Journal, 1099-1732, p
LES ESCLAVES
du Cap s'en rendaient coupables, et on en trouve dans les documents des exemples assez fréquents.
Les Européens du Cap avaient donc à se défier des esclaves qui habitaient sous leur propre toit, mais ils avaient plus encore à redouter les esclaves fugitifs, qui tenaient la campagne.
Parmi les esclaves importés au Cap, il y en avait qui ne se résignaient jamais à leur sort et qui préféraient tous les aléas de la vie errante à la servitude. Parfois même ils exprimaient naïvement la volonté de retourner dans leur pays d’origine. En mars 1G69, quelques-uns de ces malheureux déclarèrent qu'ils se sauvaient « parce, qu'en demeurant, ils resteraient esclaves et seraient contraints de travailler, qu'ils ne pouvaient plus supporter davantage les coups et les mauvais traitements... Ils partaient donc, et, si les vivres leur manquaient, ils mourraient ensemble1 ;J. Beaucoup dans la même condition pensaient et agissaient pareillement.
Il y en eut qui tentèrent de se sauver à bord des navires en rade. Tel cet esclave de Johannes Prctorius2, qui le 17 décembre ltiTfi se lança avec une audace inouïe, au milieu de la baie de la Table sur uu radeau formé de trois portes liées ensemble, aborda le vaisseau anglais The Society et s'y cacha,