‹ Le Cancer Primitif des Capsules SurrénalesChapitre 31 sur 34 · FENTE · texte numérisé non relu

FENTE

des cellules du labyrinthe dont on ne peut faire apparaitre le noyau qu'en montant les coupes au baume.

La capsule surrénale du côté gauche présente à noler une légère infiltration ganglionnaire formée par quelques petites tâches disséminées dans les différentes couches de la substance corticale.

L'estomac offre une congestion et une réplétion marquée des vaisseaux de la couche sous-muqueuse.

Sur les voupes dé la veine cave inférieure, au-dessous de la tumeur, on voit que le caillot adhérent à la paroi n'offre pas d'éléments néoplasiques, de même pour la veine cave fémorale remplie par un caillot cruorique, mais sa [unique interne est épaissie et présente en un point un phlébolithe. du volum? d'une petite tête d’épingle. Les artères ont-une lunique interne un peu épaissie et comme feuilletée, les couches les plus internes se délachant avec la plus grande facilité.

OBSERVATION 12 (Résumée,. — Fibrome entbryonnaire de la capsule surrénale droite; obstruction de la veine cave inférieure, par Lancereaux (Traité d'anatomie pathologique, 1889, t. IIT, p. 806).

GC... (Laurent), 56 ans, entre à l'hôpital de la Pitié le 14 mars 1888, pour œdème prononcé des membres inférieurs et une faiblesse générale avec anémie. Pas d'antécédents héréditaires pathologiques. Légère intoxication palustre dans sa jeunesse, une pleurésie à l’âge de 32 ans, épistaxis fréquentes et vomissements de sang, il ya deux ans. On trouve de l'æœdème des jambes considérable et dur, s'arrêtant au pli de l’aine. Veines souscutanées abdominales légèrement dilatées; pas d'ascite, le foie ne paraît pas lésé. Rien au cœur. Signes d'adhérences pleurales. Urines peu abondantes (1 litre), foncées, acides, ne contenant ni sucre, ni albumine. Puis l’æœdème augmente ainsi que la dilatation des veines sous-cutanées abdominales, plus prononcée au-dessous de l'ombilie. On fait alors le diagnostic. d'épithéliome du rein envahissant la veine rénale et la veine cave. Le palper révèle dans le flanc droit la présence d'une. tumeur légèrement bosselée,au moins du volume du poing. Le malade perd l'appétit, maigrit, a des crises d'oppression, des épistaxis,l'œdème gagne le bras droit; il se produit une escharre

Sacrée ; urines hémaphéiques. Mort dans le coma le 21 mai.

Autopsie. — Organes encéphaliques normaux, cœur mou. Poumons comprimés adhérents au thorax.Foie refoulé en haut adhère, par sa face concave, au néoplasme. Il a l'aspect du foie muscade, mais les marbrures rouges sont larges, irrégulières et répondent à des hémorrhagies interstitielles. Rate petite, chagrinée. Rein gauche — 180 grammes, rein droit ne pèse que 125 grammes, peut-être à cause de la compression qu'il a subie, fait corps avec la lumeur grâce aux fausses membranes qui l'englobent. Il peut en être isolé entièrement. Il est refoulé en bas et la veine rénale contient un caillot récent.

Capsule surrénale gauche normale. Capsule droite est le siège d'une tumeur, du volume d'une grosse tête d'enfant, bleuâtre, violacée, très molle, irrégulièrement arrondie, ayant 25 centimètres de haut sur 20 de large. Poids après séjour dans l'alcool: 2 kil. 200. Elle-est composée de masses encéphaloïdes blanchâtres, molles, parsemées de noyaux sanguins, rouges ou noirs el très abondants, d'un volume qui varie depuis celui d'une noiselte à celui d'un œuf. Elle donne par le raclage un suc lactescent abondant.

