Letters rec., 1049-62, 11, p
l’escale du cap.
A cel égard et bien que la Chambre de Middelburg lui ait envoyé, le 2 mai 1657, par le Oyevaar deux béliers et six brebis « de la meilleure race » de Zélande1, il dépendit entièrement des indigènes.
I. — Les Hottentots qui peuplaient le Cap au moment où les Hollandais y débarquèrent se partageaient en tribus, que van Riebeeck, entièrement ignorant de leur langue et à la merci d’interprètes qui le trompaient, un certain Herry, une certaine Éva, éprouva de la difficulté à distinguer les unes des autres.
Il réussit pourtant à obtenir graduellement certaines notions ethnographiques, dont voici un résumé. Autour de la baie de la Table, trois tribus : les Goringhaiconas (groupe infime de dix-huit hommes), les Goringhaiquas, surnommés les « Ivaapmen » (300 hommes); les Gorachouquas, surnommés les « voleurs de tabac » (600 à 700 hommes). A l’est, dans la région inconnue située entre le Cap et le Natal, les Chainouquas et les Hessequas, puis beaucoup d’autres dont van Riebeeck ne connut que les noms : Hancumquas, Chamaquas, Ammaquas, Attaquas, Idoutunquas, Chauquas. Au nord, nomadisant entre la baie de Saldanha et « la chaîne des montagnes d’Afrique », les Cochoquas, surnommés Saldanhars, comptant plusieurs milliers d'hommes et
1. Letters rec., 1649-G2, I, p. 302. — Riebeeck's J., II, p. 39.
•JOHAN VAN RIEBEECK.
divisés en deux groupes gouvernés par les chefs OEdasoa et Gonnema; dans les mêmes parages, les Petits Chariguriquas (environ 3Ü0 hommes), fraction dissidente des Cochoquas, et les Grands Chariguriquas.
Tous ces indigènes sont « brutes comme des bêtes, vivent dans des camps mobiles formés de huttes en roseaux, sont couverts de peaux hirsutes et barbouillés de la manière la plus puante 1 ».
Les Cochoquas l’emportaient sur toutes les autres tribus. En octobre et novembre 1638, ils séjournèrent au nord-est du Cap. L’enseigne van Harwarden revint de leur camp frappé de leur puissance. Lui « qui avait servi dans l’armée des États Généraux », il n’avait jamais vu tant d’hommes campés en un même lieu. Ce sont tous, dit-il, de solides gaillards. Le chef OEdasoa, vêtu de peaux comme les autres Hottentots, est si barbouillé de graisse qu’elle dégoutte le long de son corps : c’est leur élégance; il a pour lui trois huttes si remplies de sagaies, d’arcs et de flèches qu'on dirait un arsenal. Si nombreux est leur bétail, qu’on n’en saurait voir la fin; en un demi-jour il vous aurait nettoyé tous le§ pâturages du Cap. ils sont obligés de changer constamment de place, « ils se meuvent comme des armées en fuite; on ne peut les saisir que comme des oiseaux dans l’air 2 ».