AURÉLIE, SAVINIEN’N
s A VIN I EN, entrant par la gauche.
Je savais bien que je finirais par vous trouver. Bonjour, ange de la résistance 1
AURÉLIE, froidement.
Vous êtes donc à Bade, vous?
SAVINIEN
Dame , puisque vous y êtes. J’ai lu dans les journaux que vous répétiez un proverbe, et j’arrive tout exprès pour vou applaudir.
* Le garçon, Anrèlie.
Savinien, Anrëlle.
AURÉLIE, mèinejen.
Vous êtes bien bon.
SAVINIEN
Moi, je suis tout bêtement amoureux.
AURÉLIE, passant devaut lui.
Le voyage à Badt! ou le claqueur par amour. Il y a une idée de pièce là-dedans. Je la donnerai à un homme d’esprit.
SAVINIEN*
Ah çà ! mais vous me recevez à la baïonnette ; qu’est-co que je vous ai fait ?
AURÉLIE, s’asseyant à gauche.
Rien; mais je trouve assez impertinent que les désœuvrés de Paris viennent se ]»lacarder à ma porte comme des affiches. On lira demain dans tous les petits journaux : «M. Savinien Raynaud a suivi jusqu’à Bade mademoiselle Aurélie, du théàü’c...»
SAVINIEN
Je voudrais bien voir qu’un faquin de chroniqueur se permît de publier mon nom!
AURÉLIE
Oh ! vous, on ne mettra que vos initiales, parce que vous êtes un homme du monde; mais, quant à moi, on m’imprimera toute vive, en lettres majuscules. C’est un privilège de mon état.
SAVINIEN
Eh bien , je ne suis pas venu pour vous, si la chose vous incommode. Bttde est une ville de jeu; j’y viens jouer tous les ans, et me voici.
AURÉLIE
Je vous recommande la banque de Hombourg. Elle offre im avantage de quarante pour cent sur celle de Bade, et tous les vrais joueurs lui donnent la préférence.
SAVINIEN
Pourquoi diable avez-vous à cœur de m’exiler d’ici ?
AURÉLI E.
Pourquoi diable vous obstinez-vous à me faire la cour?
SAVINIEN
Parce qiuî je vous aime.
* Aarélie, Savinien.