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CHAPITRE XX

Peu de jours après la conversation que nous venons de raconter, MM. Malony , O'Reilly et O'Leary , ainsi qu'une douzaine d'amis et de partisans , se précipitèrent dans le salon de lady Anne , en criant : Bonnes nojuvelles !

— im —

bonnes nouvelles ! La conlestalion est pour ainsi dire terminée. La baronnie de — , oiise trouvent les forces principales de M. Archer, sera fermée dans une heure. Ses hommes ont été chassés par la populace. On n'a pu recueillir aujourd'hui que dix suffrages. Ainsi , tout sera fini vers quatre heures. Nous les surveillons de près. Dans la crainte qu'ils n'aient recours à d'aulres baronnies , nous avons laissé plusieurs de nos partisans chargés de faire du bruit pour retarder les opérations. Un exprès vient d'être envoyé à M. Wilmot , afin de l'empêcher d'expédier d'autres hommes.

Que de poignées de mains ! que de félicitations adressées au jeune vicomte après l'annonce de cette nouvelle ! Il se reposait alors de ses fatigues électorales , assis auprès de la douce Isabelle. Avec quelle amabilité sa bellemère témoignait sa reconnaissance ! quel

charmant sourire sur les lèvres de sa jolie maîtresse! comme elle paraissait heureuse et fière ! En un mot , la joie se peignait sur tous les visages. Des cris de triomphe et de plaisir retentissaient dans la maison. Que de bruit , de causeries , de gestes ! que d'éclats de rires bruyans ! Rien ne peut se comparer aux transports des électeurs irlandais après la victoire.

Une heure fut bientôt passée de la sorte , quand Malony s'écria tout à coup :

— Voila le père John qui arrive ! Je l'avais laissé la-bas, avec ordre de m'avertir aussitôt que la discussion serait fermée. Hurra !

Dans son impatience , il se précipita vers la porte pour demander tous les détails.

— A quelle heure a eu lieu la clôture ? lui cria-l-il de loin

— lo2 —

— Ce n'est pas fini , répondit l'autre.

— Que dites-vous , père John ?

— Que cela dure encore !

— Encore ! répéta le questionneur consterne. — Que voulez-vous dire?

—Vraiment , monsieur Malony , je dis ce qui est. Lord Templemore nous avait promis des hommes pour compenser ceux qu'il a donnés a M . Archer : ce son t ceux-là mêmes qui on t empêché la clôture; ils ont, en outre, pour demain , 200 hommes qui se sont introduits a i'improviste , au moment où personne ne les surveillait , croyant que la nomination était faite.

Comment dépeindre la fureur et la consternation de M. Malony et de son parti , en voyant s'évanouii' les belles espérances dont ils se réjouissaient avec tant de bonheur.

— Le monstre ! s'écria Malony frappant du pied. Il faut de suite le provoquer en duel, milord,

— Oui , oui , certainement ! On ne peut pas faire autrement , répétèrent tous les hommes qui se trouvaient là , oubliant dans leur zèle que ces dames étaient présentes. M. Malony sentit qu'on lui prenait le bras avec violence.

— Avez - vous donc envie de le tuer , monsieur Malony? Répondez, répondez! demanda Isabelle tremblante comme la feuille.

— Non , répondit-il tranquillement , mais je veux qu'il soit nommé.

— J'aimerais mieux qu'il ne le fut jamais , dit-elle se tordant les mains , que de lui voir courir le moindre danger.

— Mon Dieu ! miss Wilmot , vous m'éton-

nez ! Comment une fille d'esprit peut -elle parler ainsi j il n'est pas de verre assurément; il faut bien qu'il fasse comme tout le monde. Suivez mon conseil , allez rejoindre votre mère et laissez-nous arranger nos afifaires d'une manière convenable. Vous n'êtes pas ici h votre place : voyons , partez et soyez raisonnable.

■ — Non , répliqua - 1- elle , je ne bougerai pas! je ne vous permettrai pas de l'assassiner !

— De l'assassiner! répéta Malony très offensé. Ce n'est pas ainsi que vous devriez parler a un des amis les plus sincères de votre père , et , par cette raison, peut-être le plus chaud partisan de lord Warrington. L'assassiner , vraiment !

— Oh ! je suis trop malheureuse pour savoir ce que je dis, Isabelle se jeta sur le pre-

mier siège venu , et sa physionomie exprimait en effet le plus affreux chagrin.

jM. Malony , qui voyait couler avec plus de philosophie le sang d'un homme que les pleurs d'une femme , se radoucit bientôt.

— Je n'ai proposé le duel que dans son intérêt , Dieu le sait ! Puisque c'est a moi-même que lord Tenplemore a fait la promesse , c'est plutôt à moi a lui demander satisfaction. Ainsi une poignée de main, et ne dites jamais que j'ai envie de l'assassiner ! ajouta-t-il en souriant de la manière la plus aimable.

