fentes lacunaires ; quelques-unes très larges, sont occupées par un bouchon fibrineux qui contient des globules rouges à son centre. On peut voir par places des masses bourgeonnantes des cellules de la paroi pénétrer jusqu'au milieu de ces caillots.

Coupes prises à mi-hauteur de la tumeur. — Sur ces coupes, on distingue bien le revêtement fibreux qui enveloppe la masse ;

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