SCÈNE XVI
Les mêmes, BITTERLIN.
HENRI, à Aurélie.
Ne me quijtez pas !
AURÉLIE
Non ! Mais si vous mollissez un instant, je m’en vais. (Elle va s’asseoir.)
BITTERLIN*.
Monsieur... on ne m’a pas trompé... vous êtes encore... aussi j’ai couru... Vous... je... mademoiselle, que voici... ma réputation... le gros Anglais... Il ne s’agit pas de se sauver en Amérique parle chemin de fer, vous comprenez bien. Du II sle, il ne faut pas t.ant de paroles... tenez, voici votre argent. (ll lui présente une poignée de billets et de rouleaux.)
HENRI, se reculant.
Pardon, monsieur, j’espère que vous ne doutez point de * Aurélie, Bitterlin Henri.
mou respect pour vous !• . (Aurélie se lève. Il puursuii résolùmeut.) Mais VOUS n’avez pas d’argent à moi.
BITTERLIN .
Ail I Je n’ai pas d’argent à vous ! Je suis donc un Joueur, un tripoteur de cartes?... Et vous insultez mes cheveux bl... mes cheveux bl... vous insultez mes cheveux !...
Capitaine, rien n’est plus loin de ma pensée, et je suis tout prêt à vous débarrasser de cette somme... (Aurélie se lève, il reprend fièrcmeut.) si VOUS uic prouvcz clairement qu’elle est à moi !
BITTERLIN.
Est-ce que vous doutez de ma parole ?
HENRI
Je n’en douterais pas si vous me réclamiez de l’argent; quand vous m’en apportez, il me faut des preuves !
BITTERLIN.
Avez-vous laissé vingt francs' sur la noire, oui ou non ?
HENRI
Oui !
BITTERLIN.
Eh bien, monsieur, je vous les rapporte, avec leurs enfants et petits-enfants.
' HENRI
Total?
BITTERLIN.
Cent vingt et un mille deux cent quarante francs’ monsieur I
HENRI
Capitaine, vous vous moquez de moi !
BITTERLIN, autant sa main pleine.
Vous voyez bien que non !
Combien de fois la noire a-t-elle donc passé ?
BITTERLIN .
Est-ce que vous m’avez cliargé de marquer les coups?...
, HENRI
Non , capitaine, je ne vous ai chargé de rien, pas même de jouer pour moi!
BITTERLIN.
-Je n’ai pas joué, vous dis-je!...