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capsule surrénale, lantôt les deux à la fois. Ces tumeurs sont ordinairement grisâtres, arrondies, un peu molles et plus ou moins fortement injectées ou piquelées de sang. Dans un cas, rapporté par Calcotl Fox (1), 11 s'était ajouté un fibrome embryonnaire (sarcoie) de la capsule droïte, une thrombose de la veine cave. Le fibrome à cellules fusiformes diffère peu du précédent, si ce n'est par les éléments qui le composent. Il[orme, commecedernier, des tumeurs encéphaloïdes plus où moins molles, fréquemment parsemeées dextravasais sançuins (Ici l’auteur rapporte une observation) (2). La marche de ces tumeurs ressemble à ce qu'elle est partout ailleurs, les dégénérescences graisseuse et colloïde s'y produisent quelquefois avec leurs conséquences, et l'on a vu des À ystes se développer à la suite de ladernière de ces dégénérescences.
Le sarcome mélanique, ou mélano-sarcome, ne fait pas défaut ici. Kussmaull lui a trouvé le volume d'une tête d'homme dans la capsule surrénale du côté droit; une {lrombose développée dans la veine cave inférieure, amena la mort par embolie. Dœderlin en a consigné un fait assez semblable dans sa thèse inaugurale (Erlangen, 1860) : la substance médullaire des capsules surrénales, celle de droite nolamment, était infiltrée de masses mélaniques, tandis que la substance corticale était restée saine; des noyaux de la même allération occupaient le ventre,
() Voir Obs. 18.
(2) Voir Obs. 12.
CN SrE le loie, le rein gauche, la pie-mère. D'un autre côté, Saviotti et Letulle ayant rapporté chacun un cas de fibrome adulte, développé dans les capsules surrézales, toutes les variétés de fibromes ont été rencontrées dans ces organes ».
Reportons-nous maintenant aux observations.
Deux d’entre elles, intitulées sarcomes, renferment un examen histologique assez complet. Ce sont celles de Pilliet (1) et de Fraenkel @). Voici, en résumé, ce que l’on y trouve :
Le premier caractère de ces tumeurs est leur consistance molle et friable. Elles sont très vasculaires et présentent une infiltration considérable de globules rouges qui détruit tout arrangement cellulaire. On y voit des vaisseaux de toutes formes et de tous calibres, les uns complétement développés, les autres limités par un simple endothélium. On constate même des lacunes sans membrane propre.
Les cellules sont fusiformes, volumineuses, à gros noyaux, en général groupées irrégulièrement (Pilliet). Fraenkel décrit des cellules également volumineuses et à gros noyaux, et sur des coupes, traitées par le liquide de Müller, ces cellules contiennent un pigment brunâtre.
Dans les deux observations, on note qu’en certains points il existe une couronne complète de ces cellules, éntourant une masse sanguine et lui formant en quelque sorte une paroi. En d’autres points, on voit de grosses cellules, semblables à des cellules
(1-2, Voir Obs. 11 et 5.
AQU géantes, de forme irrégulière, infiltrées de granulations jaunâtres. Entre elles apparaissent des fibres inter-cellulaires assez abondantes.
Telles sont les descriptions variées que l’on a faites des sarcômes. I nous reste maintenant à passer en revue les Opinions émises à propos des tumeurs épithéliales.
Je mettrai en première ligne l'avis de Lancereaux : « L'épithélioma primitif des capsules surrénales, dit-11, pour être peu connu, n’a pas 101ns été observé un certain nombre de fois. 1] occupe un seul organe, rarementles deux ensemble,et se montresous la forme de tumeurs {ermes, plus ou moins irrégulières, grisätres, d'un volume variable, pouvant avoir Jusqu'à 6 el 8 centimètres dans leur plus plus grand diamètre.Situées immédiatement au-dessusdesreins “qu'elles compriment et refoulent dans quelques cas, ces tumeurs ont été parois confondues avec des lésions de ces organes, el s'il est facile de les diférencier après la mort, la chose est plus difficile pendant la vie. Elles ont élé rarement soumises à un examen histologique approfondi, en sorte que leur struclure n'est pas très bien connue; mais tout porte à croire qu'elles sont constiluées par les éléments épithéliaux des capsules surrénales, envahis-
sant le tissu conjonctif interstitiel et gagnant les ganglions lymphaliques. Dans un cas, rapporté par Haussmann(1), les nodosités,après durcissementdans le liquide de Müller, apparaissent formées d'innom-
(1) Voir Obs. 7.
