ACTE II, SCÈNE XIII
lire dans Heraani, et j'aurais voulu être Lara I J'exècre toutes les lâchetés contemporaines, Tordinaire de Texistence, et rignominie des bonheurs faciles! L'amour qui a fait vibrer la grande lyre des maîtres gonfle mon cœur. Je ne vous sépare pas, dans ma pensée, de tout ce qu'il y a de plus beau; et le reste du monde, au loin, me paraît une dépendance de votre personne. Ces arbres sont faits pour se balancer sur votre tête, la nuit pour vous recouvrir, les étoiles qui rayonnent doucement comme vos yeux, pour vous regarder!
MADAME ROUSSELIN
La littérature vous emporte, monsieur! Quelle confiance une femme peut-elle accorder à un homme qui ne sait pas retenir ses métaphores, ou sa passion? Je crois la vôtre sincère, pourtant. Mais vous êtes jeune, et vous ignorez trop ce qui est l'indispensable. D'autres, à ma place, auraient pris pour une injure la vivacité de vos sentiments. Il faudrait au moins promettre...
JULIEN
Voilà que vous tremblez aussi. Je le savais bien ! On ne repousse pas un tel amour!
MADAME ROCSSELM.
Ma hardiesse à vous écouter m'étonne moi-même. Les gens d'ici sont méchants, monsieur. La moindre étourderie peut nous perdre!.. Le scandale...
îm LE CANDIDAT.
JULIEN
Ne craignez rien ! Ma bouche se taira, mes yeux se détourneront, j'aurai Tair indifférent; et si je me présente ciiez vous...
MADAME ROUSSELIN
Mais, mon mari... monsieur.
JULIEN
Ne me parlez pas de cet homme 1
MADAME RODSSELIN.
Je dois le défendre.
JULIEN
C'est ce que j'ai fait, — par amour pour vousl
MADAME ROUSSELIN
Il l'apprendra; et vous n'aurez pas à vous repentir de votre générosité.
JULIEN
Laissez-moi me mettre à vos genoux, afin que je vous contemple de plus près. J'exécuterai, madame, tout ce qu'il vous plaira! et valeureusement, n'en doutez pas; me voilà devenu fort! Je voudrais épandre sur vos jours, avec les ivresses de la terre, tous les enchantements de l'Art, toutes les bénédictions du Ciel...
BIISS ARA BELLE, cachée derrière un arbre.
J'en étais sûrel