‹ Le cantique du doux parlerChapitre 34 sur 35 · VERS LES VICTOIRES · texte numérisé non relu

VERS LES VICTOIRES

Comme avant la bataille, en des airs de fanfare,

Montcahn fit défiler les siens, Ses beaux régiments blancs, Roussillon ou La Sarre.

Et la fleur de nos miliciens, Vous de même, à l'instant, nos braves de tout grade.

Mots de nos glossaires sacrés, Défilez sous nos yeux, comme au pas de parade,

Dispos, pimpants et bien guêtres 1 \enez nous rassurer, belle armée aguerrie,

Mois vainqueurs de tant de hasards I Venez faire parler l'espoir de la pairie

.Vux frissons de vos étendards !

\ oiis voici, tous nos mots bien nés, aux clairs visages,

Fleurant si bon le vieux terroir, Oui reflétez encor nos anciens paysages

Comme un flot pur en son miroir ; Vous voici, tous nos mots simples, nos mots rustiques,

Si drus, si francs, ensoleillés, Fidèles compagnons des tâches domestiques,

Chers confidents de nos foyers !

Venez, riez, les mots de la maman berceuse.

Dans nos nuits toujours nous berçant.

Les mots des jeux, de notre enfance insoucieuse,

Qu'on aime entendre en vieillissant I Venez, priez, les mots qui calmez la misère.

Doux, parfumés comme le miel, r.cux que l'aïeule égrène aux grains de son rosaire.

Pleins de confiance et de Ciel !

\ cnez, aimez, les mots de la Miséricorde,

De la divine Charité !

Faites une harmonie avec toute discorde.

De toute haine une bonté !

\ cnez, vibrez les mots du tribun et du prêtre,

Nobles conseillers ou vengeurs, < hii frappez le coupable et flétrissez le traître,

En poussant au front des rougeurs 1 \ enez, chantez, les mots des œuvres immortelles,

Qui dites à l'Humanité, De bouche en bouche, avec des frémissements d'ailes.

Le cantique de la Beauté !

\ enez, luttez, les mots dont crépite la poudre,

\étérans chevronnés d'exploits,

Qm, pour les Libertés réservant votre foudre, Dictez à tous les justes Lois !

Venez, venez, tous nos vieux mots, notre espérance !

Et demain, dans un fier réveil.

Vous irez tous donner, superbes, pour la France,

Lui gagner sa place au soleil !

Vous irez donner tous dans les luttes d'idées

Où notre race doit fleurir, Et vos clartés vaincront, dans la paix fécondées,

Car vous ne pouvez pas mourir !

Des Monongahéla, Carillon, Sainte-Foye,

Vous en obtiendrez chaque jour :

îl vous suffit que Dieu dans tout logis envoie

Des fils, une mère et l'amour !

Et vous accomplirez votre œuvre héréditaire,

Mots si vaillants de nos Aïeux.

Chaque jour un peu plus conquérants de la terre,

Parce que vous songez aux cieux ! . . . Et peut-être — qui sait ? — Parler de ma patrie.

Gomme le « Roi des Eaux » puissant, Qui baigne en son grand flot de lumière et charrie

Des mondes qu'il cueille en passant.

Vous, à travers les temps pour l'éternel voyage,

Chers mots de France séducteurs, 0n vous verra traîner dans votre heureux sillage

La conquête de tous les cœurs !

m ^oiit le " datiez des (lAïeux ».

{Toste).

A M. AmjIdée Denault.

