ACTE PREMIER M
A travers les moissons. Les guéréts, les baisi^ons...
Du coursier qui Tentraîne Où l'instinct le promène.
Le soudard^
Au hasard.
S'élance à perdre haleine, ' « De tous combats il réclame sa part U.
A nous le monde entier, mon coursier !...
Sans autre toit que le ciel bleu.
Sans autre roi que l'or qui sonne>
Sans loi nilieu^
Sans foi ni feu.
Je ne relève de personne...
Mordieu ! cordieu ! sangdieu !.. •
Homme à vendre
Si l'on veut,
Homme à pendre...
Si Ton peut !
Des puissants .,
'' ' Et des grands
Epousant les sottises Sans savoir, par ma foi, Ni comment^ ni pourquoi t Ravageant villes prises.
Les couvents, les églises, ' '
< . ,. • Le soudard
Au rempart, ,^
Dans les cités conquises, D'or et d'amour se fait la bonne part...
A nous le monde entier, ,
mon coursier!
. - ' Sans autre toit, etc., etc. s
j. Homme à pendre
Si Ton peut i... ,
HENRI, après le chant, dans ses dents*
On le pourra !
DON FABRICE, lai tendant la main.
AUonst c'est chose dite! vous quittez ce vilain roitelet!
HENRI
Vilain?... oh! oh! vilain...
DON FABRICE
N'est-il pas affreux?... je n'en sais rien t.:. Pour moi, venu des Pays-Bas avec ma compagnie, il y a six mois à peine, j« ne Tai jamais vu, et même je ne serais pas fâché ^e l'entrevoir une fois en passant..»
30 LE GAl^ITAmË HENRIOT ^
HBNIM.
Le roi?.:.
SON FABBICB.
' Le roi, oui... cela peut servir... et il doit vous êtrefacite.M
De vous le liiontrer?... Oh! très-^flicilè... et puisque cela peut vous être utile... venez ça que je vous l'indique ! (n
entraxe Fabrice près de !a tente.) Voyez-VOUS Ce joil garçOD^
là-bas, à la table» âous ce dais fleurdelisé d'or?
DON FABRICE
Ouil (stapéfait.) C'est le roi?
HBNAI.
C'est le roi!
DON FABRIGB'i firetnd&t^
Miséricorde! vous êtes sûr dé ce qiie vous dites là?
HENRI, ûùemmif redescendant.
Mais oui, je sais très-bien ce que je dis.
DON FABRICE, Irfiâ-àgité, à lai-méme.
Mais alors... c'est à bi 1... c'est lui!... (u regarde.) C'est bien le même qui, là, tout à Theure...
HENRI
Quoi donc?
DON FABRICE, agité de même.
Mais c'est à lui que Pastorel a donné... c'est à lui que Blancbe... le roi... o est le roi!...
HÈNtil, à part» sntpHà.
Qu'est-ce qu'il a? qu'est-ce qu'il a?
DON FABRICE, à part§ ddscehdant.
fortune! en ne cherchant qu'à perdre un rival; j'écraserais aussi notre ennemi t.. . (Haut.) Ah! capitaine! capitaine!... la main de Dieu est ici!
HENRI, avec nne faasse âaïreté.
Vous voyez la main de Dieu quelque part?..,
DON FABRICE
Répondez-moi seulement! Est-il bieii vrài (jUe votre mettre soit de tous les débauchés, le plus débaucoél de tous les libertins, le plus libertin! de tous les»..
henr!^ faisant la grimace. ^
Âsâé^ assez, j*âi cotnpris...
DON FABRICE
Bref! homme à risquer sa couronne et sa vie pouf utie cornette?
^ ACTE FttËMtEtl 91
ËÉNRI.
Ah! ne m'en parlez pas! c'est là Téiernel repfdche ûtieje lui fais! Si je vdUft disais qu'une fois, en Picàrdl69 ie 1 ai vu déserter son camp toute une nuit, pour aller courir le gulliedou je ne saie oui...
DON FABRICE, Tiremont.
C'est bien cela I c'est bien cela 1 '
HENUI.
Seulement la conclusion que vous en tirez, cher ami?
DON FABRICE, enUiousiasnié et à demi-voix.
C'est qu'aussi vrai que je m'appelle don Fabrice, flu lever du soleil, voire roi sera échec!...
Échec?...
DON FABRICE
Ëtmat!...
HENRI
Et mat! Vous tenez un coup?
DON FABRICE, de même.
Superbel inouîl splendidel et qui va finir la partie!
HENRI
Ah bah! Et quel coup?
DON FABRICE
Il ne tient qu'à vous de le voir! venez à Paris Itvec moi, dès ce soir...
HENRI
Avec vous? 6e soir ! .. . (Frappé.) C'est jufitô ; vous me feriez entrer, vous?
DON FABRICE
Sans difficultés! est-ce dit?
HENRI
Mais... mon Dieu.... c'est que... Si j'étais sûf de Tin^ cogaito ?
DON FABRICE, viremetit.
La nuit!... un masque, tout ce que vous voudrez. Et si le coup manque, ce qui n'est pas possible, il né tiendra qu'à vous de sortir de Paris, avant l'expiration de la trêve.
Foi de soldat?
DON FABRICE
Foi de soldat !
HENRI, levant la main, héûlant, poif frappant.
Ah bah! qui ne risque rien n'a rienl
DON FABRICE, lai tendant la main.
C'est dit?
HENRI, frappant.
C'est 4it!
DON FABRICE, vite.
Dans cinq minutes, ici...; le temps de faire avancer les chevaux 1
HENRI
Je vous attends !
BON FABRICE
Et ne faites pas, au moins, à cet Olibrius rhonneur de lui
dire adieu f (ll sort en riant.)
HENRI, seul, de mêoie.
Eh I eht... Olibrius I... (Descendant.) Olibriust... Ahl décidément, je tuerai ce capitaine... Que diantre peut-ii préparer?... je le verrai, pardieul et de près... si j'hésitais encore,
voilà qui serait fait pour me décider... (On entend fredonner Pas-
torei.) Ah !... voilà mon Parisien qui a bien soupe I... (n remonte le théâtre et donne des ordres au fond. Le jonr commence à baisser.)