XII. p
Je lis dans une Représeniadon des quatre boimes^Uies (manuscrit, malheureusement incomplet), dont je dois connaissance à M. Ed. Bumand , de Moudon , membre du grandconseil, celte assertion remarquable :
a Les droits el les privilèges des dites quatre bonnes-villes ne leur ont pas été confirmées depuis Tannée 4603 , et il n'y a pas mémoire qu'avant ce lemps-là elles aient jamais laissé écouler un siècle entier sans 8*en procurer des corrobora lions. >
Celle représentation, qui ne se trouve pas dans Grenus, est de l'année ijiS, qui suivit la guerre de Vilmergen. £lle rappelle : \^ les capitulations et promesses faites en i535 ; après cela Tenait sans doute le traité de i564 sous la garantie de la France ; mais ici le manuscrit se trouve déchiré.
Dans de vieux cahiers dépareillés, écrits, à ce qu'il semble, vers le milieu do siècle passé, et contenant des fragments d'une histoire détaillée du Pajs-de-Vaud , Tanteur (anonyme) «'exprime ainsi à l'article du gouvernement :
.... a A celle époque (1 ')36) , la ville de Laasanne et son gouvernement se sonl de nouveau éleinls et demeurent dans l'obscurilé du tombeau avec le reste du pays. Car qu'est-ce que tous ces privilèges, libertés, droits municipaux si l'on veut? On fait sonner haut ces sortes de choses : mais c'est comme dit la chanson de ma nourrice qui veut
nous endormir. L'étal-souverain règne par lui el par ses officiers
Jt Skt tout, et tout te reste n'est rîen. »
XllI. p, 1081 et ia8i.
Le baron de Besenval dans ses curieux mémoires, (Paris,
DU J4VA£ TBClSlàm. UXXI
i8a5), nous fournit uoe nngoUdre preuve de ce que noue avont aTancé eur le méiange de fanatisme religieux et d*es-
pril d'insurrection qui, dans le parti catholique, poussait les masses à la guerre | eu 171a. Voici ce qu'il nous appreod (I, 5a, 53) :
c Ao eenaieacement du siècle , il y eut une guerre en SaÎMe, dont le préleite était la religion, et l'objet caché, de rendre popoJâiret les cantODt aritlocraiiques. I.e peuple des cantoos catboliqeet, eicilé par les moines, voalail la démocratie; les gens de condition, en possession des charges, tenaient pour rarislocralie ; mais n'étant f>as les plus forts, ils furent obligés de paraître adhérer au plus grand nombre, [.es cantons protestants soutenaient ouverlemcnt l'aristocratie, et elle aurait été détruite s'ils avaient eu le dessous.
V Les moines t ponr engager les peyseos à se bien battre, leur dis- Iriboèreol des agnus, en les assurant que, tant qu'ils les porteraient à leurs chapeaux, ils seraient invulnérables. Les catheliqaes et les [irotestants s'étanl rencontrés à Filoergoe, il s'y donna one bataille décisive. Les catholiques, surpris de ?eir tomber les leurs malgré l'égide qu'ils portaient , s'avisèrent de casser de ces agnus y et ils trouvèrent dans chacun un billet où il y avait écrit une petite phrase allemande, dont voici la traduction : Défends-toi, lâche ! on devine que j'affaiblis ré|)iiliète. M. Pfyffer m'a assuré avoir encore chez lui, à Lucerne, de ces agnut»
Un Pfjffer commandait les catholiques, a Ce chef, (ajoute Besen- ▼al, qui eisgère en lavenr de son parti et de son anecdote, msis cette dernière n'en est pas moins curieuse), ce chef ne voulant point vaincre les protestants, ce qui aurait rendu démocratique tons les cantons catholiques, prit une mauvaise position et même se laissa tourner. Son fils, qui n'était point dans le secret, s'étanl aperçu de la faute que faisait son père , après l'en avoir averti, voyant qu'il ne faisait rien pour la réparer, plein d'un enthousiasme patriotique digne des premiers Romains, vertu dont les Suisses sont bien corrigés, s'écriait de rang en rang : Quoi personne ne tuera mon père I pour moi Je ne le puis j Je tuU sonJiU, »