RS) EX brables cellules à protoplasma finement granuleux, contenant de 1 à 8 jroS noyaux, très Serrées les unes contre les autres. offrant les calibres et les formes les plus variées (ovales, rondes, piriformes, coudées), et séparées par un stroma ConjonCtif. »
La forme épithéliale, d’après Albarran, serait celle que l’on rencontrerait dans les tumeurs des reins provenant des noyaux surrénaux accessoires. Voici les caractères que leur assigne cet auteur :
Ce seraient surtout des épithéliomes à cellules claires, à structure alvéolaire, constituées en réalité par des cordons pleins de cellules épithéliales, séparés les uns des autres par des capillaires dont la paroi est en contact immédiat ou presque immédiat avec ces cellules. Celles-ci contiendraient de la graisse, et l’éther leur donnerait un caractère vésiculeux ; on y trouverait aussi du glycogène. A côté, on rencontre des cellules géantes et des cellules médullaires caractéristiques en ce qu’elles sont teintées en brun par les sels de chrome (Stilling).
Si l’on cherche à se rendre compte, par la lecture des observations, de la structure des néoplasmes décrits comme épithéliomes ou carcinomes, on y retrouve les cellules formant des tubes, généralement polymorphes et surtout polyédriques, dont le protoplasma renferme de grosses granulations pigmentaires et parfois plusieurs noyaux de forme arrondie. Beaucoup d’entre elles ont subi la dégénérescence graisseuse et l’on trouve des points où toute structure caractéristique a disparu.
Lorsqu'il s'agit de carcinomes, on voit encore ces
Ne) cellules accompagnées de cellules géantes, mais ici il y a de véritables alvéoles formées detissu fibreux.
Maintenant que nous avons pu nous faire une idée de ce que l'on a appelé sarcomes et épithéliomes, il nous est possible de reconnaître que ces derniers seuls présentent des caractères à peu prés constants et sur lesquels on est d'accord.
Si ce qu'on a désigné sous le nom de sarcomes affecte les formes les plus variées, cela tient peutêtre à ce que cette dénomination n’a pas toujours été prise dans un même sens. Pour les uns elle s’applique aux tumeurs franchement conjonctives, pour les autres elle désigne des formes embryonnaires que l'Ecole lyonnaise a démontrées être souvent de nature épithéliale.
Auquel de ces types appartient le cancer à la suite duquel a succombé le malade qui se trouvait dans le service de M. le professeur Poncet?
L'examen des préparations, fait par M. le Dr Dor, est en faveur de sa structure épithéliale. La présence de cellules polymorphes, possédant des caractères propres aux capsules surrénales, la constatation dans leur protoplasma d’une substance réfringente spéciale, la rareté du tissu conjonctif, font songer à un épithélioma.
M. Dor, ayant eu l’occasion d'étudier antérieurement la structure d'un autre cancer de même
origine et ayant constaté qu'il présentait des diffé-
rences notables avec celui que nous avons observé ensemble, émet l'idée que, peut-être, il y aurait dans
Hodius ces organes deux sortes d’épithéliomas répondant : l'un aux cellules corticales, l’autre aux cellules médullaires.
Il faudrait peut-être aussi songer, en présence de généralisations dans les centres nerveux, à la possibilité de tumeurs de constitution spéciale. Weichselbaum (1) a, du reste, observé un névrome surrénal chez un homme de 76 ans.
Macroscopiquement, ces néoplasmes se présentent sous la forme de masses plus ou moins volumineuses, pouvant atteindre les dimensions d'une tète d'enfant, régulièrement ovoïdes ou légèrement bosselées. Leur coloration change suivant la quantité de vaisseaux qu'ils renferment et peut varier du blanc jaunâtre au violet foncé. Leur consistance est ordinairement très molle, 'et elles donnent de bonne heure une véritable sensation de fluctuation.
Si l’on en fait des coupes, il est fréquent de les trouver formées de deux parties : d’un noyau central de couleur blanchâtre et d'une enveloppe assez épaisse. Cet aspect se retrouve en particulier dans les tumeurs franchement épithéliales et, dans ce cas, la portion périphérique présente encore une structure assez régulière, tandis que la portion centrale est envahie par une dégénérescence granulograisseuse plus ou moins complète.
Que se passe-t-il du côté des autres organes ?
(1) WEICHSELBAUM. — Archiv. f. path. Anat. und Physiol. Berlin, 1881, t5me LXXXV, page 554.