‹ Le Cantique des CantiquesChapitre 30 sur 81 · VIII. — Texte et versions · texte numérisé non relu

VIII. — Texte et versions

116. Texte. — Le texte hébreu du Cantique nous est parvenu dans un état de conservation assez satisfaisant. Le nombre des passages certainement corrompus est minime, ainsi que celui des passages critiquement douteux. Le texte hébreu qu'ont Iules Septante, la Vulgate et laPeshitto ne différait guère du texte massorétique : toutes les variantes de quelque intérêt seront notées dans le commentaire. Je n'ai constaté dans le TM, ni glose, ni transposition certaine. Il y a quelques omissions probables : 3,4; 4,6; 8,4. Les nombreuses gloses et transpositions admises par certains auteurs modernes peuvent être exigées par tel système d'interprétation ou par telle hypothèse métrique , mais leur valeur dépend de la valeur de ce système ou de cette hypothèse. On ne devrait admettre de glose que dans les cas où les mots en question ont réellement un caractère explicatif. Quant aux transpositions, Renan dit fort justement (p. 42, note) que « le principe des transpositions ne devrait être admis que dans les cas évidents ».

Les principales défectuosités du texte massorétique con-

sistent dans la confusion des suffixes, confusion provenant de ce qu'un scribe a attribué à tort tel verset à tel personnage : 1,1-4; 8,5-6.

Les principaux cas où je me suis écarté de la leçon du TM sont : 4,12,15; 5,12; 6,12; 7,2,6,10; 8,5b.

417. Les Septante ^ — D'après Delitzsch (p. 13, note), le Cantique est un des livres qui ont été traduits en grec en dernier lieu, mais il est impossible de préciser la date. La version desLXXest fidèle et correcte dans l'ensemble. Comparée au TM, elle offre neuf passages en plus (1,3,4; 5,2; 6,6,11; 7,1; 8,2,4,5), et aucun en moins. Dans quelques cas, les LXXoni peut-être raison contre le TM; mais dans d'autres cas, le passage en plus est une véritable addition due à une tendance du traducteur à harmoniser et à compléter d'après les passages parallèles (v. g. 1,3; 6,11; 8,2) ^. Le traducteur grec était très consciencieux comme le montre la façon servile dont il traduit souvent, v. g. : Trop£u<TO(ji.ai £(xauTw, 4,6; îSstv Iv, 6,11; Iv ir, àyoLTzrij 8,7. Peut-être les traductions bizarres {xa^Tot, 1,7 etc.; aôeXcpiSoç, 1,13 etc., sontelles dues à un scrupule du traducteur plutôt qu'à son ignorance. Nous avons vu (n° 111) qu'il n'a pas compris certains mots : nT'sSn, 4,4; naï, 4,1. Il n'a pas cherché à corriger les fautes même évidentes de son manuscrit : v. g. wç TpuYoveç = D'^nriD, 1,10; au V. 4,9 il a lu unaiS et traduit ^ili-diç bien que le sens du passage exige le singulier; au V. 6,9 la fidélité servile de la traduction produit un contresens, le traducteur n'ayant pas vu la valeur du waw conversif : mwm = xal fxaxapiouaiv. — Dans un seul passage (2,7 et parallèles), le traducteur laisse transparaître l'allégorie. — On a allégué à tort, pour prouver le caractère allégorique de la version des LXX^ les traductions : àir' apy^ç uiWoiç, 4,8; eùSoxia, 6,4; GuYarpo; tco)^Xwv, 7,5. Ces traduc-

1. Sur les versions grecque, syriaque et latine du Cantique, voir les bonnes remarques de Deane, dans Smith : Dict. of the Bible-, 1893, s. V. Canticles.

2. La même tendance se retrouve dans d'autres livres, v. g. dans les Rois. Cf. Burney : Notes on the Book of Kings, p. xxx.

tions sont simplement étymologiques : le traducteur, au lieu de transcrire les noms propres de l'hébreu, les a tra* duits d'après le sens étymologique qu'il leur supposait. — Je trouve deux traductions qui sont probablement paronomastiques : (jiw{xoç = nia, 4,7; cpopeïov = 3,9. Dans

un certain nombre de cas, la leçon du manuscrit hébreu utilisé par les LXX est préférable à celle du TM.

118. La Yulgate latine. — Saint Jérôme, tout en traduisant sur l'hébreu, consultait les Septante et les autres versions grecques. Sa traduction est moins littérale que celle des LXX. 11 adopte souvent leur interprétation, mais assez souvent il préfère celle de Symmaque (cf. Scholz, p. 95). Les cas où Jérôme s'écarte des LXX sont généralement dignes d'attention, car sa traduction peut alors nous révéler une leçon différente ou une interprétation des Juifs qu'il consultait. Parmi les traductions intéressantes de la Vulgate, je citerai : ordinavit in me charitatem, 2,4; cum propugnaculis, 4,4; in uno crine, 4,9; odor thuris, 4,11; corrupta est, 8,5b.

119. La Peshitto, — La version syriaque dite Peshitto a été étudiée avec soin par Salkind\ dont je résume les conclusions :

La Peshitto est une traduction littérale et fidèle dans l'ensemble. Elle est plus près du TM que les LXX et la Vulgate. Le traducteur a souvent consulté les LXX, en particulier dans les passages difficiles. — J'ajouterai que la Peshitto est surtout intéressante à consulter dans les cas où elle s'écarte à la fois du TM et des LXX, v.

120. — La version arabe de la Polyglotte de Londres suit presque partout les LXX.

Pour le Targum, voir n° 37.

1. Die Peschitta zu Schir-Haschirim textkritisch und in ilirem Verhâltnisse zu MT und LXX untersucht (1906).

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