IX. — Notes bibliographiques
121. — [Ces notes comprennent un choix d'ouvrages des derniers siècles dont la plupart sont des commentaires. Elles ont pour but d'orienter le lecteur qui voudrait se livrer à une étude approfondie du Cantique en lui indiquant le contenu, la tendance et la valeur d'un certain nombre de livres choisis parmi toutes les écoles. De courtes indications parfois accompagnées d'extraits, m'ont semblé plus utiles qu'une sèche nomenclature de titres
Alstedius : Trifolium Propheticum, id est Canticum Canticorum Salomonis, Prophetia Danielis, et Apocalypsis Johannis... (1640). — Il adopte les vues de Brightmann : le Cantique décrit l'histoire de l'Église depuis David jusqu'à la fin du monde (n^ 49).
Baethgen : traduction du Cantique, dans Kautzsch : Die Heilige Schrift des Alien Testaments (1896).
BossuET (1693) (n« 32, 57).
Bruston : La Sulamite (1891) ; théorie dramatique.
BuDDE : Das Hohelied (1898), dans le Kurzer Hand-Commentar zum Alten Testament de Marti. L'auteur a systématisé les vues de Wetzstein (n° 61) et a présenté son hypothèse avec un talent littéraire remarquable. Le système ne
1. Presque tous les commentateurs donnent, en partie, l'histoire de l'exégèse du Cantique (Voir en particulier Ginsburg etTiEFENTHAL). Parmi les ouvrages spéciaux, on peut consulter :
CuNiTZ : Histoire critique de l'interprétation du Cantique des Cantiques (1834), pp. 44.
Uhlemann : De varia Cantici Canticorum interpretandi ratione commentatio historica (1839), pp. 26.
Grandvaux : Étude sur le Cantique des Cantiques (1883), dans la Sainte Bible de Lethielleux.
Salfeld : Das Hohelied Salomo's bei den jùdischen Erklarern des Mittelalters (1879) (Séparât Abdruck aus dem Magazin fur die Wissenschaft des Judenthums, Jahrg. 5-6).
RiEDEL : Die Auslegung des Hohenliedes in der jiidischen Gemeinde und der griechischen Kirche (1898) (La partie relative à l'exégèse est très courte, mais l'auteur donne une bonne traduction du Targum).
pouvait pas trouver un avocat plus brillant et plus séduisant (n° 7, 61).
BuRGENSis (Paulus) : Scrutinium Scripturarum (écrit en 1434). Juif converti , évéque de Burgos; il admet, dans sa polémique contre ses anciens coreligionnaires, la légitimité de l'interprétation juive.
Calmet : Commentaire littéral..., t. V (1726). Il est, avec Bossuet, le plus remarquable représentant de l'école mixte (typique). « Salomon (y) chante un mariage tout chaste de Jésus-Christ avec la nature humaine, avec son Église, avec chaque âme en particulier » (p. 69). « Nous remarquons sept nuits ou sept jours marqués fort distinctement » (p. 68).
Castelli : Il Cantico dei Cantici (1892). Il rejette à la fois la théorie des chants séparés et la théorie dramatique, et admet, comme Grtitz, un simple dialogue entre deux amants.
Castellio (ou Castalio) : sa traduction latine du Cantique (1547), d'un caractère très réaliste, le fît expulser de Genève.
Gathius,S. J. : Canticum Canticorum Salomonis... (1625). Il donne une paraphrase ascétique et mystique décrivant les étapes d'une âme qui se détache du monde, se guérit de ses imperfections, pratique l'oraison mentale et les bonnes œuvres, arrive au degré des parfaits dans la vie religieuse et apostolique, et après des épreuves diverses va recevoir au ciel sa récompense. — Les notes consistent en extraits des Pères et des Rabbins. Il cite d'assez nombreux passages des trois rabbins traduits par Genebrard.
Cheyne : Encycl. Biblica s. v. Canticles. Il adopte à peu près les vues de Budde. Il propose passim, dans le dictionnaire, des corrections de texte tout à fait fantaisistes.