— Pourquoi faut-il que l'un ou l'autre se batte? à quoi cela sert-il ? Le mal est fait I impossible d'y remédier, dit Isabelle ; ne vous en inquiétez plus : il y a quelque chose de si affreux et de si sauvage dans ces duels !

— Vous ! la fille de votre père , vous avez

peur de pistolets! mais bientôt vous ferez honte h votre pays ! Je suis charmé , vraiment, que vous alliez vivre au- milieu de ces pacifiques Anglais.

Malony se retira peu de temps après avec ces messieurs , laissant le vicomte auprès de sa charmante maîtresse, qui jamais ne lui parut plus douce et plus intéressante. Faut-il l'attribuer à ses manières caressantes, k cette tête qu'elle appuyait sur son épaule en murmurant son nom avec déhces , ou bien à l'aversion toute féminine qu'elle manifestait pour le duel ?

Suivons maintenant les mouvemens de Malony et de ses belliqueux compagnons. On décida qu'il fallait faire une seconde visite a lord Templemore; M. Mac Carthy fut chargé, au nom de M. ]Malony, de lui reprocher sa conduite déloyale.

Le noble tomte soutint qu'il avait rempli sa promesse.

— Oui, milord, mais de manière à nous faire plus de mal que de bien : sans vous , la contestation serait terminée , répliqua M. Mac Cartby.

— Ne connaissant pas la politique de votre cbambre , je ne devais pas supposer que je nuirais à votre cause en vous envoyant quarante votes de plus , répondit le comte.

M. IMac Carthy sourit comme un bomme incrédule.

— Tout le monde savait , milord , que nous tenions à fermer le scrutin de ce bourg. Pouvez-vous signer que vous étiez seul à l'ignorer dans la ville , et que vous n'avez pas eu de conversation avec M. Arcber r ce sujet ?

— Ma parole suffit , monsieur , je pense.

— Non pas cette fois , milord , pour M. Malony, reprit Mac Carthy.

— Je ne donnerai certaincir.cnt pas d'antre pièce justificative , répondit le comte rouge de colère.

— Dans ce cas, milord, je suis chargé par M. Malony de vous demander satisfaction , pour une insulte qu'il regarde comme personnelle.

— J'ai tenu ma promesse , répéta de nouveau lord Templemore. 11 ne me convient pas d'avoir une afifaire avec M. Malony , parce qu'il est de mauvaise humeur j ma vie est trop précieuse à ma famille pour que j'aille l'exposer légèrement avec ce jeune étourdi.

— C'est la \otre réponse , milord?

— C'est la ma réponse , monsieur Mac Carthy.

— Je crains , milord , que Malony ne la trouve pas satisfaisante , et qu'il ne se croie obligé de vous faire connaître d'une manière désagréable quelle est son opinion sur votre conduite.

— M. Malony fera bien de songer à quoi il s'expose devant la loi , dit lord Templemore en sonnant un domestique.

Sa seigneurie se rappelait a l'instant que sa présence était absolument nécessaire à Pleasant-Mount ; mais, en montant dans sa voiture quelques heures après sa conversation avec M. Mac Carthy, elle sentit un petit coup de fouet sur les épaules. Quel fut son étonnement en voyant Malony !

— IGO —

— Je ne veux pas frapper de nouveau , milord , parce que vous êtes beaucoup plus âgé que moi , et que je n'ai pas l'intention de vous faire mal ; je veux seulement vous dégrader, c'est ainsi qu'on agit envers l'homme qui vous offense en secret , et refuse de vous donner satisfaction. — Maintenant , sachezle tous , continua-t-il s'adressant à la foule oisive qui entourait la voiture , et a ceux qui passaient dans la rue j sachez que j'ai donné un coup de fouet à lord Templemore. Puis il s'éloigna en sifilant et en faisant claquer son fouet.

— On ne parla bientôt plus dans toute la ville que du combat devenu inévitable entre Malony et lord Templemore si cruellement insulté. Les autorités heureusement vinrent les séparer, et les obligèrent à rester tranquilles en les menaçant d'une amende de 1 ,000 livres sterlings chacun. C'est ainsi que

tout fut arrangé au grand regret de ceux qui n'étaient pas intéressés dans l'afiaire.

Nous aurions bien voulu que la défection de lord Templemore n'eût fait de tort qu'a lui-même , mais non seulement elle empêcha la discussion de se fermer dans un endroit , selon les désirs du parti Warrington , mais elle termina le combat là oîi l'on aurait voulu le prolonger.

