‹ Le Cancer Primitif des Capsules SurrénalesChapitre 34 sur 34 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1o Le cancer primitif des capsules surrénales est très rare, on en observe à peine dans la science une trentaine de cas authentiques.

2% Il peut se développer à toutes les époques de la vie, on les rencontre même chez de très jeunes enfants. Il est bilatéral dans un tiers des cas, mais cette bilatéralité ne semble pas toujours primitive. Quand la lésion siège d’un seul côté, elle porte dans les deux tiers des cas sur la capsule droite.

Ce cancer n'est point particulier à certaines professions et il est difficile de le rattacher à des causes précises bien qu’on ait invoqué à diverses reprises le traumatisme.

30 La nature du cancer variesuivant la portion de l'organe où il débute. Il peut présenter, soit le type épithélial, soit le type conjonctif. Sa consistance est généra'ement très friable. I contient fréquemment des cellules de nature spéciale, décrites par Stilling

et qui ont de commun.avec les cellules normales des

ADD capsules surrénales, leur propriété de se colorer en brun par les sels de chrome. Cette particularité était évidente dans les préparations bien étudiées par M. le docteur Dor et provenant d’un malade observé dans le service de M. le professeur Poncet.

% Le diagnostic de ces cancers est très äifficile et n’a point encore été posé. On peut cependant distinguer deux formes de tumeur :

L'une, à généralisation rapide, se traduisant par des localisations multiples pouvant siéger dans tous les organes, en particulier à la peau et dans lescentres nerveux, répondant fréquemment à une lésion bilatérale et entrainant, par suite de la multiplicité et du développement des nodules secondaires, un ensemble de symptômes qui masquent ceux de l'affection primitive. Cette forme évolue dans un délai qui varie de quelques semaines à quelques .mois, et se termine toujours par la mort.

La seconde, la plus fréquente, comprend les cancers sans généralisation ou à généralisation lente. La durée moyenne de son évolution est de huit mois. Jusqu'ici son pronostic a toujours été fatal.

Les symptômes auxquels elle donne naissance sont, suivant leur ordre d'apparition : une asthénie profonde et un amaigrissement rapide; une douleur à caractères irréguliers, siègeant dans la région lombaire et s’irradiant à l'épigastre et au thorax; l'apparition d’une tumeur à contours assez nets, pouvant atteindre le volume d’une tête d'enfant, de consistance généralement ferme au début mais

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capable de donner plus tard une sensation de fluctuation par suite de sa structure vasculaire ou de sa transformation granulo-craisseuse. Cette tumeur est située à la partie supérieure de l’un des flancs, faisant saillie à l'épigastre et refoulant le diaphragme dont elle suit parfois les mouvements. Elle est ordinairement assez mobile et produit l'impression de ballottement.

On rencontre, dans cette forme, les différents symptômes dela maladie d'Addison à l'exception de lacoloration bronzée. Son évolutions'accompagne quelquefois d'hypothermie, mais rarement de fiévre. Il y a de la dyspnée, des phénomènes de tachycardie paralytique se traduisant par des palpitations et un pouls rapide, mou, petit, dépressible. Bientôt survient une cachexie profonde spéciale, suivie de coma dans lequel succombent les malades.

5 Les complications auxquelles donne lieu Île cancer sont : d’abord la généralisation constatée 16 fois sur 22 observations, portant sur tous les organes mais en particulier sur Île rein, le poumon, le foie. On rencontre également des thromboses de la veine . cave inférieure, soit par compression, soit par propagation du néoplasme. Il faut citer enfin, mais comme complication plus rare, un certain degré d'altération du rein et l'apparition d'une pneumonie souvent mortelle. y

6o Aucun traitement n'a été essayé jusqu'ici et cependant, d'après les données de la physiologie, dans le cas de lésion unilatérale, l’ablation d’une

capsule surrénale n'’aménerait aucun trouble. D'après Le Dentu on pourrait aborder la tumeur par la voie transpéritonéale. Les ahérences et souvent l’englobement du rein nécessiteraient une néphrectomie concomitante.

EN

En résumé, l’extirpation serait la seule chance de salut si elle se basait sur ‘un diagnostic précis. Elle réussirait peut-être lorsque la tumeur est unilatérale, sans adhérences, mais la coexistence de généralisation, la bilatéralité ou des adhérences multiples . constitueraient des contre-indications formelles.

Le Président de Thèse, PONCET:

Vu :

Le Doyen, EORTET.

Vu ET APPROUVÉ :

Le Recteur, G. COMPAYRE.

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