Pourquoi, cheis Canadiens, nous les Français de France., Sentons-nous notre cœur battre avec déférence, Vers vous, à votre voix, s'incliner nos esprits ? Lorsque vous nousparlez, d'où vient donc votre charme? D'où notre émoi si grave et profond, qu'une larme ^ oile presque nos yeux surpris !*

Ah ! c'est que sans oubli, pères, enfants, épouses, Vos lèvres ont gardé, fidèles et jalouses, L'accent du vieux pays qui vibre sous vos toits ; C'est qu'on peut, tout au long des rives laurentines. Cueillir, comme des fleurs naïves d'églantines. Les richesses de nos patois I

C'est qu'ici de la France ancienne — ailleurs caduque — 0 « bonnes gens » . sous la (( câline » et sous la « tuqu;e » ^

Nous sourit avec vous dans sa simplicité ; C'est que par vos chansons, apprises de vos mères. Avec nos grands Aïeux, nous, passants éphémères, Nous vivons, mêlés tous à de l'éternité !

Les mots, que notre souffle en cet instant ranime. Débordent notre cœur d'un jour, frêle et minime. Par l'infini pouvoir de leur vaste passé ; Chaque mot porte en lui son âme universelle, Riche et mystérieuse, où couve une parcelle D'âme des millions d'hommes qui l'ont pensé.

Les mots sont des reflets de l'antique patrie : Et c'est pourquoi si loin notre oreille attendrie Aime en reprendre ici le patrimoine entier. Je t'admire et te loue, ô Canadien, mon frère, Qui, n'en voulant rien perdre, en rien laisser distraire. En restas l'intègre argentier !

Je t'écoute, et voici, loyal dépositaire, Que tous les purs trésors du verbe héréditaire, Soudain dans tes discours je les ai recouvrés. Mots délicats ou fiers de bourgeois ou de princes. Mots ingénus aussi des rustiques provinces, Louis d'or ou gros sous cuivrés 1

Et ces mots, même ceux de la pauvre chaumière, Qui baignèrent dans l'air de France et sa lumière,

Qui clianleiil uiaiulcnaiU aux berceaux canadieus. Nous disent, vieux français, tout pleinsdesainteschoses, Fleurant encor nos blés, nos vergers et nos roses : « Souviens-toi I souviens-toi, commeje me souviens 1 »

L'un dit : « Aux bords de la Charente, « Qui dut voir là-bas mon déclin, « Moi, je suis né : je m'apparente « A la conquête de Champlain. »

— « Et moi, dit un autre, on devine

(( Le nid d'où sort mon chant d'oiseau : (( De l'humble aïeule Poitevine « Mes fredons aidaient le fuseau. »

Un autre reprend : u Ma paroisse, u C'est Mortagne : si j'y vieillis, « S'il faut que j'y meure ou décroisse, « Nul n'est prophète en son pays. »

Tel autre encor : u Ma jNormandie

« Me répéta dans ses échos :

(( Qu'importe la scène agrandie ?

« Je songe au ciel d'Auge ou de Caux. »

— « Moi, j'ai l'allure cavalière,

« Voyez !... Je fus le compagnon « D'un joyeux « Carignan-Salière ), « Moite encol" de vin bourguignon, o

Ceux-ci parlent de prés, d'établcs, De granges pleines, et des soirs Où les noces, le coude aux; tables, Humaient le parfum des pressoirs.

Ceux-ci rythmèrent les cadences Des bergers chanteurs de noëls, Firent tourbillonner les danses Autour des grands feux fraternels ;

Ceux-là jaillirent en prières.

Peut- être même teints de sang, Mêlés aux luttes meurtrières, Aux cris d'un héros frémissant !

Tous ces mots, fds divers des campagnes de France, Votre cœur. Canadiens, les garde unis, fixés, D'un même souvenir, pour la même espérance, Dévotement, autour de l'érable enlacés.

Tous ces vieux mots, miroirs de nos communs ancêtres Avec vous, Canadiens, se maintiennent vivants. Et, si leur grâce simple ailleurs trouve des traîtres, Vous ne leur dresse/, vous, que des autels fervent?