Examen histologique. — Structure du fibrome embryonnaire. A sa partie inférieure, cellules fusiformes, volumineuses, pourvues de gros noyaux, régulièrement disposées par lits parallèles sur certains points, étoilées et groupées en tourbillons au pourtour des vaisseaux; les fibrilles inter-cellulaires sont assez abondantes. En plusieurs endroits, arrangement cellulaire se trouve détruit par une infiltration de globules rouges qu'il est possible de suivre sur des coupes un peu larges. Tout d'abord, on voit des amas de capillaires dilatés dont la paroi se frouve réduite à la simple couche éndothéliale, puis tout autour sont épanchés quelques globules, Llandis qu'ailleurs, le sang forme de grands amas cloisonnés par un réticulum de fibres conjonctives. Vers son milieu, la tumeur renferme de nombreux globules de sang décoloré, enserrés dans un réseau fibrineux, le tout cloisonné par des travées conjonctives minces, pauvres

* en cellules.

Disposition semblable dans le caillot de la partie supérieure de la veine cave, en continuation avec la tumeur par une veine surrénale. Le foie présente une hyperhémie statique, les reins sont légèrement sclérosés el indurés, l'estomac esthyperhémié.

OBSERVATION 13. — Cancer de la capsule surrénale droite, TUFFIER. — Annales génito-urinaires, 1888. (Etude sur les tumeurs malignes du rein).

Homme de 26 ans, journalier, entré à l'hôpital Cochin le 28 mars 1887, salle : Nélaton, lit no 19, pour se faire soigner une tuméfaction de la fosse iliaque droite. Ce malade n'a aucun antécédent pathologique digne de remarque, ses ascendants ne

‘sont pas néoplasiques.

Le début des accidents qui l’amênent à l’hôpital, remonte à 3 mois. 11 sent d’abord ses forces décroître manifestement, puis son abdomen devenir gros et dur. En palpant par hasard son flanc droit, il y trouve une tumeur du volume du poing, indolente, sans aucun trouble de la santé générale ; il passe outre et continue ses occupations bien que son affaiblissement soit de plus en plus marqué. Trois jours avant son entrée à l'hôpital, il est pris d’une douleur dans l’aine et le genou droit; le lendemain, le membre étäil gonflé; malgré cela, notre homme continue son travail ; mais dans l'après-midi, les douleurs redoublent, il se couche, et le 28, il se décide à entrer à l'hôpital.

On constate alors tous les symptômes d’une phlébile du membre inférieur droit; le ventre est peu déformé, mais la palpation révèle dans la fosse iliaque droite une tumeur remontant jusqu'à l'ombilie, descendant jusqu'à la fosse iliaque et l’arcade crurale, remplissant tout l'hypocondre droit. Elle est dure, bosselée, adhérente aux parties profondes, mate à l& percussion, mais indolente. Les viscères sont sains, l'appareil

urinaire intact, un peu d'albuminurie. M. Néiaton pense à une adénopathie iliaque et conclut à la nécessilé de lextirpation. On fait une incision parallèle à l'arcade crurale, comme pour la ligature de l’iliaque externe ; on enlève quelques morceaux de la masse ganglionnaire. Grâce à l’antiseptie, pas d'accidents immédiats ; mais peu de jours après, issue de matières fécales par la plaie opératoire. En somme, il s'établit là une sorte de fistule stercoro-purulente qui persiste pendant 5 mois, période pendant laquelle le malade s’affaiblit de plus en plus. On sent toujours une masse considérable à ce niveau. Aucun accident du côté des reins, aucune manifestation dans l'appareil urinaire, Mort le 6 août.

que

L'aulopsie permet de constater: 1 une perforalion du cœcum qui donnait lieu à l'écoulement de malières fécales ; 20 un cancer de la capsule surrénale du côté droit, cancer ayant entouré toute la surface du rein de ce côté et dans le rein, très volumineux, 7 ou 8 tumeurs arrondies et isolées les unes des autres, tumeurs variant du volume d’une noisette à celui d’une noix. Les unes encore dures, les autres ramollies. Presque toute la substance corticale a été envahie et, détruite par le néoplasime.

L'examen histologique fait constater la structure alvéolaire des tumeurs.

OBSERVATION 14. — Cancer primitif de la capsule surrénale droite par M. Bérard (Lyon Médical, 1894, page 583).

