CINQUIÈME ACTE
Il y a pour l'Eglise, ou pour l’âme fidèle, des jours d’exaltation et de triomphe, nonseulement dans la vie future, qui est le temps propre de la gloire, mais même dans la vie présente, où Dieu lui donne comme un avantgoût et un pressentiment de Pavenir. Nous avons vu l'épouse éprouvée par la persécution des hommes, par la persécution du démon, et enfin par le bien-aimé lui-même, lorsqu'il s’est soustrait pour un Lemps à ses embrassements. Îci, il n’y à que fête et allégresse. L’épouse est couronnée : elle est belle et elie est
forte, Portée triomphalement sur un magni- fique lit de parade, à côté de sou époux, elle reçoit les hommages des anges et des hommes;
elle reçoit les témoignages d'estime et les louanges de son époux même.
Représentez-vous l'Eglise sous Constantin, Théodose ou Charlemagne. Voyez son triomphe à Nicée, à Ephèse ou à Trente, et
vous ferez aisément l’application de tous les . versels que vous venez de lire.
Ou bien, transportez-vous par la pensée
au jour brillant d'une procession solennelle :
du trè< saint Sacrement. Contemplez le Dieu
de PEucharistie sur un trône, et | Eglise dans toute la splendeur de ses vêtements sacrés,
au milieu de la pompe de ses cérémonies et
de ses chants, et dites si elle ne triomphe
pas, et si la gloire de son époux n’est pas
au<si |a sienne.
Mais remarquez qu'elle ne triomphe jamais sans lui. Comme elle a embrassé tous ses.
intérêts, elle partage toutes ses destinées. Tani que lEpoux est caché, elle se cache; :
elle se montre, quand il se montre, et ne se.
revêt du manteau royal et de la couronne,
que quand il est couronné lui-même. C’est .
pourquoi l'écrivain sacré nous présente ici.
Jésus-Christ, l'époux de l'Eglise, couronné
par les mains de sa mère, et invite les filles
de Jérusalem à sortir pour le voir en cette .
pompe.
Les auteurs mystiques ont souvent appliqué ces paroles au couronnement d’épines, :
que le Sauveur reçoit de la synagogue sa
|: 4. Quam pulchra es, amica mea, qjuam pulchra es ! Oculi tui columbarum, absque eo quod intrinsecus atet. Capilli tui sicut greges capra- ‘um, quæ ascenderunt de monte Galaad. |
2. Dentes tui sicut greges tonsasum, quæ ascenderunt de lavacro, >mnes gemellis fœtibus, et sterilis
La
non est inter eas.