Aussi bien t'écoutant, fils d'une race élue,

Qui n'as rien renié de tes anciennes fois,

Mon frère Canadien, je m'incline, et salue

Tous ceux de mes Aïeux qui parlent dans la voix 1

Kt donc, ô cher Parler natal, dont la mémoire

Ici se fond en piété, Jo veux lever la coupe en ton honneur, et boire,

Parler de France, à ta santé !

A ta santé, non pas pour qu'au hasard tu vives,

Toléré seulement ce soir, Non point par grâce admis, comme un de ces convives

Qui doivent manger sans s'asseoir

Non pas pour végéter misérahle, risée

Ou du rival ou du félon.

Non comme un bibelot curieux de musée

Ou comme une fleur de salon !

.le bois à ta santé, cher Parler de mes pères,

Digne roi d'un trône perdu, Pour que tes jours sans fin se poursuivent; prospères.

Avec le haut rang qui t'est dû !

A ta santé, non pas pour d'âpres servitudes,

Mais pour la joie et la fierté, Pour que puisse ton souflle emplir les solitudes

Au plein air de la liberté, Que puisse en cette terre, où Dieu te sert de guide.

Ta voix, ta généreuse voix, Se mêler à la vie héroïque et splendide

Des grandes eaux et des grands bois 1

Et je bois à ta gloire, ù mon cher Parler, verbe Aussi doux et beau que le jour.

Pour que ce monde t'offre, ô moissonneur, la gerbe

De noble allégresse et d'amour, Pour que, regard levé, les âmes, les hôtesses,

Par ton irrésistible attrait, S'ouvrent avec vaillance à des délicatesses

Dont seul tu connais le secret I A ta gloire ! à ta plus grande gloire, ô mon tendre,

Mon joli Parler si plaisant, Pour qu'au lieu de la tombe, où l'on croyait l'étendre,

Tu tiennes la palme en présent !

Pour qu'heureux messagers des hautes ambassades

Que l'homme accomplit pour le Ciel, Tu fasses triompher dans d'ardentes croisades

Le dessein providentiel !

Pour que par l'univers, — comme une brise égrène.

Répand les semences des fleurs, — De même, d'une force aimable et souveraine.

Avec nos rêves les meilleurs.

Un grand souffle divin, dont tressaillent les moelles,

Emportant tes mots radieux, T'épande, te propage, et t'exalte aux étoiles...

Cher doux Parler de nos Aïeux !

^oHt l'(Echo du 'Sagiiena^

A MM. Berthimme c/ Rivet.

Je songe à ce premier vaillant de noire race, Dont aujourd'hui la prompte hélice suit la trace En l'âpre paysage où tant ont frissonné ; Je songe à ce premier héraut de l'Evangile, Dont la foi n'a pas craint, sur la barque fragile, De remonter ton gouffre étrange, ô Saguenay !

Lorsqu'il voguait, chétif, entre tes deux murailles Titanesques, témoins des tumultes passés. Où menacent sans fin les granits entassés, Pleurant, drapés de noir, comme à des funérailles

I. Vers dits le ler juillet 1912, pendant le voyago des congressistes au Saguenay.

— '>.(JS —

Dans ce chaos d'apocalypse, pour lui seul. Quand, tour à tour, le soir saignait sur ton eau brune. Miroir de AÏsions terribles, où la lune Jetait les plis glacés de son blême linceul ;

O Saguenay, théâtre effrayant d'un grand drame Planétaire, sur tes abîmes se penchant.

Dans ce silence, où nul oiseau n'essaie un chant, Gomme son cœur dut battre, auseulbruit de sa rame !

Où Dieu paraît plus grand, l'homme se sent petit, Le farouche infini de tristesse l'accable... Pourtant ton premier hôte, Erèbe inexplicable, iN'eut point peur, sur tes bords, que sa voix retentît.

Il voulut, pour s'armer d'espoir et d'assurance. Tandis qu'il sillonnait ton flot d'encre fatal, Entonner un noël de son pays natal, Peupler ta solitude avec des mots de France...