Clarius : Canticum Canticorum Salomonis, ad hebraicam veritatem nunc demum emendatum, adjectis scholiis ex arcanis hebraeorum erutis, quae tamen in primis Christi et Ecclesiae misteria breviter explicant (1544). — Clarius, bénédictin, évêque de Fuligno, mourut en odeur de sainteté. Il adopte un très grand nombre d'interprétations juives, en
ajoutant parfois que tel verset s'applique encore mieux à l'Église.
Clericus (Joannes) : Veteris Testaraenti libri Hagiographi (1731). Il admet un sens littéral profane mais « ne blâme pas ceux qui cherchent un sens spirituel » (in 1,2). Les notes, très brèves, donnent uniquement des explications grammaticales ou littéraires souvent utiles.
CoccEius (Joannes) : Ganticum Canticorum (1665). Il voit une prophétie des sept périodes de l'Église, depuis la prédication des Apôtres jusqu'au triomphe de la Réforme. Il dit (in 6, 11 : Nescivi) : « Implementum hujus versiculi exhibet historia Bohemica Hussitarum. »
GORNELY (cf. n° 20).
Dalman, dans Kittel : Biblia hebraica (1906).
Delitzsch (Franz) : Hoheslied (1875; une première édition en 1851) : théorie dramatique (n° 59). Il admet un certain sens spirituel typique relatif au Christ et à l'Église.
DôPKE : Das Hohelied (1829). Chants séparés. La partie philologique est soignée. Il donne beaucoup de parallèles tirés de la poésie arabe.
DuPRAT : Harmonies entre le Cantique des Cantiques et l'Apocalypse (1891). Il réfute vigoureusement le système mixte de Bossuet, admet la légitimité de l'allégorie juive et voit dans le Cantique comme dans l'Apocalypse une histoire des sept âges de l'Église.
Ederus (cf. n** 44).
Erbt (W.) (cf. n° 54).
EuRiNGER : Die Auffassung des Hohenliedes bei den Abessiniern (1900).
EwALD (1826, 1867) : Théorie dramatique (n° 59); les notes philologiques sont assez maigres.
Fraisse : La clé du Cantique (1903) ; Appendice à ma clé du Cantique (1904) (cf. n« 50).
Franck (Ad.) : Études orientales (1861); pp. 427-457, compte rendu du Cantique des Cantiques de Renan. Franck admet que le Cantique est composé de fragments nombreux (p. 453); le poème n'est pas un drame, mais un simple dia-
logue (p. 452); il a un certain sens allégorique (p. 436). (Cf. n° 64).
Friedrich (Fbrdin.) : Cantici Canticorum Salomonii poeticam formam effingere studuit (1855).
Gautier (Lucien) : Introduction à l'Ancien Testament (1906). Il adopte à peu près les vues de Budde. Il rejette l'interprétation allégorique, entre autres raisons, parce qu'il serait indigne de Dieu d'exprimer l'amour divin dans un langage aussi profane (cf. n** 66).
Genebrard : Canticum Canticorum... (1570 et 1585). La seconde édition est notablement augmentée. Elle contient une Admonitio ad ministros Genevenses dans laquelle Genebrard fait la critique de la traduction en vers de Théodore de Bèze. Il donne la traduction du commentaire de Rashi, d'Ibn Ezra, et d'un rabbin anonyme. Il utilise beaucoup l'exégèse juive traditionnelle, qu'il connaît bien, et ajoute souvent des applications à l'Église qui sont généralement très sensées. Genebrard est peut-être le commentateur qui a le mieux pénétré le sens littéral du Cantique (cf. n° 44).
Gessner (Th.) : Das Hohe Lied (1881) (cf. n« 50).
GiETMANN, S. J. : Commentarius in Canticum Canticorum (1890) dans le Cursus Scripturae Sacrae. C'est un des travaux les plus importants de l'époque moderne. Les pages consacrées à démontrer le caractère purement allégorique du Cantique, contre l'école mixte, sont très remarquables (cf. n« 48).
GiNSBURG : Song of Songs (1857). Théorie dramatique; hypothèse du berger. L'Introduction donne (pp. 1-126) une histoire détaillée de l'exégèse du Cantique.
