‹ Le capitaine Bitterlin comedie en un acte, en proseChapitre 12 sur 33 · BITTERLIN, EMMA, SAVINIEN, HENRI, AURÉLIE · texte numérisé non relu

BITTERLIN, EMMA, SAVINIEN, HENRI, AURÉLIE

assise à table.

BITTERLIN.

Pardon, monsieur, qu’est-ce que cela vous fait?

SAVINIEN, passant derrière.

Mon oncle !

BITTERLIN, faisaut passer Emma devant Henri et devant lui

Prends ta cousine I (sitterlin veut sortir avec tout te monde pour aller dans la salle de jeu. Il est retenu par Henri.)

HENRI

Mon Dieu ! monsieur, ma question était fort naturelle. J'ai eu le jtlaisir de faire un voyage charmant en votre compagnie, et je ne me consolerais pas de vous perdre sitôt.

BITTERLIN, ironiquement.

Ah! ma foi oui, nous pouvons nous vanter d’avoir fait un joli voyage ! J’en ai pour longtemps, de votre Suisse et de vos trains de plaisir I mauvais chemins, mauvaises auberges, mauvais lits, et des compagnons de voyage qui vous mangent dans la main. Serviteur, monsieur, (ii lui tourne le dos.)

HENRI

Pour moi, monsieur, je garderai toute ma vie un excellent souvenir des bonnes journées que je viens de passer avec vous.

BITTERLIN, revenant.

Est-ce f{uc vous vous moquez de moi ?

HENRI

A Dieu ne plaise, monsieui', que je manque à vos cheveux blancs ! Croyez que votre ôge, votre franchise, votre brusquerie même... Enlin, je ne vois rien en vous qui ne soit digne de mon respect.

BITTERLIN.

Sacrebleu ! monsieur, je ne suis pas encore une momie, et je vous trouve bien hardi de m’empailler avec tous vos respects. Vous avez le galimatias désagréable ce matin.

HENRI

En vérité, cher monsieur, je m’étonne...

Aurélie. Henri, Bitterlin, Emma, Savinien.

BITTERLIN.

Cher monsieur, cher monsieur, c’est bientôt ditl Est-cô que je vous ai prié d’avoir de l’amitié pour moi ? Est-ce que nous avons fait la guerre ensemble? Est-ce que vous avez servi dans la 4® du 2® du 104®? — Je ne vous connais pas, sinon depuis quinze jours que vous me marchez sur les talons, monsieur. — Prends ta cousine une fois pour toutes ! Nous allons montrer à ces torlilleurs de cartes la ligure d’un homme de principes, et, demain matin, serviteur aux Allemands ! (il remonte, précédé d’Emma, qui donne le bras à SaTinien.)

EMMA

Où donc irons-nous, mon père ?

BITTERLIM.

Dans un endroit où il n’y a pas de petits messieurs, au camp de Châlons ! (a Henri.) Je n’espère pas avoir l’hoimeur de vous y rencontrer, (a SaTînien et à Emma.) En roule, mauvaise troupe ! (ils sortent par la droite.)

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