Car l'hiver est déjà passé, la
pluie à cessé, elle a disparu.
12. Les fleurs se sont montrées sur notre terre, la saison d’émonder
est venue ; la voix de la tourterelle a été entendue dans notre terre ;
13. Le figuier a poussé ses preaniers fruits, les vignes en fleur ont.
répandu leur parfum. Levez-vous, mon amie, ma toute belle, et venez;
Auteur des lois de la nature, c’est peu pour lui que de les renverser, quand il lui plaît.
Mais il est d’autres lois plus immuables, ce P ;
sont celles que Dieu porte en sa propre essence. Eternel, infini et saint, comment s’alliera-t-il à un être d’un jour, que le néant presse de toutes parts et surtout que le venin du péché a infecté jusqu’à la moëlle des os.
Surmonter cet obstacle et en triompher, c’est le chef-d'œuvre de sa puissance, de sa sagesse et de son amour. Mais l’amour est le poids de son cœur, et comme rien ne résiste à Dieu, Dieu ne résiste point à l'amour. Cette force victorieuse nous est dépeinte par l'impétuosité qui le transporte, en un moment, du sein du Père, dans le sein d’une femme, de l'infini de la grandeur, dans l'infini de la bassesse. Mais non; ce n’est encore que le premier pas de cette course rapide. Il en fait un second quand il descend dans la crèche, un troisième de la crèche au Calvaire, un quatrième du Calvaire au sépulcre, et un cinquième, le plus merveilleux de tous, quand du sépulcre neuf, vierge et taillé dans le roc pur, il descend dans la poitrine du pécheur.
Que vos sorties sont admirables, Ô Roi d'amour ! Que vos voies sont impénétrables!| Je les révère et je les loue, sans chercher à les comprendre. Vous voilà donc, Ô Verbe incarné, Fils consubstantiel de Dieu le Père, frappant à la porte de ce cœur que vous avez aimé avant les siècles, et résolu éternellement de rechercher et de sauver!
Comment vous y tenez-vous? Vous êtes semblable au faon de biche, ou au petit de la gazelle. Quelle image! N’en rougissons pas. Le Créateur a imprimé dans toutes ses œuvres un vestige de ses attributs et de sa substance. La gazelle est encore aujourd’hui pour l’habitant du désert brûlé de l’Asie le type de la grâce naïve, de la vivacité, de l’exquise beaute des formes. Elle rappelle donc heureu-
sement l'extérieur humble, mais attrayant, sous lequel Jésus parut dans les bras de sa Mère, se jouant innocemment sur son sein, et n'ayant pour tous ceux qui l’approchaient, rois ou bergers, que d’enfantines caresses.
Ses attraits sont-ils moindres aujourd’hui, quand il frappe par sa grâce à la porte d’une âme: « Ecce sto ad ostium, et pulso {1)» ; ou
qu’il l'invite amoureusement à venir à lui, du q )
fond de son tabernacle ?
La plupart des hommes sont trop durs et trop grossiers pour en faire l'épreuve. Mais
s’il ne peut pénétrer jusqu’à eux, et déployer à leurs yeux tous ses charmes, il ne se rebute point. Il se montre à demi, et se laisse entrevoir à travers les treillis, donnant à chacun la lumière et la grâce qui lui conviennent.
Cette vérilé ressortira mieux dans les paroles mêmes de l’Epoux, qui sont comme le troisième progrès par lequel il s’avance vers l’union parfaite.
Ce discours est plein de tendresse, et les termes habilement ménagés pour se prêter sans violence à plusieurs applications diverses, selon la diversité de ceux à qui il s’adresse.
Car 10 cette description du printemps est une image des temps heureux de la prédication de l'Evangile et des effets qu’il a produits
parmi les nations. Ce fat une infusion nou=
velle de la vie dans un cadavre déjà putréfié,
Ce fut une résurrection du sentiment moral et de tous les plus nobles instincts de notre
nature ; semblable à la résurrection qui s’accomplit dans lemonde physique après l’hiver.
« Lève-toi, semble donc dire le Sauveur à
une âme que la main glacée de la mort a déjà
touchée. Lève-toi, âme ingrate et trop aimée. Vois la terre fécondée par le souffle vivifiant de mon esprit, et reconnais à cette marque que je suis l’auteur de la vie. Les 1emps
(4) Apoc., ax, 20,
ten TN EP
no LE CANTIQUE DES CANTIQUES 14. Columba mea, in foraminibus
petræ, in Caverna maceriæ, ostende
mihi faciem tuam, sonet vox tua in auribus meis; vox enim tua dulcis,
et facies tua decora.