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Dans la troisième partie, Salomon, l’auteur supposé de tout le Cantique parle de luimême comme d’un étranger; ce qu’il n'au-
rait pu faire s’il avait eu pour but, comme
plusieurs l’ont pensé, de célébrer son union
avec la fille de Pharaon ; mais ce qui se conçoit aisément, quand une fois on admet que
les deux époux sont des personnages purement aliégoriques. L’époux donc, sous la
figure d’un vigneron, compare son sort et le préfère à celui du roi Salomon. Salomon a
de vaste coteaux plantés de vignes. Ces vi- . gnes l’enrichissent et en sus fournissent abon-
. damment à l’entrelien de ceux qui les cul-
tivent ; mais l’époux n’en est point jaloux. Il préfère aux revenus de Salomon, et aux revenus de ses serviteurs, son humble vigne à lui-même, qu’il cultive de ses propres mains, qu'il a toujours en sa présence, et dont il goûte les fruits. En d’autres termes, et sans métaphore, le Sauveur nous enseigne qu’il préfère la simplicité du juste à toute la magnincence des rois de la terre. Qu'ils gardent pour eux toute leur pompe et 1outes leurs richesses ; je n’en suis nullement touché ni jaloux. Quant à moi, dit le Sauveur, voici l’âme en laquelle je me complais, et je me glorifie. El cette âme, cette vigne mystique est peut-être un Job étendu sur un fumier et couvert d’ulcères, un mendiant mourant de misère, et dont quelques lambeaux d'’étoffe couvrent à peine la nudité. :.
A defaut de la foi, la raison naturelle suf.
firait à nous faire comprendre cette conduite de Dieu. Il est assez riche, pour n'avoir rien
à demander aux hommes que leurs adorations
et leur amour.
Le vrai pacifique, le mystique Salomon a :
donc transplanté sa vigne dans les jardins célestes. [suspend un moment sa métaphore, et, considérant cette âme béatifiée au milieu des saints et des anges qui sont accourus pour prendre part à son exaltation, il lui dit: Ma bien-aimée, vois cette troupe innombrable de mes amis qui t’environnent. Eux et moi, nous unissons nos désirs pour te presser de nous faire entendre La voix.
O mon célesie époux, répond l'âme ravie, puisque vous m'avez plantée comme une vigne qui jouira toujours de vos regards,
puisque vous m’avez arrosée comme un Jjar-
din, et élevée comme une montagne de
parfums, prenez vos délices Gans ce jardin; promenez-vous dans cette vigne ; répandezvous au milieu des parfums et dans tous les bosquets odoriférants de celte montagne.
11. Le pacifique a eu une vigne dans celle qui renferme un peuple nombreux; il l’a donnée à des gardiens ; chaque homme rend pour ses
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jui se nourrit uniquement pour les siècle
semblable au jeune faon
d’herbes parfumées, et qu’ainsi je sois à vous d'aerpes pariu et q J
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Par M. GRANDVAUX