XV. p
Voici , textuellement, cette pièce, sauf un peu de condensation et le retranchement de quelques passages trop crus d'expressions et de faits, que notre devoir d'historien ne nous a pourtant pas permis de toujours adoucir.
9 Très-hoDorés Seigaeurs, hoDorablesMessieors! — Noos, les Ir^- » hombles servUeors et malheureux sujets <Ie Vos Seigneuries, les 9 Brigands , Assassins et Voleurs des grands cbemins du Pays-de- » Vandy prenons ta liberté de voos représenter , en toute humilité , » que, depuis quelque temps en ça, réduits à l'extrémité , sans support n et sans espérance de grâce, nous déplorons notre sort ; voyant notre » nombre considérablement diminué par la sévérité qu'on exerce con* 9 Ire nous, comme si nous étions les seuls malfaiteurs, les seules pestes 9 de la société, taudis qu'on laisse en repos un nombre infai de acé~ » lérals, sans en faire presque aacnae recherche. Nous espérons de » l'équité de vos jogements que vous daigneres nous acoorder la
DO UVRB TBOlIlfcMB.
LXXXIU
» même fiTeiir, « tout «m la boulé 4'écouler not faitooi tt de les 9 poodlérer mAremeal, ••■« partialilé.
» Noos croyons de boDoe foi qoe les alliées, tes sorelers, les magl- » cîeiis, les (aossaîres, les empoisonneurs, les ravisseurs elanlres sem- • blabtes, nos compagitous, ne sont pas moins coupables qoe nous : et » cependant nous ne voyons pas qu'on les poursuire avec tant de cba- » leur et de rigueur* On ne fait presque aucun cbâtimeni aux aduf- * » làres» ans paillards, aux larrons, aux sacrilèges, aux concuseion- 9 naires et pareilles gens de renom : au contraire. Il y en a qui sont » nos juges, bien qu'on devrait, ce semble, exclure des tribunaux ces » gent-li, et ne pas nous Ciire juger par des bommes autant et plus » coupables que nous. »
Sttit uoe affireyee ëntunératioa de tout les genres d'infanticides pratiqués alors dans le pays selon Tanteur de la requête.
« Nous en sa?ooa qui font tomber le fruit arant sa autnriléy et qui » quelquefois font mourir la mère et le fruit d'aulrca encore qui » font trou? er les portes de la mort à rentrée du monde afin que les » créatures bumaines ne voient pas la lumière des vivants. Ces gens-là » sont tolérés, et nous périssons sans miséricorde. Nous êtona la vie à » des passants, il est vrai; mais ce sont souvent de grands pécbeurs » comme vous et nous : et ces gens-là , comme Hérode, font mourir » des innocents. Nous ne serions pas asses fols qoe de souffrir qu'on » ni la même cbose à nos bêtes, ni qu'on empêcbàt seulement nos » grains de germer et de croUre.*.. Noos ne sommes pas ai brigands » que nous ne comprenions bien que celoi qui ferait la même chose » à une cavale, à une vacbe , à une brebis, mériterait d'être échiné » par le possesseur..... On se plaint que nous détruisons la société, et » que nous privions le monde de personnes qui y peuvent être Irès- » utiles : eh qui sait si les enfants à qui l'on empêcbe de voir la lu- » mière n'eussent pas été plus utiles que ceux que nous forgeons? » Quant à nous , nous avons sujet de déplorer leur perle , car ils an- » raient pu porter un jour de l'argent par les chemins et être brigan- I* dés : on nous ôte notre proie par ce moyen. Nous sommes surpris.... o qu'on trouve des enfants morts dans les châteaux cl dans les hêpi- » taux sans qu'on en fasse des recherches; et si l'on Irouvait seulex> ment une main ou un doigt dans uo chemin , ou se meUrail d'abord ]> en campagne après nous. »
Après ce prologue lugubre, Tauleur passe en revue le genre de vie des divei ses classes de la société| gens d'aSakeSf gens de loi| gens de letlres| nobles et seigneurs» tout ce 4|ii'on ap-