Femme de 26 ans, ne présentant aucun antécédent héréditaire et très affaiblie. Depuis plusieurs mois elle ressentait des douleurs lancinantes dans le membre supérieur gauche. Le jour de son entrée, le 17 février, elle était en proie à une dyspnée intense. Dans l’aisselle il existait une tuméfaction volumineuse. On constatait sur toute l'étendue du poumon gauche une matité absolue avec diminution des vibralions ; pas d’æœgophonie, pas de pectoriloquie aphone, mais souffle tubaire intense. Le diagnostic porté fut celui-ci: Tumeur maligne intra-thoracique. Comme la malade étaiten proie à de violentes douleurs, on tenta de la soulager en pratiquant une incision, puis une ponction qui furent sans résultat. Elle mourut le 21 février.

Autopsie. — Tumeur occupant Ja face interne des cinq premières côtes à gauche. Trois d'entre elles étaient fracturées, le poumon gauche, au niveau de la tumeur, était alteint de pneumonie purulente avec sclérose. Au niveau du hile du poumon, nombreux ganglions dégénérés englobant les récurrents: cependant on n’avail noté pendant la vie qu'un peu de raucilé de la voix; il n'y avait pas d'autres signes de compression laryngée. À droite, il n'existait plus de traces de la capsule surrénale, laquelle était remplacée par un néoplasme du volume du poing, adhérant au diaphragme et au foie. Le rein droit luimême était indemne. Le rein gauche présentait une pelite fumeur de même nature, le long de son bord concave. Les

autres organes étaient sains. L'examen histolagique à montré que la tumeur de la capsule surrénale était un cancer épithélial. C'est évidemment là la lésion primitive.

OBSERVATION 15. — Sarcome primitif de la capsule surrénale droite avec envahissement secondaire du poumon, par West(Transaclions of the Pathological Society London, 187). ;

Frédérie G..., 57 ans, entre à l'hôpital, pour troubles respiratoires, le 8 octobre. Il a eu un refroidissement, il y a 5 ans et un accès de fièvre plusieurs années auparavant.Six mois avant son entrée à Fhôpital, il jouissait d’une excellente santé. Pendant l'hiver, il eut une bronchite qui persista, augmenta: il maigrit et fut pris de dyspnée et de palpitations. Peu de temps après l'expectoralion devint visqueuse, striée de sang. La quantité de. sang augmenta graduellement et une ou deux foisil rejeta du sang pur. Pendant le mois qui précéda son entrée, son appétit disparut et 1l eut plusieurs syncopes. Il entre pour hémoptisie.

Il se plaint d'une dyspnée violente, d'une douleur intense dans l’aisselle droite. Il a beaucoup maigri et sa faiblesse est telle qu’il peut à peine s'asseoir dans son lit. L'expectoration est pénible, le malade rejette une grande quantité de pus et d'écume visqueuse striée de sang. Température — 3808. Il a de fréquentes insommies. »

A l'examen on trouve hépatisation de la base droite. L'hépatisation du poumon augmente, la température se maintient autour de 3808, l'état général devient de plus en plus mauvais el la mort survient, le 27 octobre, trois semaines après l'entrée.

Autopsie. — A l'ouverture de l'abdomen on voit que le foie déborde sur la ligne médiane en dessous des côtes.

Le poumon gauche, non adhérent, emphysémateux, présente une légère congestion hypostatique à la base. La muqueuse des bronches est congestionnée.

Poumon droit complètement hépatisé. Le lobe supérieur, œdémateux, ne contient pas d'air. Le lobe inférieur présente les signes d’une pneumonie récente. Dans son centre se trouve une cavité remplie d'une substance crémeuse, colorée en jaune, visqueuse, siriée de sang, donnant l'impression d'un sarcome. Celte substance se dissolvait sous un léger courant

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d’eau, et dans sa masse flotlaient des travées arborescentes, évidemment provenant des bronches et des vaisseaux sanguins. Les parois des bronches étaient irrégulièrement érodées, formées de débris de tissu pulmonaire et légèrement pigmentées. Celle masse remplissait toutes les bronches du lobe inférieur, s'étendant aux bronches plus considérables qu'elle oblitérait et contribuant sans doute à rendre Je Jobe supérieur tel qu'il a été décrit.

