Ibid., 1699-1732, p
à la pendaison, après ablation de la main droite, un esclave meurtrier de son maître. Le 2 octobre 1732, Hendrik van Nias et Pagalct van Coromandel, respectivement esclaves des colons Andries Grové et Andries du Toit, sont condamnes, l’un pour viol et l’autre pour assassinat, à être rompus et laissés sur la roue, sans recevoir de coup de grâce, jusqu’au coucher du soleil, puis à être étranglés et exposés « jusqu’à la destruction de leur corps par l'air et par les oiseaux du ciel 1 ».
Quant à Titus van Bengal, qui de complicité avec sa maîtresse avait assassiné son maître, il fut condamné à être empalé. Ce crime inouï et ce châtiment exceptionnel excitèrent d'ailleurs dans la colonie une vive émotion. Le secrétaire rédacteur du Journal en oublie momentanément son flegme habituel, et après avoir raconté la manière, d'ailleurs très courageuse, dont Titus subit sa peine, il ajoute : « Supplice bon pour des Romains, mais abominable chez des chrétiens2! »
Mais tous ces châtiments, dont le détail donne à frémir, n’empêchaient pas les esclaves de s’enfuir, de voler, d'assassiner.
Pour rendre la sécurité à la colonie, il eût fallu renoncer à la main-d'œuvre servile, mais personne n'en avait l'idée. De même que les anciens ne concevaient pas la vie sans l’esclavage, et qu’Aristote le