‹ Le cantique du doux parlerChapitre 6 sur 35 · I . Captivité · texte numérisé non relu

I . Captivité

La divine « pazlute ».

«Dieu fit le français si doux et aimable principalement à l'honneur et louange de Lui-même... » (L'auteur de Manière de Language, à Bury-St-Edmund's. 1396).

Et le genlil français, à la cour favori, Parla, dicta les lois, ou chanta le poème : C'est lui qui trois cents ans garda le diadème, Roi de Londres, d'Oxford et de Cantorbéry...

Et c'est plaisir d'entendre un maître anglais, qui l'aime Et veut que nous l'aimions, dire tout attendri : (( Dieu t'a fait, doux français, si doux et si fleuri, « Pour que tu serves mieux à L'honorer Lui-même.

u Pour ta grande douceur et ta grande beauté

(( Il sied qu'on te compare au langage des Anges ... »

— O bon vieux maître anglais, avec joie écouté,

Du français reviens donc soutenir la fierté. Prouver qu'en son essor, digne de tes louanges. Il reste un parler cher à la Divinité !

(Leô %^oix de Jehanne.

Un clair midi d'été, chez Jeanne, à Domrémy, Comme une cloche au loin lançait son espérance, L'Archange se montra dans une transparence Radieuse, et son cœur d'enfant avait frémi.

K Vois la pitié, dit-il, au royaume de France : « Jeanne, il faut, de par Dieu, bouter hors l'ennemi. M Rendre au gentil Dauphin son sceptre raffermi... « Pars sans crainte accomplir l'œuvre de recouvrance. »

— Etdepuis, en tous lieux, tous combats, — sans défaut. Elle avait entendu ses « frères » de Là-Haut L'avertir et l'aider dans sa tâche immortelle...

Lorsqu'on lui demanda plus tard, dans son procès, Comment ses Voix parlaient : « Eh! comment, reprit-elle. M'auraient parlémes Voix, sinon en pur français .►* » —

(ijû Plainte de H^olze-T^ame (i 45 2 ).

Voilà sur le Parvis, pour le jeu du u Mystère », Tout le peuple — artisans, clercs, barons — réuni, Kt voilà — quel spectacle et quel drame I — la terre Piir l'Enfer et le Ciel rejointe à llnfini.

Toute la Passion rédemptrice s'avère

Sous nos yeux : ton baiser. Judas, — Gelhsémani,

Et Caïphe, etPilate, et le sang du Calvaire,

Et Jésus s'écriant : Lamma sabacthani !

Et tandis qu'il expire, à l'heure ténébreuse, Debout, sous le gibet, la Merge douloureuse Se lamente et s'épanche en maternels effrois. . .

Et le peuple entier pleure : en la plainte si tendre,

Si doucement française, il croit lui-même entendre

Pleurer son Ame aux pieds de son Dieu sur la Croix !

(iJoAdieu du %tonveze,

E ! Durendal, cum ies bêle e seintisme

Roland, près de la mort, parlant à son épée, Disait tous les combats gagnés, tous les pays Que pour l'empereur Karl son bras avait conquis Avec sa Durandal si blanche et bien trempée.

Et je vous dis de même, 6 mon français joli : Quelle terre de Dieu n'avez-vous occupée ? L'île anglaise en ses flots vous est-elle échappée ? Naple ou Constantinople, Athène ou Tripoli P

Et quand le monde entier devint votre conquête,

J'y mis de mes chansons l'universelle fête...

— Oh ! mon français, mon cher français si doux-parlant,

Puissez-vous ne souffrir ni dédain ni silence 1 Et, près de m'en aller, je dis comme Roland : « Seigneur, mon Seigneur Dieu, n'en laissez honnir Franc

La Gloite

deô Deux Ftanceô

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