Et voilà qu'en effet les chers sons familiers, Qui, nous rendant l'amour, nous remettent à l'aise. Soudain, de roc en roc, de falaise en falaise. Jaillirent, tout autour de lui, multipliés...

Les rives s'animaient, de partout palpitantes... Des échos, réveillés dans des antres lointains, Vccouraient^ frémissants. . . passaient. . . puis, plus éteints, Allaient mourir, là-bas, sur des grèves chantantes...

l]t le couplet fini, succédaient d'autres airs, D'autres airs en réponse escortaient son sillage ; C'était, lui scniblait-il, la Patrie en voyage, Dont les voix par milliers enchantaient ces déserts.

Tous les monls tressaillaient dans leurs rudes vertèbres, Surpris de s'émouvoir aux accents du rameur : Lui-même, souriant à son pouvoir charmeur, Chantait pour conjurer les esprits de ténèbres.

Et les chers mots vibrants roulaient répercutés. Montaient ou descendaient en torrents d'harmonies, Et, tout en s'épanchant, les syllabes bénies Dans son esprit en fête allumaient des clarté^ !

Depuis les premiers soirs de France dans ce monde, Bien des ans ont glissé, Saguenay, sur ton onde ; Mais nous de même encore, assidus pèlerins, Nous venons, le cœur plein de l'orgueil le plus tendre, Saguenay, Saguenay mystérieux, tentendre Magnifier nos mots de France souverains 1

\ ois, nous venons de loin pour t'honorer ; moi-même, .l'ai laissé ma maison, là-bas, — tout ce qui m'aime, Et, pour que nos désirs soient plus vite obéis, Penchant la coupe pleine, où la mousse scintille^ Saguenay, nous t'ofl'rons, au festin de famille, Lne libation de vin du vieux pays 1

Et maintenant reçois, pour qu'elles s'amplifient, Les implorations que nos cœurs te confient, L'appel des bénédictions sur notre sang ; Et jusqu'au fond de tes insondables abîmes, Comme au granit, aux bois frissonnants de tes cimes, Répète-les sans lin, fleuve à l'écho puissant 1

— c Dieu veuille protéger la France d'Amérique, Exalter ce qui dort de forces dans son sein, Propager, à grands flots de jeunesse lyrique, Sa vie associée à l'éternel dessein !

c( Puissent sur des sols neufs qu'ont gagnés les charrues, Partout, pour les couteaux des riches fauchaisons, Avec une rumeur sourde de vastes crues, La houle des froments monter aux horizons !

« Puissent sans se tarir, dans les érablières, Les arbres distiller le baume de leurs flancs 1 Puissent les lents troupeaux des vaches familières Traîner sur les prés verts leurs pis plus ruisselants 1

{( Puissent, autour du poêle, et les fils et les filles, Dont le bras doit plus loin refouler les déserts, Dans le cercle élargi des chrétiennes familles, Ensemble à l'unisson rajeunir les vieux airs 1

« Qu'avec le creur humain le règne de Dieu croisse. Avec le Dieu vivant, les fraternels exploits ; Que plus avant toujours, de paroisse en paroisse, Sur la croix des clochers luise le coq gaulois 1

" Et tandis que le bronze égrène ses prières, l'uisseiit, dans la splendeur des soirs victorieux, Plus d'entants au foyer, à genoux près des mères, Dire pour le pays l'oraison des aïeux ! »

— ■ Tel pour le Canada reçois notre cantique ; Tel aussi, Saguenay fidèle et prophétique, Képèle-le bien haut avec mysticité 1 Seconde-nous de tous tes échos 1 Fais-nous croire Que nos lèvres n'ont pas sans proht et sans gloire Lancé les mots de France au Gap Eternité 1

qAux oAzbies ''ëanadiens^.

Au distingué publiciste, M. Omer Héuoux. .