Les partisans de Warrington , persuadés

comme nous l'avions dit, que la Aictoire avait

prononcé en sa faveur, négligèrent de se

procurer le nombre de gens nécessaires pour

se soutenir dans la grande baronnie de , où

se concentraient les intérêts les plusinfluens

du château de Wilmot -, la discussion une

fois fermée dans cet endroit , plus d'espoir,

car ils perdraient deux mille votes. Ce fut

au tour de leurs ennemis de rire et de plai- II. il

santer , en voyant leurs figures tristes et alongées.

— N'importe , nous n'avons pas perdu tout espoir, dit Malony, qui dînait avec lady Anne et plusieurs de ses amis. Donnez-moi un bon cheval , et je pars cette nuit pour le château de W'ilmotj j'arriverai demain au point du jour, et reviendrai avec assez de monde pour prendre la ville d'assaut, si cela nous convient.

M. Malony tint sa promesse j il reparut le lendemain de bonne heure , suivi par une centaine d'hommes triomphans, la musique en tête , des branches de lauriers au chapeau, criant :

— Vive Derry Monogaslogh !

Ils empêchèrent la discussion de se fermer et formèrent une majorité si imposante que

M. Archer abandonna ses prétentions. Le vicomte de Warrington et M. Fitzgerald furent proclamés représentans du comté de...., par le grand shérif.

CHAPITOX XXI.

Nos. lecteurs ne sont-ils pas aussi fatigués du bruit et de la confusion d'une élection en Irlande , que le vicomte lui-même ? Nous en sommes trop convaincus pour ne pas les dispenser du tumulte occasioné par le triom-

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phe. C'est à regret cependant ; nous aurions du plaisir a représenter le peuple irlandais se livrant a la joie , aux manifestations de dévouement, aux acclamations énergiques que lui inspire le candidat de son choix. Rien n'est plus caractéristique j les fenêtres encombrées de femmes, la plupart jeunes et jolies, toutes de bonne humeur (ce jour-la du moins), agitant leurs mouchoirs , avides d'un regard du candidat qui , traîné sur les épaules du peuple, s'épuise en gracieux salutsj ses amis le suivent, portant des bannières, et tout ce qui l'environne répète son nom qui résonne au loin dans les airs. Est-il possible d'en vouloir à l'homme qui se livre à tout l'enivrement de la vanité flattée, dans une situation pareille, surtout en Irlande, oii Tamour de la popularité est porté au dernier excès !

La journée se termina par un grand dîner,.

oflfert au nouvel élu par ses amis et ses partisans. Le vin et les discours n'y furent pas épargnés. Le vicomte rendit la politesse le jour suivant , en donnant un bal et un souper, voulant surtout remercier les femmes de son parti. Comment dépeindre la gaieté de ce bal! Tous les officiers de dragons, parmi lesquels on remarquait deux beaux capitaines, y furent engagés ; c'était un coup de fortune pour lequel les femmes devaient remercier jM. Archer. C'est lui qui avait eu recours à deux régimens de cavaliers, pour chasser les mauvaises têtes du château de Wilmot ; les capitaines de dragons étant fort rares dans la ville de C. (parce qu'ils n'y viennent jamais en garnison), ils attirèrent l'attention des plus jolies femmes du bal. M. Malony, M. Mac Carthy, et plusieurs autres jeunes gens riches et de bonne humeur, contribuaient encore k rendre la soirée des plus agréables, sans parler du jeune député

si galanl el si poli. Venait ensuite ladyAnni;, douce et souple comme à l'ordinaire, et Isabelle , légère comme une sylphide , sa physionomie rayonnante de bonheur, de ce bonheur d'aimer et d'être aimée. Sa vanité flattée l'embellissait encore , peut-être : son amant excitait l'admiration générale j c'était un homme populaire à qui tout le monde voulait plaire, dans peu de jours elle serait sa femme, — vicomtesse. — Heureuse! heureuse Isabelle l

— Je ne l'ai jamais vue si belle 1 dit WarriûgtoQ en s'adressant à sa belle-mère, avec une chaleur presque irlandaise.

— Je la trouve comme à l'ordinaire j je n'y vois aucune différence, répondit-elle nonchalamment.

Cette réponse parut extraordinaire à ceux

t{ui l'entendirent : ils ne connaissaient pas a fond, comme nous, le caractère de lady Anne.

— Où est miss Wilmot, ce soir? J'espère qu'elle n'est pas malade , demandèrent plusieurs personnes,

— Non ! Dieu merci , mais elle a préféré tenir compagnie à un ami souffrant.

Puis lady Anne toussa , sourit , et affecta de changer de conversation. Chacun savait dép. ou devina de suite que l'ami ne pouvait être que M. Barham, et que c'était chose fort significative. Lady Anne observait trop les convenances pour laisser sa fille presque seule avec un jeune homme, et Marie n'était pas de force à sacrifier un bal a son meilleur ami. La nouvelle du mariage de M. Barham et de

miss Wilmot circula dans le salon j les uns, voulant donner plus de poids a leurs paroles , assurèrent que M. Barham avait lui-même avoué ses projets ; d'autres citèrent lady Anne pour leur autorité ; d'autres prétendirent le savoir de Marie ; ainsi rien n'était plus certain. La mère fut accablée de félicitations, mais elle se contentait d'assurer ses amis bienveillans qu'ils se trompaient, que ce bruit était complètement faux.

