ACTE PREMIER
PASTOREL
Je meurs d'inanilion^ madame.
BLANCHE
Pauvre garçon I
Ah! madame, cette course a développé chez moi un appétit insensé, et, alTaibli comme je le suis déjà par la disette qui règne dans Paris, (n lève son capachon, et laisse voir
sa figure rubiconde.)
VALENTINE
Vous avez pourtant très-bonne minel
PASTOREL
Un reste d'anciennes économies, madame, sur lesquelles je vis encore; mais cela ne peut pas durer. Quand je pense qu'il est l'heure de VAngelus, et que je n'ai rien pris depuis vêpres...
BLANCHE
Il faut pourtant vous faire violence^ pour porter ce que vous savez.
PASTOREL, se levant.
Ah! oui, cette lettre... Ah! madame, si vous me permettiez d'abord de reprendre des forces... J'ai cru précisément sentir, de ce côté, un parfum...
BLANCHE
Non, nonl vous vous réconforterez après; allez! je le veux?...
PASTOREL
Mais, madame, dans ce camp, qui m'indiquera?
BLANCHE
, Le premier soldat venu. (Elle remonte avec Valentine.) PASTOREL.
Ciel! quelle idée... Barbassoul, mon frère de lait, trompette aux chevau-légers de Navarre... le plus gros mangeur, le plus grand buveur... toujours gris... il va m'inviter à souper... Je suis sauvé!...
BLANCHE
Vous êtes encore là ?
PASTOREL
Je vole, madame, (a part.) Dieu des armées... fais que mon Trere de lait ne soit pas trop pris de vin, et qu'il soit en
état de me reconnaitre. (U sort vivement par la droite, an foQd.\