Arbres, (ils des grands bois aussi vieux que le moude. Qu'au flanc des monts chenus la hache a massacres, Vous pourtant qu'un front haut, la racine profonde. Semblaient rendre deux fois sacrés I

Arbres, dont le torrent déchaîné lit sa proie. Dont jusqu'au cœur la chair palpitante frémit Sous les dents de l'acier qui la happe et la broie Aux moulins de Chicoutimi 1

Arbres du (Canada, martyrs de la patrie, Vous ne voudriez pas de ces plaintifs émois Que jadis soupirait sur sa foret meurtrie Notre Ronsard le Yendômois I

I. Vers dits au Monument ?SatioiiaI, à Montréal, le 8 juilit'l

Héroïques enfants, dont l'épaisse fourrure Si longtemps de la mère a défendu le sein, Dontlhomme a fait tomber la sauvage parure Pour vous unir à son dessein 1

Non ! vous ne voulez pas des pleurs d'une élégie, D'ime aveugle pitié sans courage — ô vaillants ! Mais un hymne d'espoir, de joyeuse énergie, (lomme il en faut à des croyants !

0 fiers sacrifiés qu'ennoblit le supplice, Vous mourez sans regrets, glorieux et contents ; Le trépas, n'est-ce point un passage, une lice, Qui mène à d'éternels printemps ?

Vous mourez, c'est vrai , beaux Arbres, mais pour revivre Peut-être en belle prose, en beaux vers cadencés, Pour vous épanouir aux feuillets blancs du livre En des floraisons de pensers !

\lors, fils qu'a nourris la plus chaste des terres, Vieux Arbres canadiens, graves dépositaires Des secrets assoupis dans vos troncs abattus, Au livre, où le conseil des Sagesses se trace, \ l'œuvre de l'esprit, tutrice de la race, Joignez vos natives vertus !

Alors, mieux qu'autrefois sous la rugueuse écorce, Secourables, — versez à l'âme votre force,

Voire innocence au groupe liarmonieux des mots ; A chaque page auguste, où frémissent vos fibres, Arbres religieux des vastes forêts libres. Protégez l'homme encor de vos puissants rameaux !

Dans l'hymne du poète, avec vos rudes sèves, De la fraîche Nature épanchez tous les rêves, Et ceux de l'aube tendre et ceux du soir vermeil ; Aux chants de la veillée, aux contes des dimanches, Offrez tout ce qu'ailleurs ont recueilli vos branches D'azur, de neige et de soleil !

Régénérez les cœurs dolents 1 Calmez les fièvres ! Distillez vos parfums balsamiques aux lèvres. Les salubres vigueurs du pur llux végétal ! Enseignez, fils très bons, très simples, de la terre, Avec l'apaisement des choses — salutaire, L'attachement indestructible au sol natal 1

Qu'avec vous la jeunesse, Arbres saints, se recueille ! Distribuez-lui, goutte à goutte, feuille à feuille, Les largesses du ciel dont Dieu vous féconda ! Qu'au livre, où se maintient votre rustique empire, Dun trait, pieusement, l'àme du peuple aspire Tout son splentliile Canada !

|M4MmiMIIIIIIIMIIIMIMII^

"PoHE mon (Lac, en ^anaday

Au Iniii (jcotjraplw

de la iioiiDelh' carte

des amitiés françaises

et canadiennes,

M. EuGÎiNli UOUILLAUD.

Mou nom va vivre — o joie — en terre canadienne. Et la belle pairie, accueillante gardienne, Parmi ses meilleurs (ils choisit mes compagnons ; Là-bas, Rivard, Le May, Fréclictle et Crémazie, Vont enlacer au mien, en (leurs de poésie,

La guirlande de leurs cliers noms !

Moi, j'ai mieux qu'une rue aux cités que l'or londe : C'est, dans les bois lointains à l'agreste senteur, Un lacqui semble, ainsi qu'aux premiers joursdu m onde. Sortir des mains du Créateur !

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