— Voyons, lady Anne , pourquoi vous en défendre ? dit Malony , avec moi surtout. Il y a long- temps que je me suis aperçu de ce qui se passe; je vous fais mon compliment : Barham est un brave garçon , très capable de rendre une femme heureuse , un fameux tireur , un cavalier infatigable , qui vous alonge un soufflet aussi facilement qu'il avale un verre d'eau. Je vous fais mon compliment sincère ! Quand les mariez-vous ?

— Nous n'avons pas encore fixé le jour! répliqua lady Anne en souriant.

Veuillez, lecteur, nous permettre de terminer le chapitre avec le bal.

CBAPXTBX XXXX.

Maintenant qu'il nous reste quelques momens de loisir, ne serait-il pas charitable de nous occuper de notre jeune étourdi de blessé? Qu'est-il devenu depuis si longtemps?

Comme il revenait de la mairie avec M. Malony, le jour mémorable du duel, lady Amie le rencontra et le décida à revenir chez elle, lui promettant beaucoup de plaisir au dîner d'électeurs qui devait avoir lieu ce jour-là.

Lui et son antagoniste surpassèrent tous les autres en accès de gaieté bruyante , car ils étaient les meilleurs amis du monde. M. Barham , par malheur , revint plus souvent que de coutume aux verres de Champagne (n'étant pas habitué comme les Irlandais à avoir la tête rompue), cet extra lui causa le lendemain une fièvre brûlante ; dans son délire , il ne parlait que de pistolets et de folies; bientôt il fallut avoir recours aux bras robustes de Pat Murphy et de Barly Rilfoy pour l'empêcher de se jeter par la fenêtre. Lady Anne le soigna pendant sa maladie avec toute la tendresse d'un^

mère; le veilla la nuit , ne permit à personne autre de retourner son oreiller ou de lui présenter ses tisanes. Rien de tout cela n'échappa aux regards de la société , et tout le monde fut en admiration des soins que Marie prodiguait aussi au jeune convive. Dès qu'il put être transporté dans un salon qu'on lui prépara près de sa chambre, l'attentive Marie venait toujours lui conter de petites histoires amusantes pour charmer les ennuis de la convalescence, sans paraître s'inquiéter de tout ce qui se passait autour d'elle , ne quittant son malade que pour se promener un instant. M. Barham , pour la première fois depuis sa maladie , vint le lendemain du bal s'asseoir au déjeuner de famille. Lord Warrington et Isabelle se retirèrent bientôt : ils avaient encore tant de choses à se dire avant le départ projeté de sa seigneurie avec M. Wilmot. Il se rendait k Londres pour s'occuper des préparatifs nécessaires à la ré-

ceptiou de sa fiancée , celle-ci devant le rejoindre plus tard avec sa mère et sa sœur. M. Wilmot, qui venait d'arriver, quitta la chambre pour aller causer avec Pat Murphy, et lui demander le récit détaillé de ce qui s'était passé aux élections. Ainsi , lady Anne et Marie se trouvèrent seules avec leur ami convalescent.

— Voilà qui est donc fini, élections et triomphes; et je n'ai rien vu moi, qui ne dormais pas depuis huit jours en pensant aux plaisirs qui m'attendaient ; — et je n'ai rien vu! — N'est-ce pas bien désagréable? demanda Barham d'un air mécontent, quoique de bonne humeur. — Marie et sa mère trouvèrent aussi que cela était très malheureux. — Je pensais tout à l'heure, miss Wilmot, comme c'est drôle que vous ayez deviné la seconde aventure du duel; n'est-ce pas bien singulier? Vous avez dû bien rire, en appre-

nant que j'étais blessé. Je suis désolé de n'avoir pas retardé l'afi'aire de quelques jours, j'aurais au moins pris ma part des plaisirs , mais j'étais si en colère , voyez-vous, que cela ne m'est pas venu à l'esprit. — J'ai oublié, miss Wilmot, votre prédiction sur ma troisième aventure en Irlande.

— Votre mariage , je crois , répondit Marie avec indifférence.

— Oh ! oui , je m'en souviens ; cette fois , la prédiction ne sera pas aussi juste, car je ne suis pas encore marié , et il n'est pas probable que je le sois pendant le peu de jours que je resterai en Irlande.

— Allez-vous donc nous quitter sitôt? demanda lady Anne , toute découragée par ces dernières paroles. Je pensais que vous nous auriez accompagnés dans notre voyage.

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