Godet admet à la fois une histoire d'amour (d'après Ewald) et une intention allégorique : le berger représente Jéhovah, la Sulamite « l'Israël idéal », Salomon « la royauté terrestre Israélite » (cf. n" 50).
Gratz : Schir Ha-Schirim (1871). 11 rejette à la fois la théorie des chants séparés et la théorie proprement dramatique. Pour lui, tout est raconté, même les dialogues, de sorte que le Cantique est « un poème épique avec des dia-
logues insérés » (p. 27). Il admet un petit roman d'amour, mais à deux personnages seulement, l'amant et l'amante. Le Cantique a une tendance moralisatrice. Dans le détail, l'exégèse de Grâtz est souvent très arbitraire.
Grotius : Annotata ad Vêtus Testamentum, t. I (1644). Le Cantique contiendrait les conversations intimes de Salomon et de la fille de Pharaon, et serait une allégorie obscène relative aux nuptiarum arcana. Les notes consistent surtout en rapprochements avec la littérature érotique grecque et latine. « Il répand sur cette matière tout ce qu'il sait de plus sale, et fait dire à Salomon des choses qui font horreur, et auxquelles il n'a certainement jamais pensé, et il faut avoir l'esprit et le cœur aussi gâté que cet auteur paraît l'avoir eu, pour y découvrir tant d'infamies » (Calmet, t. V, p. 69 .
Halévy (Joseph) : Les chants nuptiaux des Cantiques (Revue sémitique, 1901). « Recueil de chants populaires déclamés pendant la première semaine des noces en l'honneur des nouveaux mariés. Ces courtes poésies érotiques, dépourvues de toute liaison et souvent très fragmentaires, nous sont parvenues dans un état critique par endroits peu satisfaisant. » Il trouve vingt petits poèmes. « Les chants quelque peu développés sont de petits drames en miniature », par exemple, celui du mari frappant à la porte.
Harper (Andrew) : The Song of Solomon (1902), dans la Cambridge Bible for Schools and Collèges, Théorie dramatique. Il donne une fort bonne réfutation de l'hypothèse de Budde.
Haupt (Paul) : The Book of Ganticles (1902). Théorie des chants séparés. L'auteur donne une reconstitution fantaisiste, déplaçant, supprimant, ajoutant de façon à aboutir au résultat strophique et métrique voulu. Rien de plus facile que ce petit jeu, mais rien aussi de plus vain. P. Haupt voit facilement des allusions obscènes.
Hengstenberg : Das Hohelied Salomonis (1853). Il adopte une interprétation strictement messianique : l'Épouse est bien Israël et les « filles de Jérusalem » représentent bien les nations, mais l'Époux est le Messie et non Jéhovah.
L'auteur du poème est Salomon; toutefois le Cantique ne renferme pas de révélations proprementprophétiques (p. 248). Le livre se divise en deux parties : union et ré-union (Vereinigung und Wiedervereinigung). Dans l'interprétation, H. se tient un peu dans les généralités. Il reproche aux anciens exégètes chrétiens « d'avoir souvent méconnu le caractère spécifiquement israélite du contenu ». Il étudie avec soin le symbolisme biblique et les passages parallèles de l'Ancien Testament et du Nouveau.
Heunischius : Gommentarius apocalypticus in Canticum Ganticorum (1688). Il voit dans le Gantique comme dans l'Apocalypse l'histoire des sept âges de l'Église.
HiTziG : Bas Hohelied (1855) : théorie dramatique.
HoNTHEiM, S. J. : Das Hohelied tibersetzt und erklàrt (1908) [Biblische Sludien, XIII, 4]. Une partie a paru dans la Biblische Zeitschrift, 1906-1908. — Il se rattache à l'école mixte (p. 3) et admet le principe de l'exégèse généralisatrice (p. 4). Laissant de côté les sens supérieurs du Gantique, il ne traite que du sens matériel, qui est pour lui une histoire d'amour fictive (cf. n«81).
