‹ Le cap de Bonne-Esperance au XVIIe siècleChapitre 170 sur 201 · ENFANTS · texte numérisé non relu

ENFANTS

DES

ESCLAVES

Ainsi, pendant les trente premières années de la colonisation, de 1058 à 1087, le nombre des esclaves s'est élevé de 89 5^274 : il a triplé. Pendant les vingt et une années subséquentes, de 1087 à 1708, il s'est élevé de 274 à 1147 : il a quadruplé. En cinquante ans, de 1058 à 1708, il a grandi dans la proportion de 1 à 12.

L’élément masculin l’a invariablement emporté très sensiblement sur l'élément féminin : il y a toujours eu une proportion de six esclaves hommes pour une esclave femme. Les enfants nés d'esclaves élaienl relativement peu nombreux, ils s’élevaient

pourtant, en 1708, au chiffre de loi, et représentaient, pour l’avenir, une main-d’œuvre assurée.

Le gouvernement du Cap traita les esclaves d’une manière relativement humaine et s’inspira généralement des conseils que la Chambre d’Amsterdam donnait à van Riebeeck, le 31 mars 1657, quand elle lui recommandait « de la bienveillance à l’égard des esclaves, pour les habituer, écrivait-elle, à bien faire et pour nous les attacher par ces procédés 1 ».

Les esclaves de la Compagnie habitaient dans la ville même du Cap « un grand corps de logis » bâti à l’entrée du jardin. Leur nourriture était l'objet de quelque attention : le riz en constituait le fond ; mais on y a joutait parfois du poisson pêché dans les baies de la côte occidentale, Hout, Saldanha ou Sainte-Hélène, et le Journal du Cap contient des mentions de ce genre : « 30 mai 1007 . Envoyé le Westivout à la baie de Saldanha pêcher pour nos esclaves. — 9 mai 1007 . Le Bçuydegom est envoyé à la baie Hout pour prendre du poisson pour les esclaves. — 12 mai 1073. Le Bruydegom arrive de la baie de Saldanha avec vingt-deux caisses de poisson salé, provision très bien venue pour les esclaves 2. »

Les doléances présentées par les esclaves étaient non pas brutalement repoussées, mais examinées.

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