‹ Le cantique du doux parlerChapitre 35 sur 35 · I. \crsdils à Montréal le 8 juillet · texte numérisé non relu

I. \crsdils à Montréal le 8 juillet

Mon nom, mon humble nom de mortel éphémère, Va pour toujours se joindre à cette France, mère D'un passé de vertus que rien n'a pu ternir ! Mon nom va se confondre, en l'immense ÎNature, Avec l'eau d'un lac frais, une eau de neige pure, Source de vie et d'avenir !

Mon nom ne revêt point quelque fier promontoire, Le roc dur et hautain d'un mont ambitieux ; Non, il ne lui fallait, paisible et sans histoire.

Qu'un beau lac clair, miroir des cieux I

Gloire douce au poète : être une âme des choses, Un reflet des matins pâles, des couchants roses, Ce qui dit des Saisons le salut ou l'adieu ; Monter dans un rayon, redescendre en rosée, Sentir à chaque souffle en la vague bercée La respiration de Dieu !

S'insinuer partout, grâce subtile, force

Qui s'offre inépuisable à tous labeurs humains,

Seconder le réveil des sèves sous l'écorce,

Calmer les soifs au creux des mains !

Voir par l'effort sacré d'un peuple qui défriche S'épandre autour de soi sur la glèbe plus riche La bénédiction féconde des semeurs ; Au vol de l'aviron rythmer sa rêverie.

Croire ouïr les aïeux de la vieille patrie

Passer dans un chant de rameurs !

— '-Il —

Moudre le blé, tremper le ter, blanchir les toiles, Tout le jour, — puis, à l'heure où brunit l'horizon, Rallumer dans ses flots les cierges des étoiles En chuchotant une oraison !...

Puisqu'à de tels destins l'amitié me convie, Avec vous, Canadiens, aux conquêtes de vie Où votre ardente foi dit le Siirsum corda. Puisse, parmi les noms plus hauts de votre Histoire, Mon humble nom fervent gagner quelque victoire. Faire aimer plus le Canada !

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