HouBiGANT : Biblia hebraica..., t. III (1753). Il se fait du Gantique une idée toute naturaliste : « Gantici materia tota est de Salomone et de ejus nuptiis. » Les notes ont uniquement pour but de justifier les nombreuses corrections, souvent fantaisistes, qu'il fait au texte massorétique.
HuG (1813) (cf. n« 50).
Jacob (G.) : Das Hohelied (1902). Le Gantique est un recueil de chants érotiques, mais ce n'est pas un cycle de chants de noces (contre Budde et Siegfried). Le livre est une rédaction, dans la langue parlée du ni® siècle, de chants populaires, dont les plus anciennes parties peuvent remonter jusqu'au commencement de l'époque des rois.
Jaun (J.) : Introductio in libros sacros V. T. (1804). L'objet du Gantique est « caslus amor utriusque sexus ante matrimonium. Si dictiones quaedam videntur obscoenae, quae amantes hujus generis minus deceant, id modo obtinet, si sensu pes umo intelligantur, admittunt autem et sensum
castum, qui in ore castorum amantium, quales ubique inducuntur canentes, unicus locum habere potest » ; «... qui itaque eorum verba interpretatione sinistra pervertit, caveat, ne fortasse ipse animum minus castum prodat. »
Kampf : Das Hohelied (l"-^ éd. 1877; 4^ éd. 1890; je cite d'après la 4® éd.). Théorie dramatique. Ce commentaire est le fruit de recherches très personnelles, et contient beaucoup de renseignements instructifs. La partie philologique, dans laquelle l'auteur montre une vaste connaissance de la littérature juive post-biblique, des commentateurs et des grammairiens juifs, est abondante et soignée.
Kaiser (1825) (cf. n° 50).
Kaufmann : The Song of Songs a Mystical Poem? (1901). 11 admet un certain sens mystique, analogue à celui de la poésie érotique des Persans (cf. n° 51).
Keil: Einleitung zum alten Testament (2® éd. 1859). Sous l'allégorie de l'amour de Salomon et de la Sulamite, le poème décrit en traits généraux l'alliance de Dieu et d'Israël, mais sans allusion aux événements historiques de cette alliance.
Kossow cz : Canticum Canticorum (1879). Théorie dramatique. 11 admet un certain sens spirituel relatif à l'amour du Christ pour l'Église.
Le Hir : Le Cantique des Cantiques (1883), dans la Sainte Bible de Lethielleux. Le Hir donne une traduction et une paraphrase pieuse. Il n'y a pas de commentaire proprement dit, ce qui ne laisse pas que d'étonner.
Leon (Luis de) : Cantica Canticorum (1580, 1582). Il expose très correctement la nature du genre allégorique, mais en fait il procède comme si le sens extérieur, le sonus verborum offrait un sens indépendant (cf. n^ 33).
LowTH : De Sacra Poesi Hebraeorum, praelectio 31. Il appartient à l'école mixte. Outre le sens littéral qui est une histoire d'amour réelle, il y a un sensus suhlimior relatif non à l'Église ou à l'âme particulière, mais bien à Israël.
Luther : Le Cantique est une allégorie politique dans laquelle Salomon loue Dieu d'avoir béni son règne. (Cf. Meignan : Salomon^ p. 428).
Lyranus (Nicolas de Lyre) (cf. n'' 43).
Magnus : Kritische Bearbeitung und Erklârung des Hohenliedes, 1842. Théorie des chants séparés.
Marckius : Canticum (1703). Compilation abondante.
Martineau (Russell) : The Song of Songs (American Journal of Philology, 1892, XIII, pp. 307-328). Théorie dramatique.
Meignan (M^"*) : Salomon : son règne, ses écrits (1890). Les pages 388-563 sont consacrées à l'étude du Cantique. L'auteur expose les divers systèmes d'interprétation juif et chrétiens. Il fait une très large part à l'interprétation juive traditionnelle qu'il admet sans réserve. « L'alliance... de Jéhovah et d'Israël a été... l'objet immédiat et prochain du Cantique des Cantiques... » (p. 449). Mais il admet simultanément les trois principales allégories chrétiennes, en les fondant dans une vague unité, comme l'école généralisatrice (cf. n** 48). Il se déclare allégoriste, mais en fait il parle comme l'école mixte (cf. n'' 34).
