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Romans, Chansons de Gestb ou chants héroïques . — La France a été le centre de cette littérature au mojen-âge i elle a un grand nombre de ces Romans ou épopées chevaleresques, composées d*abord en vers puis traduites eu prose , auxquelles on ne peut refuser, malgré leur grossièreté surannée, de beaux épisodes et ce souffle épique qui , sans La Fontaine , aurait manqué au grand siècle. En outi'e^ sous la couleur des dou« sième et treixième siècles et avec une multitude de variantes et de procédés poétiques , on a reconnu k ces poèmes quelque fonds historique et national : ils paraissent être véritablement le roman de rhistoire de la féodalité. Chaque province avait le sien , contenant les iradiiious épiques de la caste
ou UVftB SfiCOflD. un
féodale , f;roupée8 autour d'uo kérpa principal ; le Brut pour les Bretons » le Rou ou Rollon pour les Normands y Garin pour les Lorrains , Àimeri, Guiilaume pour les Provençaux,
etc. etc. Celui de la Bourgogne , c'est Auberi le Bourgoing ou le Bourguignon ; ei voici luériie (quelques vers de ce poème qui se aeoteol tout-â-ratt du terroir :
Lambert te paimie d'Aubcri engin-
gnier ,
SouYcnl li donne de son vin le plus
chier;
LI (lus on boit qui ne s'i sot gaiticr, El cil Lniiibcrs le prinsl à armisnier : > Sire coiuin , moull faites à [u isicr. » Or chanterai pour vous esbannoier :
» Je tai de fette let chansont «om-
moncior
• Que nus jongieres ne m'en puestcn-
gingnier;
•Dirai voatenvolcniiers sans trîchîer*i Dont rnmmensa Lambcrs à flabloier Kt à chanter liaulcnienl sans dongter* A chacun vers li fait le vin baillter.
Mais le poète était de Bourgogne la léei^A large) et non pas de notre Haute-Bourgogne helvétique. 11 parle bien , trèssouvent, de Genmt ei du 6eniiei«w, mais il semblerait que ce soU plutôt Gènes sur la mer qu*il ait en vue. Toutefois les parents Auberi ^ le duo B^xin et sa femme Heremhors^ dont il est question au commencement du poème , sont évidemment une réminiscence de ce Bozon et de celte Hermengnrde qui foudèrenl le second ro^^aume de Bourgogne (ci-des8uS| p. 046). —
Oiies, Seignor, por Den leerialor.
Que Dex voi garl par la soie donsor ! Bonne clttnson ; ainz n'oïstcz meillnr.
Elle est escriple en la geste Fraucor ; Oir la doivent roi et duc et contor , Dames, pucelles et gentil vavaasor, Dou duc Batin q«i moalt ot de valor , El d'Aubcri son fd lo pointrnror Qui tant souiîri de paiuuc el de doloi- ; Hom de son tans n*en souffiri tant nul
Jor...
Monlt tint Bazins S4>9 pores graathoDOV,
I\rs fil de Geuves la fort cité major, lluiiiiais commence chansons de granl
valor ,
D*amors, de dames, de pitié, de donsor.
De mortel ^erre et de merles etiors ; N 'orroii meillor chanson par joogleor...
De grant honor \\ rois le rovcsti Que deBorgoigne eu droit Ué le saisi.
Toit li liaut home ont juré et plevi QuVn foi li iereni et il euls autressi ; >Ioult ramontèrent et moult Font oon-
joT.
Dame Erembors print le duc à mari.
Gentil fiimmeiere , s*otle eort eschevi ; Elle l*ama e K dut Barint 11 . . .
Quant morte fu Uercinbors as crias
blois ,
Dolans en fu Basins li Gcnnevois...
LIV iCLAIRaSSSIIENTS.
M. Francisque Michel a publié, en léle delà Chanson de Roland y un fragmeui de ce roman, à ce qu'il paraît remarquable | de VAubcrL Mais, grâce à Tamiiié de M. Sainie- Beuve, j'en dois une analyse développée à M. Chabaillei érudii très-versé dans celle vieille litléralure.
Quaot au romao de Garin'le^Loherain (p. 4^ t n*) e£fectiveménl il raconte, enlr*aulres exploits, la défaite des Maures à V'alprofonde dans les Alpes , mais je n'y ai rien apperçu d'historique en ce qui regarde nos contrées.
Le recueil de fabliaux découvert récemment à Neuchâicl par G.-A. Matile (voir Kevue suisse , il , a40 , 297) , ne aratt avoir aucun caractère local.