‹ Le cantique des cantiques avec traduction spéciale sur l'Hébreu et commentariesChapitre 44 sur 90 · Ma colombe, qui vous retirez · texte numérisé non relu

Ma colombe, qui vous retirez

dans le creux de la pierre, dans les fentes du mur d’enclos. Montrez-

moi votre visage, que votre voix

résonne à mes oreilles; car votre voix est douce, et votre visage plein :

de grâces.

15. Prenez-nous les petits renards qui ravagent la vigne, car notre vigne est en fleur. |

d’ignorance et de stérilité, la saison du dé-

périssement et de la mort, l'hiver sombre et

roid est passé. Les frimas ne sont plus; le

ciel sourit à la terre, et sous ses bénignes influences la terre verdoyante se transforme en un beau jardin. Lalourterelle, plaintive et solitaire, y trouve ces lieux retirés qu’elle préfère; sa voix, monotone et pure, dit la pureté de son amour. La des vertus sans nombre brillent de l'éclat et exhalent le parium des fleurs. Là les fruits les plus exquis

. promettent de mürir ; là d'actifs et laborieux

ouvriers émondent les arbres, pour en obtenir une plus abondante récolte. Au milieu de celte puissante et luxuriante végétation, resteras-tu seule stérile ? Viens à celui qui seul a le pouvoir de te rendre féconde. »

Que l’accent de sa voix est plus mélodieux encore, quand il s'adresse à l’âme juste, la seule qui mérite le nom d’épouse : « Pourquoi, semble-t-il lui dire, cette langueur et celte pusillanimité ? Lève-toi, âme chérie, et belle

à mes yeux,et viens. L'hiver, le temps où tu

étais morte à ma grâce, est passé. La saison des pluies, celle de la pénitence et des larmes n'est déjà plus. Le printemps a paru sur notre

terre. J'ai fait germer en toi les fleurs du

pieux désir et des saintes pensées. J’y ai mis la racine des plus excellentes vertus. Mais ces commencements ont besoin de se développer, et ces rameaux fleuris doivent porter leur fruit. J'aime ces bas sentiments de ton mérite, qui te cachent dans les enfoncements de la pierre, cette componction qui te dérobe aux yeux et te fait goûter la retraite et le silence. Fuis les hommes, mais né fuis pas ton époux; qu'il entende ta voix, et qu’il contemple ton visage. Ta voix lui est douce et les traits de ton visage le ravissent. »

Tel est le langage du saint époux, nous appelant à la prière, à l’oraison et à la com-

munion de son sacré corps. Car C’est dans la prière, dans l'oraison et dans la communion

que nous paraissons vraiment devant Dieu et qu’il entend notre voix.

Quelle âme ne sentirait revivre sa dévotion et son ardeur pour les exercices de la piété

plus haut degré d'union.

chrétienne, pour les visites au saint Sacrement, et surtout pour la réception de la très adorable Eucharistie, si elle avait plus présentes ces aimables et pressantes invitations de son Dieu! *

Avec quelle confiance ne lui parleraitelle pas, et quels miracles de grâce n’en obtiendrait-elle pas, si, avant de parler elle. même, elle se rendait attentive à ces mots de son Epoux : « Fais-moi entendre ta voix, car ta voix résonne doucement à mon oreille. »

Ce qui étouffe notre ardeur et allanguit notre espérance, c’est peut-être la persuasion que ces paroles du Sauveur ne s'adressent qu'aux âmss parfaites. Il est vrai qu’elles les regardent principalement, surtout la très auguste Vierge; mais elles ne sont pas’si restreintes, et la suite nous en donne la preuve. Le jardin de lEpoux, et sous ce nom il faut entendre l’épouse elle-même, est loin d’être dans un état de parfait entretien. 11 s’y est glissé des ennemis dangereux qui le ravagent. Mais l'Epoux ne les peut souffrir plus long-. temps, et c’est le quatrième progrès par où son zèle el son amour se déploient. | 40 Il se tourne dans un moment vers ses ministres, et leur donne ses ordres. Il a vu ses vignes ravagées par de jeunes renards, et il commande à ses serviteurs de les détruire.

Ce trait nous enseigne 40 quelle est la sainteté de Dieu, sa lumière pénétrante pour discerner, sa jalousie, et son zèle pour détruire les plus légères imperfections dans les âmes, surtout dans celles qu’il appelle à un

20 L’aveuglement des âmes sur leurs propres défauts, et le besoin qu’elles ont d’un aide, d’un directeur qui les leur découvre et leur en applique le remède. Les renards ici nommés figurent ces ennemis secrets qui ravagent l’âme et se retirent dans d’obscurs terriers, dans de ténébreuses tanières. où l’on ne songe même pas à les poursuivre. Que fait le maître du jardin ou de la vigne? Il n’agit pas immédiatement par lui-même; mais il se choisit un ministre, auquel il donne mission d'agir en son nom, et d'empê- …

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