A l'examen microscopique, celte masse était composée de grandes cellules polymorphes, à gros noyaux, avec beaucoup de débris granuleux et quelques globules dégénérés. Les glandes bronchiques du pédicule du poumon droit étaient agrandies. La section de ces glandes montrait un aspect de crème blanche, striée de rouge, avec des dépôts pigmentaires,

et des ruptures partielles dues à des hémorrhagies. C'élait évidemment un sarcome.

Cœur. — Cavités droites dilatées, remplies de caillots organiques, en partie libres. Les vaälvules et lès parois des vaisseaux sanguins élaient remarquablement pâles et presque transparentes.

Le foie pesait 4 livres 1/2 (livres anglaises), était dur à la section. La vésicule biliaire était très rétractée et conlenait 9 ou 10 gros calculs de cholestérine et un peu de mucus clair.

Rate dure et très hypertrophiée.

Intestins normaux. Quelques grandes veines variqueuses sous le périto ne vésical.

En enlevant le foie, on trouve une grosse tumeur en rapport immédiat avec sa face inférieure et postérieure, mais ne lui adhérant pas, soulevant le péritoine normal. Cette tumeur était de forme ov.le, irrégulièrement lobulée, très molle et presque fluctuante, colorée en rouge, donnant presque l'apparence d’un caillot de sang. Elle était placée contre la parlie supérieure du rein droit et même presque au dessus. Elle était reliée à ce rein par des ligaments lâches, mais sans se confondre ni même, s'unir intimement à lui. La veine cave se trouvait à sa partie antéro-interne et la veine rénale droite suivait sa face inférieure. La lumeur recevait son sang en partie de l'aorte et en parlie de l’artère rénale et ses veines se jetaient dans la veine cave.

Rein un peu gros et pâle, mais semblant normal. Il avait deux uretères cui allaient se réunir à une certaine distance de teur point de départ. Il n'y avait pas de capsule surrénale de ce côté. La capsule surrénale gauche était normale.

Pas de coloration bronzée cependant.

Resserré entre les piliers droits du diaphragme, se trouvait un ganglion lympathique volumineux donnant, à la section, l'aspect des ganglions bronchiques.

L'examen microscopique prouva que la tumeur élait un sarcome. Le point de départ de la tumeur primitive étail évidemment dans la capsule surrénale.

OBSERVATION 16. — Epithélioma de la capsule surrénale droite avec généralisation, par Collinet (Bulletin de la Société anato-

mique de Paris, 1892, page 325).

Jean A..., âgé de 53 ans, peintre en bâtiments, entre à l'hôpilal le 17 mars 1892. Il se plaint d'accès d'oppression et présente un œdème des membres inférieurs Il n'a jamais eu ni coliques de plomb, ni paralysie des membres, ni rhumatisme, et s’est toujours bien porté. Mais depuis six mois il est pris assez fréquemment d'accès d'oppression, 1l à remarqué queses jambes enflaient et que son appétit avait notablement diminué.

L'ædème des membres subissait des variations d'intensité, mais ne disparaissait pas complètement. Cet individu ne-présente pas d’œdème de la face. Les pommettes sont rosées, la peau et les muqueuses ne présentent ni pigmentation, ni teinte spéciale. Les dents sont un peu déchaussées, mais il n'existe pas de liseré saturnin. L’ædème des membres inférieurs est blanc, surtout marqué aux pieds et aux jambes, peu prononcé sur les cuisses. On ne constate pas d'ascile, la rate n’est pas augmentée de volume. Le foie, un peu douloureux, paraît augmenté de volume. On constate seulement la matité et l'absence du murmure vésiculaire dans le quart du poumon droit. Le reste de cet organe et le poumon gauche paraissent sains. Le cœur est normal. Les urines ne contiennent pas de sucre, mais de l’albumine en petite quantité.

Le lendemain de son arrivée à l'hôpital, ce malade, réveillé vers 6 heures du matin, se trouvait très bien, disait à son voi-

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