Mercerus : Commentarii in Job et Salomonis Proverbia, Ecclesiasten, Canticum Canticorum (1651). Il admet à la fois l'allégorie juive et l'allégorie chrétienne en les généralisant. « Porro Hebraei arctius quampar sit, librum hune exponunt de Synagoga et Deo, quia Christum et ejus populum non agnoscunt. Arctius et nostri de Ecclesia tantum nova, cum pleraque ad veterem, pleraque ad novam, multa generaliter ad utramque Ecclesiam pertineant... Quam maxime (enim) generaliter fieri potest omnia sunt intelligenda, nisi ubî aliud specialiter urgent circumstantiae. » Il cite beaucoup les Juifs (qu'il déteste), et admet souvent leurs explications, mais en les généralisant ou en ajoutant une application à l'Église. II a une grande science de l'hébreu et discute soigneusement les explications grammaticales des rabbins.
MiNoccHi : II Cantiço dei Cantici (1898). L'auteur adopte une position très particulière qu'il n'est pas facile de définir. Il admet en principe que le Cantique est allégorique et rejette l'interprétation de Calmet et de Delitzsch qui, à côté du sens spirituel (typique), admettent un sens littéral entièrement
historique. Mais il concède qu'une histoire d'amour réelle a donné naissance au poème; seulement « l'auteur Ta modifiée de manière à l'adapter à cette vague idée allégorique qui brillait dans son esprit sous Tinspiration de Dieu » (p. 55). Minocchi admet donc une histoire d'amour semi-réelle, et parle d'un « piccolo dramma d'amore ». Le caractère allégorique du poème se révèle surtout en ce que la bien-aimée agit et parle comme si elle dormait d'un sommeil d'extase amoureuse. Le sens de l'allégorie est extrêmement vague : l'auteur du Cantique lui-même n'en a pas eu une idée claire, car autrement il n'aurait pas parlé d'une façon si obscure (p. 54). Au point de vue de la forme du poème, Minocchi admet la théorie dramatique de Delitzsch.
Nannius : In Gantica Canticorum paraphrases et scholia (1557). L'Époux et l'Épouse sont, au sens littéral, Salomon et la Judée; au sens spirituel, le Christ et l'Église (cf. n° 53).
NiGmus : In Cantica Canticorum Expositio duplex, Verbalis sive Grammaticalis, et Litteralis de Beata Virgine (1616). Il appartient, sans le savoir, à l'école mixte (n^ 33), car il admet une fabula : c'est une petite idylle pastorale se terminant par un mariage. Dans la Prima Expositio, il accumule les textes érotiques des poètes grecs et latins. «... quod Poetarum similibus ferme omnium scateat prior expositio, ex industria factum et visum ab ipsa re requisitum. Gerte amatoria arte compositum placuit eâdem exponere, et poeticum poetis... At dicent : Amatoria sunt. Quid dicam? Amatorem egit Deus, eoque stylo conscripsit e nostris sumens, quae in nostram utilitatem transfunderet. »
Oettli : Das Hohelied (1889), dans le Kurzgefasster Kommentar de Strack et Zôckler. Théorie dramatique. Il estime que chercher dans les descriptions parfois sensuelles du Cantique une image des choses célestes ne va pas « sans attentat au sentiment religieux » (p. 168). Le commentaire donne beaucoup de choses sous une forme très condensée.
Orelli (von) : Article Hohes Lied dans la Realencyclop. protest. Théologie ^ (1900). Le Cantique chante l'amour conjugal. Mais l'amour des époux étant la figure de l'amour du
Christ et de l'Église, il y a également un sens supérieur, qu'il ne faut pas du reste urger dans le détail.
