‹ Le cantique du doux parlerChapitre 3 sur 35 · I^^^^^MA · texte numérisé non relu

I^^^^^MA

Un jour le pays grec, comme un fief de haut prix, Subit des barons Francs la prompte et rude étreinte. Et sur tous ses sommets, marqués de leur empreinte, Dressa castelset tours, donjons et grands pourpris.

Et là l'on menait vie heureuse et sans contrainte Par tournois, jeu des corps, et vers, jeu des esprits, Et partout, chez les ducs d'Athèoe ou de Corinthe, On parlait galamment français comme à Paris...

C'étaient aussi souvent chevauchée ou bataille : Et devant ces guerriers de gigantesque taille, Ces glaives fulgurants jaillis hors des fourreaux,

Homère, s'éveillant des morts dans l'allégresse,

Disait : « J'aurais plaisir à louer ces héros 1

« La France a ramené les temps d'Achille en Grèce I »

(Le fzançaiô de Joinville.

Bon Sénéchal, trésor d'histoires qu'on savoure, Causez au coin du feu dans votre u biau chastel » Que, sous nos yeux contents levée à votre appel, De vos vieux souvenirs la foule aimable accoure !

Contez-nous, au hasard d'un récit immortel, A os tribulations d'outre-mer, la Massoure, Le j\il, le feu grégeois, vos peurs, votre bravoure, Le songe où le saint Roy vous demande un autel...

Joignez à tous ces « dits » la grâce et la malice ; Comme aux tapis sarrasinois de haute lice, Semez de votre esprit la joie et les couleurs I

Montrez-nous comment jeune, en dépit de vieillesse, Toujours aise et léger, vite essuyant ses pleurs, . Le naïf champenois jase avec gentillesse !

^eô « (Enôeignementô »

de ôaint ^ouiô.

Il parlait, sagement, gravement, comme on prie, Prêchant l'amovir du juste et l'horreur du péché, Qui nous suit, disait-il, à notre âme attaché, Pire que tout « méchef » et que « mésellerie ^ ».

Il faisait de Vertu sa royale duché,

D'Aumône aux plus « chétifs » sa haute seigneurie,

Prince d'Humilité, fleur de Chevalerie,

Mort, les yeux vers le ciel, sur la cendre couché...

0 droiture 1 ô candeur, souriant sans contraintes, Comme un bon livre, enluminé d'images saintes ! i

0 mots divins : «■ Bénis soient tous les apaiseurs ! » '

0 voix de son esprit, qui conservent sa flamme ! O plus noble français et plus riche en douceurs D'avoir d'un tel « prud'homme » exprimé la belle âme !

Page 1