SCÈNE XI SR
SAVISIEN *.
Au fait, si tu ne le sens pas le courage de lutter contre mon oncle... eh bien, tu as encore un beau rôle à jouer. Retourne à Paris, cherclie des distractions, achète des chevaux, prends une maîtresse... afüche-toi, morbleu ! et montre au père Bitterliii qu’un garçon comme toi peut s’amuser sans lui. <£
HENRI
Tu as raison, je me passerai de lui, d’elle, de tous ceux qui m’qnt fait souffrir.
SAVINIEN
Bravo !
HENRI
Il y a une femme qui a été pour moi plus qu’une maîtresse, plus qu’une sœur, plus qu’un ange! Elle m’a pardonné, elle m’a soutenu, elle m’a consolé; je veux lui prouver à mon tour que je ne suis pas un ingrat!
SAVINIEN
Très-bien !
HENRI
Aurélie! chère et bonne Aurélie ! je reviens à vous comme le pigeon de La Fontaine. Voulez-vous do moi? (ii tombe à «es
pieds.)
SAVINIEN
A qui diable en a-t-il?... Henri, tu perds la tête !
HENRI
Non ! je donne mon cœur à la seule femme qui m’ait jainai® aimé !
SAVINIEN, le faisant lerer.
Mais c’est une indélicatesse, une trahison, un crime!
HENRI
Ah çà! mais à ton tour à quoi penses-tu?
SAVINIEN
Je dis qu’on ne se conduit pas de la sorte! Que c’est un procédé inqualifiable... que...
HENRI
Mais tu l’as conseillé toi-même!
* Aarèlie, Henri, Savinien.
^ Aurélie, Savinien, Henri.
Llî CAPITAINE BITTERLIN.
SA VIME^.
Moi , je l’ai conseillé ? C’est bien possible ; mais je ne savais pas.. .je ne savais pas... j’oubliais...
HENRI
Quoi ?
SAVINIEN
Au fait, qu’est-ce que j’ouliliais?... J’oubliais ma cousine, oui, ma cousine Emma, ma petite cousine Emma Ditterliu qui l’aime !
HEN R I
Eb! non, elle ne m’aime pas! Si elle m’aimait seulement un peu, elle l’aurait laissé voir!
SAVINIEN
Et le monde? et les convenances ? et la vertu?... Est-ce qu’une demoiselle peut venir de but en blanc se jeter à ton cou? Est-ce qu’une demoiselle... est-ce qu’une... est-ce que... (Retournaut Henri vers le fond.) Regarde, malbeureux! et ose dire que c’est pour moi qu’elle vient ici.
HENRI
Emma, toute seule! c’est impossible!
AU R ÉLIS) venant donner le bras à Savinien.
Mon cher ami, je vous remercierai plus tard de votre bon mouvement. Vous vous êtes jeté dans mes bras... avec une pierre au cou; mais vous aimez mademoiselle Bitterlin, elle vient à vous., . et il convient que je me retire.
SAVINIEN
Oui, soyez heureux, soyez-le vile ! (ll sort avec Aurélie par la droite. Emma, qui avait traversé au fond, rentre par la gauche.)