Orozco (Alphonsus ab) : In Gantica Canticorum (1581). i'auteur était augustinien et mourut en odeur de sainteté. Il admet souvent les explications juives, mais évite de nommer ses sources. Il emprunte surtout à Rashi. Souvent il ajoute une application à l'Église. Il a bien vu l'invraisemblance littéraire du sens naturaliste : « Quaenam, praecor, mulier collum instar turris David habuit? aut quae puella nasum similem turri gessit? »
Ferez de Valencia (Jacobus), mort en 1491, ermite de saint Augustin, cardinal de Valence. « Il distingue deux sujets différents du Cantique : le premier « est tota scriptura Veteris Testamenti et totus discursus ab Adam, usque ad fundationem primi templi et usque ad prosperitatem regni Salomonis ». Dans la seconde partie, dont la précédente est le type exact, est contenu « totum mysterium nostrae redemptionis et totus discursus ecclesiae ab incarnatione Christi usque ad prosperitatem ecclesiae factam per conversionem Gonstantini M. ». Et sous ce rapport, il divise notre poème en dix mystères qui, sous le type de l'histoire des Juifs, renferment celle de Jésus-Christ depuis son incarnation jusqu'à son ascension, et celle de l'église depuis sa fondation jusqu'à Constantin. » (Cunitz : Histoire crit. de Vinterprét. du Cant,, p. 26).
Renan : Le Cantique des Cantiques (1860). Théorie dramatique. La traduction est élégante et infidèle. On ne constate aucun effort pour résoudre les difficultés du texte. Le livre, écrit pour le grand public, est extrêmement superficiel.
Reuss (1879, 1893) : Théorie des chants séparés.
Rosenmuller : Scholia in V. T. (1830). Le Cantique chante l'amour de Salomon pour la Sagesse, mais dans le détail du commentaire, Rosenmuller ne s'occupe jamais de cette idée. Précédemment (1813), il avait admis que le Cantique chantait l'amour de Dieu pour Israël et avait pris pour guide le Targum et Rashi. — Les remarques philologiques de Rosenmuller sont généralement fort judicieuses.
RoTHSTEiN (J. W.) : DasHohelied (1893) et article Song of Songs (dans Hastings : Dictionary of the Bible, 1902) où il réfute longuement Budde : théorie dramatique.
ScERBo (F.) : Note critiche sopra il Cantico dei Cantici (Dans le Giornale délia Società Asiatica Italiana, 1904). Il critique sévèrement et justement les fantaisies de P. Haupt.
ScHAFER (B.) : Das Hohe Lied (J876). Le Cantique chante dans une première partie (1,1-2,7) l'amour du Christ pour la nature humaine, dans la seconde (2,8-5,1) l'amour du Christ pour l'Église, dans la troisième (5,2-8,4) l'amour du Christ pour chaque âme.
ScBLOEGL : Ganticum Canticorum (1902). Il donne le texte hébreu en vers et en strophes, d'après ses principes de métrique. Les très nombreuses corrections qu'il est obligé d'apporter au texte massorétique rendent la théorie bien suspecte. Le grand vice de ces corrections motivées par la métrique est de sacrifier méthodiquement le certain au possible, le plus probable au moins probable. Le texte massorétique que nous lisons reproduit sûrement le texte primitif d'une façon incomparablement plus fidèle que la restitution de Schloegl.
ScHLOTTMANN : Der Brautzug des Hohenliedes (3,6-11), dans les Theologische Studien und Kritiken, 1867, pp. 209-
ScHOLz (Anton von) : Kommentar ûber das Hohelied und Psalm 45 (1904). L'interprétation de Scholz se rattache à sa théorie générale sur le caractère des livres bibliques, théorie qu'il a développée dans ses différents commentaires et dont Hackspill a donné un bon exposé dans la Revue biblique (1898, pp. 242 sq.). Nous ferons abstraction de cette théorie pour envisager exclusivement ses vues sur le Cantique. D'après lui, le poème est une pure allégorie, mais cette allégorie a un caractère extrêmement général, de sorte que le texte peut s'appliquer aussi bien à l'Église et à l'âme particulière qu'à Israël. Il ne voit pas, dans le Cantique, des situations historiques précises du peuple élu de Dieu, mais des états psychologiques ou des événements généraux de
joie et de tristesse, de travail et d'épreuve, d'infidélité et de repentir, de lutte et de victoire. « Le Cantique est la description de l'amour et du mariage qui existent entre Dieu et les siens, qui sont l'Église et les âmes. Il décrit principalement le renouvellement de cette alliance après des épreuves. » « On devait s'attendre à ce que le prophétisme décrivît dans un écrit à part l'histoire du mariage (de Dieu et d'Israël qui occupe une si grande place chez les prophètes), et surtout l'histoire de ce mariage à l'époque messianique... » (p. xiv). « Le Cantique a été écrit dans l'École, à Jérusalem (p. xvi), à l'époque des victoires des Maccabées » (p. xv). Pour Scholz, 42 versets seulement, sur 116, sont primitifs : il se débarrasse ainsi des passages parallèles et des répétitions symétriques. Il n'a pas vu que ces répétitions du poème étaient imposées par la répétition des situations historiques d'Israël. En résumé, Scholz admet dans toute sa rigueur le principe allégorique des anciens, mais il l'applique d'une façon qui lui est entièrement personnelle. Le Cantique se réduit pour lui à quelques idées générales répétées à satiété et qui n'ont pas d'application précise.
