‹ Le cap de Bonne-Esperance au XVIIe siècleChapitre 177 sur 201 · I. Requesten (Memorials), p · texte numérisé non relu

I. Requesten (Memorials), p

LES ESCLAVES

Dix-Sepl à Amsterdam ou à Middelburg. Ces menus faits de la vie île tous les jours, services domestiques, jardinage et culture des champs, attelage des bœufs et conduite des chariots, abattage des arbres et garde du bétail s'accomplirent pourtant et en nombre infini.

Certains actes d'affranchissement prouvent que, parmi les esclaves du Cap, il y eut des serviteurs dociles, laborieux, attentifs et dévoués; pourquoi la bonne négresse Marie, qui veilla sur l'enfance de Paul et de Virginie, ne se serait-elle point rencontrée ailleurs qu’à l'Ile-de-France?

Nous pouvons juger le travail servile odieux; nous devons en poursuivre l'abolition sur les points du globe où il est encore institué; mais ce serait vouloir être paradoxal délibérément que de lui dénier toute valeur.

Réciproquement, il n’est pas douteux non plus que l'esclavage ait été, au Cap comme ailleurs, l’origine de désordres multiples. Mais comme les méfaits des esclaves eurent, chacun considéré en soi, un caractère exceptionnel et furent accompagnés de circonstances souvent singulières et parfois tragiques, ils ont été notés dans les documents et sont parvenus à notre connaissance.

Voici quelques exemples des attentats dont les colons furent victimes dans leurs maisons mêmes.

En mai 1700, Jacob van der Hœven, cultivateur

de la Compagnie à Yissershoek, est assassiné par ses deux esclaves. — Le -1 7 mai 1708 Ariaantje Malmer se trouvait seule à la maison, avec sa fille et un petit enfant. Son esclave, Corvdon van Madras, étant ivre, frappe la jeune fille et, comme sa mère essayait de la défendre, il la jette à terre en la tirant par les cheveux et lui porte plusieurs coups avec une barre de fer. — En avril 1717 la maison de Pietervan der Westhuysen faillit être incendiée par Arend van Bengal. — Le cas suivant fut particulièrement grave. On se rappelle La Jalouse , ce mime singulier du poète grec llerodas, qui a pour sujet les démêlés d’une certaine Bitinna avec Gaslron, son esclave, qu’elle « a élevé au rang d'homme », c’est-àdire d’amant. A mêmes institutions sociales mœurs semblables. En 1714 une certaine Maria de Middclburg, femme d'un colon, avait un esclave nommé Titus van Bengal. Elle aussi l'éleva au rang d'homme et en fil son amant. Mais, épilogue plus tragique dans la réalité que dans la fiction, Maria et Titus jugèrent gênante la présence de celui qui était le mari et le maître, et alors, avec la complicité d’un autre esclave nommé Fortuin, ils l’assassinèrent1.

Quant aux viols ou tentatives de viol de jeunes filles ou de femmes mariées, crimes aujourd'hui encore commis par les noirs aux États-Unis, et qui provoquent les représailles que l’on sait, les esclaves

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