‹ Le capitaine Bitterlin comedie en un acte, en proseChapitre 31 sur 33 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

Les mêmes, SAVINIEN*.

SAVIMEN.

Mon cher oncle, je n’ai rien à vous refuser. Lord Grimm nous fera l’iionneur de se mettre de la partie.

LORD GRIMM

Oh ! avec plaisir !

SAVINIEN

Mais il est bon, U est indispensable que nous connaissions les motifs de la querelle.

LORD GRIMM

Oh! certainement !

BITTERLIN.

Mon Dieu, messieurs, rien n’est plus simple : j’ai offert .à .M. de Luce de lui rendre ma tille, qui lui appartient légitimement... Qu’est-ce que je dis?... «le lui rendre cent vingt mille francs qui sont à lui. Monsieur refuse ma fille... mm î l’argent.. . mais si, ma lillc! Enlin, monsieur refuse tout! Mais qu’est-ce que ma tille vient faire là-dedans? Ah! j’y

* Henri, S.iviiiieii, BiUciTiii, lord Grimm.

suis! J’ai gagné au jeu, non pas pour moi, mais pour ma lille, non ! pour M. de Luce... une jeune fille pure et qui n’a jamais, non ! un argent déshonoré... qui n’a jamais quitté son père. Je n’ai pas voulu la mettre en pension... l’honneur d’un homme tel que moi vaut plus de cent vingt nulle francs, et ma fille aussi ! Enfin, messieurs, M. de Luce refuse d’épouser son argent; il a fourré ma fille dans mon chapeau, je l’ai laissée tomber, et l’affaire ne peut s’arranger qu’à coups de sabre ! Est-ce clair ?

Parfaitement, mon oncle !

LORD GK1M.M

Oh oui !

BITTERLIN.

Vous comprenez qu’il faut du sang.

SAVIMEN.

Il en faut beaucoup ; mais je vous demande la permission d’adresser deux mots en votre présence à mon ancien ami, M. de Luce. (a Henri.) Monsieur, il y a deux choses que je ne dois pas laisser ignorer : l’une, c'est qu’après la discussion publique que vous avez provoquée aujourd’hui, mademoiselle Bitterlin reste compromise, au point de ne pouvoir épouseT un autre homme que vous.

HENRI

Est-il possible ?

LORD GRIMM

Oh oui I

BITTERLIN.

Mais, c'est évident, monsieur ! (a Savinicn.) Achevé I SAVINIEN.

J’ajoute qu’après un duel, si, par malheur, vous persistez à aller jusque-là, la pauvre enfant n’aurait plus môme la rebource de devenir votre femme, et vous la condamneriez à un célibat éternel.

LORD GRIMM

Oh oui !

Eh bien, elle n’en mourra pas ! 11 y en a bien d’autres qui sont restées filles! Mais, quant à vous, monsieur...

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