Sherlog, s. J. : Anteloquia Cogitationum in Salomonis Cantica Canticorum... (1632). École mixte. Au sens littéral, il admet un roman d'amour extrêmement mouvementé; puis il applique à l'histoire de l'Église depuis les apôtres jusqu'à l'Antéchrist en passant par les persécutions, les hérésies, les conciles.
Siegfried : Prediger und Hoheslied dans le Handkommentar de Nowack (1898). L'auteur adopte les vues de Budde dont il a pu utiliser le commentaire, paru la même année. Le travail de Siegfried, très méthodique et soigné, est excellent au point de vue grammatical et philologique. Mais le système exégétique, présenté avec un dogmatisme et une raideur extrêmes, est aussi éloigné que possible du véritable sens. Siegfried a une tendance fâcheuse à trouver dans les métaphores les plus innocentes des allusions obscènes : il donne la clef de cette allégorie d'un nouveau genre, p. 89.
SoTO Mayor, 0. p. : Cantici Canticorum Salomonis Interpretatio (1599). Ce commentaire énorme forme comme un répertoire d'interprétations. Soto accepte de toutes mains, des Juifs comme des chrétiens, et n'a presque rien de personnel. Il cite grand nombre d'explications tirées du Targum, du Midrash, des rabbins, surtout de Rashi et d'Ibn Ezra, et il est très rare qu'il en rejette quelqu'une ; mais alors il le fait avec véhémence, comme pour se faire pardonner la largeur avec laquelle il admet les autres. Pour lui, le Cantique chante non seulement l'amour de Jésus- Christ pour l'Église, mais encore l'amour de Dieu pour l'Église de l'Ancien et du Nouveau Testament et aussi pour toute âme pieuse (cf. n^ 44).
Stickel : Das Hohelied (1888). Le Cantique est un drame au sens strict, avec actes et scènes ; dans l'intention de l'auteur, il était destiné à la représentation. Stickel a trouvé qu'il y avait deux couples d'amants : la Sulamite et son amant, un berger et une bergère (n*' 59).
TiEFENTHAL, 0. S. B. Das Hohe Lied (1889). Commentaire soigné et abondant; mais la position prise par l'auteur est difficile à défendre. Il s'agirait en effet d'Israël d'un bout à l'autre du poème, mais, en même temps, le Cantique tout entier s'appliquerait à l'Église parce que celle-ci est entée sur la Synagogue. Tiefenthal parle de l'Épouse tantôt comme si elle était Israël, tantôt comme si elle était l'Église, tantôt comme si elle était l'Église des deux Testaments. Il a bien vu qu'il s'agissait d'Israël en première ligne (p. 79), mais il n'a pas suffisamment tiré parti de cette idée. Il estime que l'allégorie des Juifs et celle des chrétiens ne sont pas opposées l'une à l'autre : « au fond elles sont d'accord » (p. 77).
ToRELLi : Sul Cantico dei Cantici (1892) (cf. n" 50).
