‹ Le cantique des cantiques avec traduction spéciale sur l'Hébreu et commentariesChapitre 21 sur 90 · L’'Écriture sainte · texte numérisé non relu

L’'Écriture sainte

L’objet au moins principal du saint Cantique est, dans le sens le plus. général, l'union de Dieu avec notre pauvre humanité; dans un sens spécial, transitoire et figuratif, l'union de Dieu avec le peuple d'Israël : qu'il appelait son peuple; dans un sens propre qui est le plus éminent, . l'union du Verbe divin avec la Vierge Marie par l’Incarnation ; dans un sens spécial mais mcomplet, l’union de Jésus-Christ avec le genre humain « par le même mystère, enfin dans le sens propre, permanent et complet, « union de Jésus-Christ avec l’Eglise par son divin Esprit, et, par là même, avec les âmes fidèles, à proporüon de leur perfection, et principalement » avec la plus parfaite de toutes, la très sainte Vierge, non plus précisément à raison de sa dignité de mère de Dieu, mais à raison de sa. sainteté. | | | 4 Tel est, selon la tradition, le sens de l’union nubptiale dont les vicissi- … tudes remplissent le Cantique des Cantiques. : ARS de É

Or, l’union de Jésus-Christ avec l’Eglise nous est clairement présentée, dans l’Ecriture comme une union nuptiale. En exposant plus haut la tra-. dition des Juifs sur le sens du Cantique, nous avons montré par quelques « traits, pris au milieu de tant d’autres de l’Ancien Testament, que Dieu. traitait son peuple comme une épouse. Mais tout était figure dans ce peuple, et sa gloire était de présenter à l’avance, l’image et comme la première esquisse PEglise. Ecoutons le prophète Osée annonçant la substitution future de la réalité à la figure, de l'Eglise à, l’ancien peuple, et la « conversion des Gentils : « Alors, je vous épouserai pour toujours..., je, vous rendrai mon épouse par une inviolable fidélité. Je dirai à celui que : J'appelais non mon peuple : Vous êtes mon peuple, et il me dira : Vous êtes mon Dieu (1). » | | | }

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Aussi, dès les premières lueurs de l'Evangile, voyons-nous le saint Pré-« curseur se plaire à donner au Sauveur le nom d’époux (de l'Eglise), et à w

(4) Os., 11, 49, 20, 23,

ignorez le jour et l’heure (9). »

réjouissent, « parce que les noces de Agneau sont venues, et que son épouse s’y est préparée (10). » Cette épouse est l'Eglise à qui«ila été donné

SUR LE CANTIQUE DES CANTIQUES D prendre par lui-même celui d’amis de l'époux (1). Notre-Seigñeur poursuit la même idée, quand il fait découler de ce premier titre d’époux, le bonheur et la joie qu’il répand dans ses premiers disciples. Il répond aux pharisiens et aux disciples de Jean, que ses propres disciples ne peuvent jeüner, tandis que l’époux, c’est-à-dire lui-même, est avec eux; mais que quand sa présence sensible leur sera retirée, alors sera venu pour eux le temps de jeûner (2). | He S. Paul entre à fond dans la voie ouverte par le saint Précurseur et par le divin Sauveur. Il nous dit que « Jésus-Christ a aimé l'Eglise, et s’est livré pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant dans l’eau du baptême par la parole de vie (3). » Mais (ce qui vient à notre sujet) c’est que Jésus-Christ a aimé l'Eglise comme une épouse. En effet, S. Paul veut que les femmes soient soumises à leurs maris, comme l'Eglise l’est à Jésus-Christ, « parce que le mari est le chef de la femme, comme Jésus-Christ est le chef de l'Eglise qui est son corps... » il veut que « les maris aiment leurs femmes, comme Jésus a aimé l'Eglise, comme leurs propres corps (4). C’est pourquoi l’homme abandonnera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme. Ge sacrement est grand, je dis en Jésus-Christ et dans l'Eglise (5). » | Ce que S. Paul dit ici de l'Eglise universelle, il le dit ailleurs de l'Eglise de Corinthe, car il écrit aux Corinthiens : « Je vous ai fiancés à cet unique époux, qui est le Christ, pour vous présenter à lui, comme une vierge chaste (6), sans tache (7). » Enfin le même apôtre insinue clairement que tous les fidèles sont à l’égard de Jésus-Christ, comme l’Eglise ellemême, et comme les femmes à l'égard de leurs maris, « parce que, ditil, nous sommes les membres de son corps, de sa chair et de ses os (8). »

Jésus-Christ montre l'Eglise comme son épouse proprement dite, et les âmes fidèles comme les amies de l’épouse, dans le moment le plus solennel, celui où letemps se perd dans l’éternité, et où se fixe le bonheur éternel des élus. C’est dans la parabole des dix vierges, d’où il tire la leçon la plus importante : Quand l’époux vint, les cinq vierges sages «qui 4 étaient prêtes, entrèrent avec lui dans la salle des noces (le ciel). Enüin, les autres vinrent aussi, disant : Seigneur, Seigneur, ouvrez-nous. Mais | il leur répondit. Je ne vous connais point. Veillez donc, parce que vous

L’Apocalypse dévoile un peu ce qui se passe dans cette salle des noces éternelles : après la ruine des ennemis de l'Eglise, les saints de la terre se

de se revêtir d’un fin lin, d’une blancheur éclatante, » qui désigne « la

(1) Joan., 111, 29.

(2) Matth., 1x, 45; Marc, 11, 49; Luc, v, 34-35. (3) Eph., v, 25-26.

VADIOOT.i-XT.. 2e (7)-Eph:, v, 27.

(9) Matih., xxv, 1-13.

(10) Apoc., xix, 7.

46 ETUDE FER EE Mi - justice » ou les bonnes œuvres « des saints (1). »L’ange dit alors : « Heureux ceux qui sont appelés au festin des noces de l’Agneau (2). » Cette Eglise est la cité sainte, cette nouvelle Jérusalem, qui venait de Dieu, et que S. Jean vit bientôt descendre, parée comme une épouse l’est pour son époux (3). Le festin annoncé vient enfin tout terminer. « L’époux et l’épouse disent : Venez. Que celui qui écoute, dise : Venez. Que celui qui a soif, vienne ; et que celui qui le désire, reçoive gratuitement l’eau de la vie éternelle (4). » | ï

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