‹ Le Canton de Vaud, sa vie et son histoireChapitre 22 sur 74 · VI. p. ajS · texte numérisé non relu

VI. p. ajS

Toutes les fois qu'il s'est fait un peu d'histoire chez nous notre Romand en a eu sa part. Ruchat lui a consacré quelquesuns de ses travaux. Nou8 avons déjà dit ceux de M. le D. Bridel : ses deux hisloricUes en patois vaudoîs, contenues daosle VII* vol. ilu G>a«enraiear Suisaei mérileraieol bien d'avoir une ■uite. Depuis la fio du dernier aiècle, soua Teffet de cette réaclioD littéraire qui annonçait du moins » si elle ne servit pas toujours , celte préoccupation de nationalité oii étaient tous les esprits, on vil paraîue plusieurs petites composilions romandes : les Bucolicos dè f ^i/jile, traduites, essai malheureux de l'avocat Pilhon , auquel il n'a manqué que de choisir un sujet avec plus de bon sens; lo Conio dau Craizà par M. de la Rue de Lutry ; la Pinte où Von m, ou le Voile à Jean-Pierre, par M. L. Bourgeois » ancien châtelain des Glées , Vuippens (Tverdon)^ 1801. Le Rans des Colomheitez, qui estdevenn européen, appartient à nos Alpes romandes. Nous avons aussi, en roman , plusieurs autres chansons vieilles et nouvelles , de bergers, de moissonneurs, de vignerons, de soldais el d'étudiants. (Voir ci-dessous, n^'xvii.)

Après les véritables compositions populaires, le Poile à Jean'-Piene ^ et lo Conto dau Craizà sont celles où le caractère national est peut- être le mieux saisi « dans le trait particulier qu'on a eu en vue , cette bonhomie en apparence toute ronde mais pleine de finesse ou de malignité, et douée de je ne sais quels angles rentrants qui , malgré l'aspect inoffensif de Tex- ' térieur, ne laissent pas de fort bien s'insinuer partout.

Lie Poile à Jean- Pierre j pamphlet politique et passionné, présente ce trait dans sa réalité la plus brutale , dans sa vérité la plus grossière. Voici quelques endroits qui peuvent It* mieux être cités.

ViMtM (Présideat d'oae société populaire).

Silence !

Citoyens, amis et frères. 11 oW pas douteux que le crime ne loil

DU LlVKt .SECOND. XLVII

ricbe el qae la vertu ne soil pauvre . . . Vous éles lous des gens de la campagne, des paysans, von;» gagnez voire pauvre vie en vous norfondant de peine ^ vos champs sonl engraissés de voire sueur. . .

Un GAMPAGNAfto , l'inlerrompanl.

« Ma fei, por mè ne sekâ pat prou por eàn ; boita adé doxe içai dèfemai per pousa ; eèn vau ancoi mix ^uè dè tan ickà, »

Un patbiotb*

... Je ne veux boire tos ijrana qu'avec leur aang.

Le PBtSIDBNT.

Bravo.

Un CAMrACNAlD.

Dfamo ttneoi mix on vêrro dè tUt vin, qut *na boîotlie dè tan dé ekrèquièn.

Le ra&siDSNT , avec indignalioo.

Non pas moi.

Ll GAMFAOltAMl.

Af a fei » n'àmo pat lo tan.

Ll PRÉSIDENT.

Tu n'es pas digne de noua.

Ln eAMPAOMAM.

ISe pu pas pire medii lo tan dè noUtre-i-animaux, comèn bèré" yo lo voàlro.

La pftÉsiosMT en foreur.

Oses-tu bien ne comparer à tea cochona!

Lb CAHPAOIIARO.

Ha pardeij ne son pas àsse^grâ què và. Md l oiquc . . , liberté , égalité, (ih boivent.; (p. S»-95.)

Lo Contù dau Craizà , écrit eo vers de douce sjUabes , a bien plus d*invenlion el d'originalité. La réalité, toute franche el rude qu'elle y soit encore, s'y présente daus des siluatioDs plus bizarres, y joue un jeu plu» maligoemeot oaïf , el

XLYllf BCLAlBa«8B1ftNTS

s'y eotoure île ilélails pîlloresques irouvt's dans le sujcl. Le Conte de ia Lampe f comme il s'appelle | ce pelil lableau de genre de notre vie campagnarde, avec ses peintures d'intérieur si parlantes et d'une rusticité où le fou-rire fait tout excuser» avec sa figure principàle enfin d*un comique si impassible et si candide y est un petit chef-^*ceuvre de simplicité » de gaité^ de récii y de nalurei et de natioDalité.

Odds né qne défie qu'on t^t nase pA ?eire, Sto grivvNS vtnji, avoué ée nés aimh , Eaveron ta miné, qoé n'éliâ tl drumis Hormis noùira 'Zabet

Le cria : « Paire ! paire! apporté lo craizù! aB dè voutr' aùtra raan ne venyi pas vouaisù». Saùlo fro dè mon llj aèns boutà mét culotté, Prënyo on bon bâton , ne ôià pas que cèn cotté. Kmpougoo mon craixù , frenno avé les égrâ . .

VII| p. 292.

Origines du Christianisme en Heîvétie, On n*en sait presque rien , ou rien pour mieux dire. (Voir Touvrage de fftumhardty traduit par Bost, I, 347 sqq.) Saiot-Béat est à peine une tradition ; le séjour de Colomban dans nos Alpes ne repose guères cjue sur une étjmologie (voir Consen>. suisse ^ V, 3i5) ; toutefois on lui attribue bien le cantique cité. Quanta réglise de Ljron, son caractère anti-pélagien est établi par les ouvrages de son évéque Irénée, mais on ne peut pas révoquer en doute ses liaisons avec Téglise grecque : Ruchat lui-même l'avait remarqué. Le rapprochement ou le jeu de mots que M. Michelet fait, au sujet de cette église, entre Saint-Pothin et Saint- Martio , est plus étrange que fondé.

(I) Nous savons qa*!! eiisle une correspondance en patois , prose et vers , entre une dame de Lausanne d le général de Ôady » alors à la eonr de Cbarles X.

Di LITRB SBCOlfO*

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