ToY : article Song of Songs (1905), dans la Jeiuish Encyclopedia. Chants séparés ; mais le charme du style montre que ce ne sont pas des chants populaires.
Trillon de la Bigotière : L'héroïne du Cantique des Cantiques (1890). Cette héroïne est la chaste Abisag, laquelle
symbolise la virginité. Le Cantique est la prophétie de Tesprit virginal dans l'Église. L'auteur y trouve « les diverses phases de la vie ascétique, des voies mystiques et des phénomènes contemplatifs ».
Umbreit : Lied der Liebe (1820, 1828). Théorie dramatique.
Wetzstein (1873) (n« 61).
Zapletal, 0. P. : Das Hohelied (1907). Il se range à l'extrême gauche de l'école mixte. Le Cantique est pour lui un recueil de chants d'amour conjugal. Le sens littéral qu'il adopte est celui de Budde et de P. Haupt, auteurs qu'il suit assez fidèlement. Cependant il admet que « l'idée générale du Cantique est allégorique » comme le veut la tradition juive et chrétienne ; mais il ne dit pas quel est précisément ce sens allégorique ou mystique, et dans le commentaire, il s'occupe exclusivement du sens littéral, parce que son but, dit-il, est seulement d'étudier le poème au point de vue « métrique et critique ». — Si le sens littéral du Cantique est vraiment celui qu'adopte l'auteur, après Budde et P. Haupt, il m'est impossible de comprendre comment ce sens, parfois érotique et obscène (voir in 2,15-17; 8,14), peut comporter et supporter un sens religieux (allégorique ou mystique), et comment il peut se concilier avec la sainteté d'un livre inspiré. Dans la critique du texte, l'appoint personnel se réduit à fort peu de chose. L'auteur applique au poème sa théorie métrique : les changements très considérables que le texte doit subir bon gré, mal gré, me semblent prouver à l'évidence , non pas que le texte massorétique diffère notablement du texte original, mais que l'hypothèse métrique adoptée est défectueuse. — La question de date et d'auteur est réservée à un prochain travail.
ZôCKLER : Das Hohelied (1868). Il adopte la théorie dramatique de Delitzsch.
ORDRE CHRONOLOGIQUE XIV* siècle : Lyranus.
XV® siècle : Burgensis (Paulus); Ferez de Valencia (Jacobus).
xvi^ siècle : Clarius, 1544; Gastellio, 1547; Nannius, 1554; Genebrard, 1570, 1585; Léon (Luis de), 1580; Orozco, 1581; Ederus, 1582; Soto, 1599.
xvii<^ siècle : Nigidus, 1616; Gathius, 1625; Sherlog, 1632; Alstedius, 1640; Grotius, 1644; Mercerus, 1651; Cocceius, 1665; Heunisch, 1688; Bossuet, 1693.
xviii^ siècle : Calmet, 1726; Clericus, 1731; Houbigant, 1753; Lowth, 1770.
xix^ siècle : Jahn, 1804; Hug, 1813; Umbreit, 1820; Kaiser, 1825; Ewald, 1826, 1867; Dôpke, 4829; Rosanmiiller, 1830; Magnus, 1842; Delitzsch, 1851, 1875; Hengstenberg, 1853; Hitzig, 1855; Ginsburg, 1857; Renan, 1860; Franck, 1861; Schlottmann, 1867; Zôckler, 1868; Grâtz, 1871; Wetzstein, 1873; Kàmpf, 1877;Reuss, 1879; Gessner, 1881; Le Hir, 1883; Slickel, 1888; Tiefenthal, 1889; Oettli, 1889; Gietmann, 1890; Meignan, 1890; Duprat, 1891; Bruston, 1891; Castelli, 1892; Martineau, 1892; Torelli, 1892; Rothstein, 1893; Baethgen, 1894; Budde, 1898; Siegfried, 1898; Minoccbi, 1898.
xx^ siècle : Kaufmann, 1901 ; Halévy, 1901 ; Harper, 1902 ; P. Haupt, 1902; Jacob, 1902; Schloegl, 1902; Scholz, 1904; Toy, 1905; Erbt, 1906; Zapletal, 1907; Hontheim, 1908.